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Suggestions à la carte : Rire... un peu, beaucoup!

L’équipe culturelle présente ses suggestions en tout genre autour d’un thème précis. Cette semaine : petite thérapie par le rire.

Illustration d'un personnage qui rit entouré de bulles de bande dessinée.

L’équipe culturelle de Radio-Canada Ottawa-Gatineau présente ses suggestions en tout genre pour nous faire sourire en coin ou carrément nous dilater la rate.

Photo : Radio-Canada / Yosri Mimouna

Radio-Canada

Nous avons tous besoin de rigoler, de bon cœur, voire en chœur. Voici quelques propositions, à consommer sans modération, pour vous faire oublier un tant soit peu la pandémie, et vous faire sourire en coin ou carrément vous dilater la rate.

Adopter la famille Rose

En récoltant entre autres neuf prix Emmy l’an dernier, la série canadienne Schitt’s Creek a assurément surpris bien des gens du milieu, et piqué la curiosité de plusieurs téléspectateurs ne connaissant pas encore le phénomène. En regardant la bande-annonce, je n’ai pas tout de suite accroché. Je l’avais donc glissé dans ma liste de séries à écouter, me disant que j’allais lui laisser une chance, à un moment donné... C’est pendant la pandémie que je me suis lancée : dès que je l’ai commencée, je n’ai plus arrêté. J’ai dévoré un épisode après l’autre, après l’autre, raconte la reporter culturelle Marika Bellavance.

Au départ, ce qui me "titillait", c’était la parodie très forte d’une famille riche, superficielle... J’avais peur qu’on tombe dans les clichés (il me semblait que l’idée d’une famille riche arrivant dans un petit village avait trop souvent été exploitée), ajoute la journaliste. Mais peu à peu, on apprend à les connaître, en même temps qu’eux apprennent à se connaître. Et c’est la vulnérabilité, l’humanité des personnages que je retiens de l’ensemble de cette série. On se rend compte que la famille Rose se connaît très peu!

Dans l’obligation de passer du temps ensemble dans un motel loin de leurs standards habituels, Johnny (Eugene Levy), Moira (Catherine O’Hara), David (Dan Levy) et Alexis (Annie Murphy) n’ont pas trop le choix de tisser des liens. Entre eux, mais aussi avec les résidents du village de Schitt’s Creek, du maire Roland (Chris Elliott) à la réceptionniste du motel Stevie (Emily Hampshire), que Marika Bellavance a d’ailleurs trouvé très patients avec les Rose.

Chaque personnage m’a fait rire à différents niveaux : Moira, avec ses (nombreuses!) perruques et son accent improbable; Alexis et ses histoires de voyage tirées par les cheveux; le sarcasme, pour ne pas dire le cynisme, de David; et les maintes tentatives de Johnny Rose pour remettre sa famille sur pied, souligne la reporter.

La face cachée de Marianne St-Gelais

La couverture du livre La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais de Rose-Aimée Automne T. Morin.

La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais de Rose-Aimée Automne T. Morin.

Photo : KO Éditions

Ma marraine m’a offert La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais (K.O Éditions, 2020) en cadeau. Venant de celle qui me connaît très bien, j’ai trouvé étrange qu’elle me propose une biographie... sportive en plus! C’est pourtant zéro dans mes cordes, relate la journaliste culturelle Christelle D’Amours.

La quatrième de couverture promettait le récit biographique de l’athlète, découpé en 30 leçons apprises du haut de [s]es trente ans et allant de ses expériences sportives à son apprentissage de la vie publique, en passant par ses relations avec les hommes.

Ça me parlait un peu plus de me coller à une réalité qui me ressemble, plutôt que de lire le récit d’exploits sportifs qu’on connaît par cœur, concède Christelle D’Amours. Puis, j’ai ouvert les premières pages et je suis tombée amoureuse de la plume de Rose-Aimée Automne T. Morin. Comme le dit si bien l’expression millénale : j’ai tout aimé!

L’autrice a réussi à rendre les propos de l’olympienne aussi comiques que captivants, laissant transparaître la personnalité de Marianne St-Gelais. Connue du public pour son intensité, on découvre ici la femme dans sa vulnérabilité, aussi, grâce à la sensibilité du récit de Rose-Aimée Automne T. Morin. Les apartés en bas de page, tout comme la formulation s’adressant directement au lecteur, font croire qu’on fait partie intégrante de l’histoire... C’est très bien exécuté, ajoute la reporter culturelle.

