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Une école visse ses fenêtres, contrant les efforts d’aération d’enseignants

Façade de l'école primaire Godson et panneau annonçant l'école.

L'école primaire Godson, à Abbotsford, en Colombie-Britannique, accueille des élèves jusqu'à la cinquième année.

Photo : Radio-Canada / Yvette Brend

Radio-Canada

La direction d’une école d’Abbotsford a exigé que ses fenêtres soient fermées et vissées ou bloquées pour en éviter l’ouverture de plus de quelques centimètres après que des enseignants eurent décidé d’ouvrir celles-ci pour pallier la piètre aération du bâtiment, dit leur syndicat.

Des professeurs de l’école primaire Godson expliquent qu’ils croyaient qu’un système de ventilation avait été installé dans l’ensemble du bâtiment jusqu’à ce qu’ils apprennent, en décembre, que les 18 classes d’une aile plus ancienne n’avaient pas été mises à jour.

Les enseignants ont alors commencé à ouvrir toutes grandes les fenêtres de leurs classes afin de maintenir une circulation de l’air malgré les conditions hivernales. C’est alors que le district scolaire a envoyé des ouvriers pour modérer l’ouverture des fenêtres.

Selon le district, ces ouvriers ont trouvé des problèmes de sécurité lors de l’inspection des fenêtres et les ont scellées ou en ont restreint l’ouverture.

Cette mesure a soulevé l’ire de la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique, qui soutient que les problèmes d’aération des classes sont courants dans l’ensemble de la province.

Cette difficulté à assurer la circulation de l’air dans les bâtiments est une source d’anxiété pour le personnel, surtout en temps de pandémie de COVID-19, explique le syndicat.

Exposition potentielle

Le 14 février, la santé publique a ordonné à certains occupants de l’école Godson de s’isoler en raison d’une possible exposition au coronavirus.

Même si le district soutient que l’ordre exprime surtout un surcroît d’attention, mais ne signifie pas qu’il y a eu transmission à l’école, la présidente du syndicat des enseignants, Jennifer Brooks, souligne que l’exposition a justement eu lieu dans l’aile où la ventilation est jugée déficiente.

Elle ajoute qu’un enseignant qui travaillait dans cette aile a eu la COVID-19. L’anxiété est forte, note Mme Brooks. Le fait de visser les fenêtres a immédiatement augmenté le niveau de stress.

Selon elle, la décision de la direction a surpris le personnel [et] les enseignants étaient outrés.

Mme Brooks précise toutefois que de petits purificateurs d’air ont été fournis par le district scolaire, mais elle considère que cette solution n’est qu’un pansement.

La réalité est loin de ce qu’exigent les politiques, disent les enseignants

Selon les politiques du ministère provincial de la Santé, les écoles doivent s’assurer que leur système de chauffage, de ventilation et de climatisation est en bon état.

Le ministère demande également à ce que les filtres de ces systèmes soient remplacés par des filtres MERV-13, qui retiennent les bactéries et les virus.

Selon la fédération des enseignants, plusieurs écoles n’arrivent pas à se conformer à la norme, notamment parce que d’anciens bâtiments et des classes préfabriquées n’ont simplement pas de système de ventilation.

Par courriel, le ministère de l’Éducation indique qu’il compte évaluer les données sur la ventilation des écoles du district dans les prochaines semaines.

Le district scolaire confirme, quant à lui, que des tests de qualité de l’air ont été effectués à l’école Godson et qu’ils n’ont révélé aucune anomalie.

Quant aux fenêtres, le district soutient que certaines ont été réparées et que d’autres ont été scellées en réponse à de possibles problèmes de sécurité à l’ouverture et à la fermeture.

Ces classes bénéficient toujours d’une ventilation naturelle offerte par les fenêtres du haut, qui ont une ouverture allant jusqu’à 10 centimètres.

Aux préoccupations de sécurité s’ajoutent les questions financières, note Jennifer Brooks.

Lorsqu’elle a demandé pourquoi les fenêtres étaient condamnées, la direction lui aurait répondu qu’outre les questions de sécurité, leur ouverture exerçait une pression supplémentaire sur la chaudière qui alimente le système de chauffage de l’école.

Elle exige que les fenêtres soient rouvertes jusqu’à ce qu’une meilleure solution soit trouvée. Nous voulons nous sentir en sécurité.

Un cas typique, dit le syndicat

À la fédération des enseignants, la présidente, Teri Mooring, voit dans le cas de l’école Godson, un exemple de la réalité que vivent des enseignants partout en province.

À certains endroits, des parents ont offert des systèmes de ventilation mobiles pour les classes, alors que d’autres enfants s’habillent plus chaudement parce que leurs enseignants choisissent d’ouvrir les fenêtres pour assurer la ventilation.

On a vu des élèves porter tuques et manteaux en classe, ce qui ne devrait pas être le cas, souligne Mme Mooring.

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