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Pas d’isolement préventif pour les travailleurs de la santé vaccinés du CUSM

Contrairement aux règles des autorités sanitaires, le Centre universitaire de santé McGill exonère ses professionnels de la santé vaccinés d’un isolement préventif, en cas de contact avec un cas de COVID-19.

Une partie du mégahôpital.

Le CUSM ne suit pas la recommandation des autorités sanitaires concernant l'isolement des travailleurs vaccinés qui ont été en contact avec un cas positif de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Le vaccin contre la COVID-19 empêche-t-il la transmission du virus? Non, répondent pour le moment les autorités sanitaires, qui demandent ainsi aux professionnels de la santé vaccinés de respecter les règles d’isolement en vigueur, en cas de contact rapproché avec un cas positif.

L’application de ces directives semble cependant à géométrie variable.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) vient par exemple de demander, en milieu de semaine, à ses travailleurs de la santé de demeurer au travail même s'ils ont été exposés à un cas de COVID-19 avec un niveau de risque élevé.

Cette directive, qu’a pu consulter Radio-Canada, concerne ceux qui ont reçu leur première dose de vaccin contre la COVID-19 plus de 14 jours avant ce contact. Ces travailleurs doivent cependant effectuer une autosurveillance des symptômes, avec une prise de température deux fois par jour, et réaliser deux tests, aux 5e et 10e jours suivant l’exposition.

Cette règle du CUSM ne s’applique cependant qu’au sein de l’établissement. Concrètement, ces employés peuvent travailler, mais – comme le grand public exposé à un cas positif – ne peuvent pas aller à l’épicerie ou, simplement, se promener à l’extérieur.

Ils ont le droit de quitter leur domicile uniquement pour se rendre au CUSM, est-il spécifié dans cette note.

Une décision prise en raison de la pénurie de main-d’œuvre

Pour justifier cette décision, le CUSM évoque à la fois la campagne de vaccination en cours et la pénurie de main-d’œuvre actuelle importante dans plusieurs secteurs. Ce contexte a incité l’établissement à modifier les façons de faire quant à la gestion des travailleurs de la santé vaccinés et exposés à un cas de COVID-19, en fonction des données préliminaires de l’INSPQ, qui indiquent que la première dose du vaccin a une efficacité d'environ 80 %, 14 jours suivant son injection.

Au besoin, soutient le CUSM par le biais d’une porte-parole, le cas est évalué individuellement par la santé au travail avant d’autoriser le retour afin de réaliser une analyse du risque.

Un manque de données sur les vaccins

Pourtant, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), des précautions sont de mise, en raison notamment d’un manque de données sur les vaccins.

Nous avons encore peu d’information sur la possibilité de transmission à d’autres personnes chez les personnes qui sont asymptomatiques [vaccinées, mais infectées par la COVID].

Une citation de :Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du MSSS, par courriel

Plusieurs syndicats ont également mis en avant un resserrement récent des règles, demandé pour lutter efficacement contre la propagation des nouveaux variants.

Il est par exemple exigé à des médecins de respecter un confinement strict de 24 jours en cas de contact avec un cas positif à leur domicile – un enfant, par exemple –, même s’ils sont vaccinés et subissent un test négatif.

Avec l’arrivée des variants, il est de mise d’être prudent, a soutenu à Radio-Canada Jean-Pierre Dion, responsable des communications de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

Un avis partagé par d’autres syndicats interrogés par Radio-Canada, comme la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ).

Il faut savoir qu’être vacciné ne signifie pas être hors d’atteinte du virus; on peut être infecté et même transmettre le virus à d’autres personnes.

Une citation de :Clémentine Maes, porte-parole de la FMSQ

Pourquoi près d’un mois d’isolement préventif?

Selon les recommandations des autorités sanitaires, la population en général doit respecter un isolement de 10 jours en cas de test positif. Les proches d’un cas positif, dans le même foyer, doivent être en isolement durant la même période et doivent ensuite poursuivre cet isolement, s’ils sont en contact avec ce cas positif, durant 14 jours supplémentaires.

Selon certains critères, pour éviter notamment un bris de service, les travailleurs de la santé asymptomatiques peuvent néanmoins arrêter l’isolement préventif au septième jour après la dernière exposition avec un cas confirmé. La vaccination éventuelle n'entre pas en ligne de compte, pour le moment, dans le calcul de la durée de l’isolement.

Dans sa dernière recommandation destinée aux travailleurs de la santé, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) précise d'ailleurs qu’il n’est pas encore question de modifier les différentes recommandations liées notamment à l’isolement préventif.

Le travailleur de la santé doit continuer de respecter toutes les mesures de prévention et de contrôle des infections, peu importe son statut vaccinal, mentionne l’INSPQ.

Les recommandations vont évoluer avec [les] nouvelles informations sur l'efficacité vaccinale, précise Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du MSSS.

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