Le livre est divisé en chapitres courts et efficaces dont les titres sont très drôles (Avoir des fans, ça veut aussi dire recevoir des photos de pénis, par exemple). Ils donnent envie de savoir quelle anecdote racontera l’athlète, mais surtout, quels apprentissages elle en a retirés parce que chaque chapitre se conclut sur un élément qui porte à réfléchir, ajoute Christelle D’Amours.

Certains passages me tiraient un sourire, d’autres m’obligeaient à prendre une pause parce que je riais trop. La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais a accompagné plusieurs de mes soupers d’hiver en confinement et ça a été un "méga" coup de cœur, conclut-elle.

Trois femmes en or

Bien avant le phénomène Sex and The City, il y a eu les Golden Girls. La série américaine, diffusée de 1985 à 1992, racontait l’histoire de trois femmes quinquagénaires et une octogénaire qui habitaient sous le même toit à Miami. Trois d’entre elles sont veuves et l’autre est divorcée.

À l’époque, la série avait quelque chose de très irrévérencieux, puisqu’elle permettait à des personnages féminins forts de parler ouvertement au petit écran de sujets tabous, comme le deuil, la sexualité dans la cinquantaine, les relations parfois difficiles avec leurs enfants devenus adultes, la santé et la situation financière précaire de femmes appelées à rebâtir leurs vies à zéro.

Lorsqu’on y pense, presque 30 ans plus tard, on voit encore très peu de distributions comme celle-là au petit écran et, donc, ces "Golden Girls" étaient, et demeurent, des avant-gardistes, fait valoir le reporter culturel au Téléjournal Ottawa-Gatineau, Kevin Sweet. À chaque fois que je regarde la série, j’ai l’impression de renouer avec des amies complexes, opiniâtres et, surtout, colorées. La grande force, c’est vraiment la chimie entre les comédiennes et leur sens de la répartie. C’est avoir une place privilégiée à la table et témoigner de discussions que nos tantes et nos grands-mères n’auraient jamais devant nous en tant qu’enfants. C’est aussi un beau souvenir d’une époque où l’humour n’avait pas besoin d’être grossier ni vulgaire pour faire rire.

Cependant, prévient le reporter, il est important de mentionner que certaines farces et certains propos sur la communauté gaie ou encore les communautés racisées en 1980 ont mal vieilli et pourraient choquer certains téléspectateurs aujourd’hui.

La goutte d’eau qui fait déborder le bain

Il est un petit plaisir qui continue de faire sourire la reporter culturelle des Matins d’ici Mélanye Boissonnault : en 1986, le réalisateur Richard Benjamin lançait sa comédie Une baraque à tout casser, aussi appelée La foire aux malheurs (The Money Pit). Un tout jeune Tom Hanks y incarne Walter, un musicien d’orchestre, qui achète avec sa compagne Anna (Shelley Long) une superbe et immense demeure.

Mais rapidement, le carrosse se transforme en citrouille. Dès que vous passez la porte, tout s’écroule. Tout, tout est à refaire, et ils vont de pépin en pépin, rapporte la journaliste.

Et des pépins, Walter et Anna en ont assez pour repeupler un verger. Le rire forcé de Tom Hanks, qui s'étire, est une espèce de prestation en soi, parce qu’on le sent : c’est un homme brisé... C’est la goutte qui fait déborder le bain, commente Mélanye Boissonnault.

Bref : une comédie candide, tarte à la crème, qui vieillit assez bien et qui fera rire à coup sûr ceux qui sont eux-mêmes en plein travaux, promet la journaliste. Soyons honnêtes : il y a des moments où le rythme pourrait être resserré avec nos cerveaux d’aujourd’hui. Mais pour avoir déménagé souvent et avoir fait des petites rénovations - quelques fois de plus grosses, mais je n’ai jamais rien eu de l’ampleur de ce qui est montré dans le film -, je ris à chaque fois! clame-t-elle.

