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Nucléaire iranien : Joe Biden veut réintégrer l’accord à petits pas

Joe Biden.

Joe Biden

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Radio-Canada

Les États-Unis ont entrouvert vendredi la porte à leur réintégration de l’accord sur le nucléaire iranien, appelé Plan d’action global commun (PAGC), en annonçant des actions symboliques en direction de l’Iran.

Mais Téhéran ne semble pas sensible aux annonces américaines et maintient sa position : pas de réintégration de l’accord sans la levée des sanctions américaines.

La veille du discours du président Joe Biden, les États-Unis avaient accepté l’invitation des Européens à mener des pourparlers avec Téhéran pour réactiver l'accord de 2015.

Les pourparlers réuniraient ainsi le Groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Chine) et permettraient d'évoquer la meilleure façon d'avancer concernant le programme nucléaire iranien, selon le département d'État.

La Russie, cosignataire de l'accord, a déclaré que ne plus réclamer des sanctions, c'est une bonne chose, et a néanmoins appelé les États-Unis à un retour complet à l'accord de 2015.

L'administration de M. Biden a fait un autre geste en annulant une proclamation unilatérale en septembre 2020 de Donald Trump sur la reprise de sanctions de l'ONU contre l'Iran. Ces sanctions restent levées , indique une lettre de l'administration américaine adressée au Conseil de sécurité de l'ONU.

Or, la proclamation de Donald Trump avait été jugée en septembre sans effet par l'ensemble des autres membres du Conseil de sécurité.

Par ailleurs, Washington a allégé les restrictions aux déplacements à New York des diplomates iraniens auprès de l'ONU. L'administration Trump leur imposait de se cantonner à quelques rues autour du siège de l'ONU.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou

Photo : via reuters / RUSSIAN FOREIGN MINISTRY

Pour sa part, la République islamique d’Iran a maintenu la position qu’elle réitère depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche en janvier dernier.

Téhéran annulera immédiatement ses mesures de rétorsion si les États-Unis lèvent sans condition toutes les sanctions imposées et rétablies par Trump, a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Les États-Unis doivent agir : LEVEZ les sanctions. Nous répondrons, a tweeté de son côté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

Washington veut plus que l’accord nucléaire

Dans son premier discours international lors de la Conférence de Munich sur la sécurité vendredi, Joe Biden a souligné que les États-Unis devaient répondre aux activités déstabilisatrices de l'Iran au Moyen-Orient.

La menace de la prolifération nucléaire requiert encore une diplomatie prudente et de la coopération entre nous, a déclaré M. Biden à ses alliés européens.

Nous devons aussi absolument répondre aux activités déstabilisatrices de l'Iran à travers le Moyen-Orient, et nous allons travailler en étroite coopération avec nos partenaires européens et les autres, a-t-il indiqué.

Washington souhaite avec ses alliés atténuer l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient.

Agissant comme une puissance régionale, Téhéran est devenue au fil des années un acteur majeur par son intervention en Syrie aux côtés de la Russie, en Irak et par son soutien aux rebelles houthis au Yémen ainsi qu’au Hezbollah au Liban.

L’AIEA tente de sauver les meubles

Cette agitation diplomatique survient la veille de l’échéance décidée par le Parlement iranien. Selon une loi adoptée par les députés, le gouvernement iranien doit restreindre les inspections de l’AIEA si les sanctions ne sont pas levées d’ici dimanche.

La loi devrait entrer en vigueur mardi.

Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, se rendra samedi à Téhéran pour tenter de trouver une issue.

Les inspections sont prévues par l'accord de 2015 qui visait à encadrer le programme nucléaire iranien.

Après le retrait unilatéral de Donald Trump en 2018, l'Iran s'est affranchi progressivement de limites qu'il avait accepté d'imposer à son programme nucléaire en vertu de l'accord.

Avec les informations de Agence France-Presse

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