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Une deuxième chercheuse en éthique renvoyée de Google

Sundar Pichai, PDG de Google depuis 2015

Le 19 janvier, deux jours avant sa suspension, l'informaticienne avait critiqué publiquement le directeur général du groupe, Sundar Pichai, sur le thème du racisme.

Photo : AFP

Agence France-Presse

Margaret Mitchell, qui a fondé l'équipe de recherche en éthique et intelligence artificielle de Google, a été « virée », a-t-elle annoncé vendredi sur Twitter, un mois après sa suspension qui avait déjà valu des critiques au géant des technologies.

Après avoir passé en revue le comportement de cette directrice, nous avons confirmé qu'il y a eu de multiples infractions à notre code de conduite, ainsi qu'à nos règlements sur la sécurité, y compris l'exfiltration de documents confidentiels sensibles et de données privées sur d'autres membres du personnel, a déclaré un porte-parole du groupe californien à l'AFP.

En janvier, Margaret Mitchell s'était vu refuser l'accès à son compte professionnel, quelques semaines après le renvoi d'une autre femme de son équipe, Timnit Gebru.

Ce sont des attaques contre les personnes qui essaient de rendre la technologie de Google plus éthique, avait réagi un porte-parole de l'Alphabet Workers Union, le syndicat récemment formé par des membres du personnel de l’entreprise.

Google reproche à la chercheuse en éthique et intelligence artificielle d'avoir téléchargé un grand nombre de documents liés à son ancienne collègue et de les avoir ensuite envoyés à des personnes extérieures.

Mais l'entreprise fait l'objet de critiques, car Margaret Mitchell l'accuse de l'avoir forcée à se rétracter sur des résultats de recherche.

Sous son tweet de vendredi – J'ai été virée –, les messages de soutien abondaient.

J'imagine que ça veut dire que l'IA éthique n'a pas sa place dans une société capitaliste, a commenté Chelsea Manning, l'ancienne analyste militaire qui a été condamnée pour trahison après avoir transmis des documents classés secrets à WikiLeaks.

Le 19 janvier, deux jours avant sa suspension, Margaret Mitchell avait critiqué publiquement le directeur général de Google, Sundar Pichai, sur le thème du racisme.

Disons que vous avez un problème parce que vous n'arrêtez pas de vous aliéner les femmes noires et que vous leur causez des torts importants, avait-elle écrit sur Twitter au-dessus d'un lien vers un article de CNN intitulé Le patron de Google rencontre des dirigeants d'universités noires après des accusations de racisme.

Vous pouvez : A) essayer de réparer vos torts; B) essayer de trouver plus de personnes noires pour vous apprécier (l'approche symbolique et superficielle). Bonne chance...

En décembre, plus de 1400 membres du personnel de Google et près de 2000 autres personnes avaient signé une lettre sommant l'entreprise d'expliquer pourquoi Timnit Gebru avait été renvoyée et pour quelles raisons elle avait dû se rétracter.

Ils demandaient aussi à Alphabet de s'engager sans équivoque en faveur de l'intégrité de la recherche et de la liberté universitaire.

Jeudi, Google a annoncé que Marian Croak, une vice-présidente afro-américaine du groupe, avait créé un nouveau centre d'expertise sur l'IA responsable au sein de la division de recherche de Google.

D'après le communiqué, elle sera chargée de s'assurer que Google développe l'IA de façon responsable et que la technologie a un impact positif.

Les algorithmes sont accusés par de nombreuses associations d'avoir des effets pervers dans différents domaines s'ils ne sont pas bien calibrés, par exemple en matière de discrimination contre les minorités.

Il y a beaucoup de conflits en ce moment dans ce domaine [celui de l’IA] et cela peut être clivant par moments, a reconnu Marian Croak dans le communiqué.

Ce que j'aimerais, c'est faire en sorte que ces conversations soient plus diplomatiques, peut-être, afin que l'on puisse vraiment faire des progrès.

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