Et tant qu’à faire un détour temporel en 1986, Mélanye Boissonnault suggère aussi de revisiter certains films des jeunes années de Tom Hanks : l’homme-enfant de Big, ou Petit bonhomme (1988), a le tour de plaire à toute la famille, tandis que L’homme à la chaussure rouge (1985) met de l’avant le même humour candide qu’Une baraque à tout casser.

Au pays de Fred Pellerin

Depuis qu’elle a vu le spectacle De peigne et de misère de Fred Pellerin, la reporter culturelle de Sur le vif, Marilou Lamontagne, a une fascination pour la façon unique dont le conteur et musicien de Saint-Élie-de-Caxton retrace le fil tordu de ses histoires. Ça tombe bien, parce que les spectacles De peigne et de misère et L’Arracheuse de temps sont disponibles grâce à la Maison 4:3, souligne-t-elle.

La recette de l’humour des histoires de Fred Pellerin? Leurs personnages hauts en couleur, selon Marilou Lamontagne. L’humour passe par eux, parce qu’ils ont toutes sortes de caractéristiques particulières, ajoute-t-elle. De peigne et de misère met par exemple en scène Méo, le coiffeur du village; un fin stratège de l’incroyable qui marqua l’histoire de son fer à friser le jour où le sort de l’humanité vint reposer sur les épaules des villageois, comme le raconte si bien Fred Pellerin.

Ce qui me fait beaucoup rire, entre autres, [...] dans ses différents spectacles, c’est sa façon de faire des jeux de mots. Il est très habile là-dedans. Et parfois même, il en invente: c’est toujours très amusant, mentionne la journaliste.

Par ailleurs, Fred Pellerin a récemment lancé le balado Un village dans les oreilles sur l’application OHdio. Pendant les 12 épisodes, j’ai eu le sourire accroché aux lèvres. Je les ai écoutés d’un trait. Amusez-vous avec ça! lance Marilou Lamontagne.

La vie rurale, selon Larcenet et Ferri

Une bande dessinée ouverte sur une table.

Une bande dessinée de la série Retour à la terre de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri.

Photo : Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, plusieurs ont littéralement mis la main à la pâte, soit pour faire du pain, de la pâte à pizza ou des dumplings maison. D’autres ont trouvé refuge à la campagne, profitant du télétravail pour s’éloigner des centres urbains afin de renouer avec la nature et les grands espaces, où il est plus simple de marcher à deux mètres de distance les uns des autres.

Ce Retour à la terre est justement le titre de la réjouissante série de bandes dessinées de Manu Larcenet, qu’il signe à quatre mains avec le scénariste Jean-Yves Ferri, dont la publication du premier tome, La Vraie Vie, remonte à 2002 et non 2020! Ensemble, ils parviennent à caricaturer sans pour autant tomber dans les clichés.

En six tomes, les deux comparses prennent un évident et malin plaisir à évoquer les hauts et les bas de quitter la ville, ses bruits et sa fureur, pour s’installer en milieu rural. Larcenet et Ferri le font par le biais du couple formé par Mariette et son amoureux... Manu Larssinet, dessinateur de métier, qui va justement décider de plancher avec son pote Ferri sur une série d’albums intitulés... Le Retour à la terre!, raconte la réalisatrice à l’affectation culturelle, Valérie Lessard.

Entre mises en abyme et désirs de jardins de Manu (et de bébé pour Mariette), le scénariste et l’illustrateur proposent une série aussi ludique que lucide. Il y a le couple Mariette-Manu, très attachant. Mais il y aussi, et peut-être surtout, les truculents personnages secondaires qui les entourent: la jolie boulangère dont Mariette s’avère un brin jalouse - et qu’on ne verra jamais, sauf dessinée par Manu; l’Ermite philosophe perché dans son arbre centenaire, qui deviendra le psy de Manu; M. Henri, le jardinier muet à l’eau-de-vie redoutable, et la Mortemont, l’inénarrable "sorcière" du village. Sans oublier Speed le chat... qui doit lui aussi s’adapter à son nouveau rythme de vie!, énumère joyeusement Valérie Lessard.

Et croyez-moi, il est tout simplement impossible de ne pas "entendre" Francis Cabrel quand le personnage de Manu se met à la guitare pour évoquer sa nouvelle existence!, renchérit-elle en riant.

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