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Immigration et immersion : deux voies prometteuses pour la francophonie

Le document de travail de la ministre Mélanie Joly obtient des réactions favorables.

Une personne tient un petit drapeau du Canada.

La cible fédérale de 4,4 % d’immigration francophone hors Québec existe depuis 2003 et n’a jamais été atteinte.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le document de travail du gouvernement fédéral sur les langues officielles évoque l’immigration et l’immersion comme vecteurs pour contrer le recul du français au pays. La francophonie manitobaine accueille favorablement les promesses d’Ottawa.

Selon Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau d'immigration francophone du Manitoba, le plan d'Ottawa s'inscrit dans la suite logique de discussions entérinées depuis plusieurs années, entre autres pour moderniser la Loi sur les langues officielles.

Il reste beaucoup de travail à faire, dit-elle, mais elle se réjouit de la place donnée à l'immigration dans ce document de travail, aux côtés des secteurs de l'éducation et de la justice, notamment.

Les communautés sont plus que jamais interpellées, sollicitées, et on compte sur nous. Et nous, on dit à toutes les instances gouvernementales que nous sommes là pour relever tous les défis, poursuit Salwa Meddri.

Il y a un appui, il y a une écoute, il y a une collaboration et un partenariat qui vont se consolider maintenant et dans l’avenir plus que jamais, affirme-t-elle.

Le gouvernement Trudeau dit compter sur l’immigration pour compenser le déclin démographique des francophones hors Québec. Une politique en la matière doit d’ailleurs être bientôt mise en œuvre.

Salwa Meddri.

Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Ottawa entend aussi établir un nouveau corridor d’immigration qui serait uniquement consacré au recrutement d'enseignants francophones pour contrer la pénurie.

La cible fédérale de 4,4 % d’immigration francophone hors Québec existe depuis 2003 et n’a jamais été atteinte, même si les taux se sont légèrement améliorés au cours des dernières années.

Il y a une intention réelle, affirme Louis Allain, directeur général du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), au sujet du document de Mélanie Joly.

Il note que l’importance de l’immigration n’est pas limitée à contrer le recul de la population francophone. On veut aussi faire en sorte que les nouveaux venus apportent des investissements et contribuent à la viabilité des communautés linguistiques en situation minoritaire.

L’immersion, génératrice de francophones

Louis Allain est satisfait de la volonté du gouvernement de soutenir l’immersion française. Il note que le CDEM rejoint 10 000 élèves avec des activités qui leur sont destinées et qu'une bonne proportion fréquente les écoles d'immersion.

On le sait, au Manitoba, ils sont cinq fois plus nombreux que nos jeunes inscrits dans les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine, rappelle-t-il.

C’est un volet important, conclut M. Allain.

La demande pour les programmes d’immersion française a grimpé en flèche depuis leur création dans les années 1970, selon Nicole Thibault, la directrice générale de Canadian Parents for French.

L’organisme tente depuis 15 ans de trouver des solutions à la pénurie d’enseignants, au manque d’espace et aux listes d’attentes pour les places dans ces écoles, affirme-t-elle. On sait que c’est noté.

Le gouvernement Trudeau souhaite mettre fin aux listes d’attente dans les écoles d’immersion au pays en attirant davantage d’enseignants francophones dans les provinces à l’extérieur du Québec.

Une femem debout seule en train de sourire.

Nicole Thibault, directrice générale de Canadian Parents for French

Photo : Canadian Parents for French

Nicole Thibault affirme que le document dévoilé vendredi témoigne d'une bonne volonté. Nous, on a plaisir à lire le document. Ça fait bien des années que l’organisme travaille à faire comprendre un peu les défis, les barrières aux opportunités pour apprendre le français comme langue seconde.

Elle note qu’il y a aussi certaines parties du Canada où ni les cours de français ni l’immersion française ne sont offerts, une situation qu’elle espère voir rectifiée.

Ce ne sera pas facile de régler ces problèmes, mais je pense que c’est toujours un bon début quand on peut avoir ça dans un document politique, dit-elle, en ajoutant que le gouvernement fédéral et les ministères de l’Éducation provinciaux devront coopérer.

Elle pense cependant qu'il faudra attendre des années pour constater l'effet de ces mesures dans les écoles.

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, n’a pas précisé quand cette vision présentée dans le document de travail se concrétisera en véritable projet de loi.

Avec les informations de Chloé Dioré de Périgny et Patrick Foucault

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