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Armes de poing : le plan d'Ottawa « totalement inapplicable »

Le maire de Québec, Régis Labeaume, en point de presse.

Régis Labeaume croit que le fédéral doit s'attaquer en priorité au marché illégal des armes à feu.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Déléguer le pouvoir d'interdire les armes de poing aux municipalités est une solution « totalement inapplicable », selon le maire de Québec, Régis Labeaume, qui accuse Ottawa de vouloir « apaiser l'Ouest » avec cette proposition « ridicule ».

Dans un projet de loi resserrant le contrôle des armes à feu, présenté plus tôt cette semaine, le gouvernement fédéral n'envisage pas de bannir complètement les armes de poing au pays. Comme l'avait déjà évoqué Justin Trudeau dans le passé, il propose plutôt d'appuyer les villes qui feraient le choix de les interdire.

Une proposition tournée en dérision par le maire de Québec, vendredi. Imaginez qu'à Québec, nous légiférions sur les armes de poing, mais que Stoneham, Lac-Beauport et Lévis ne légifèrent pas. Voyez-vous le ridicule de la situation? a illustré Régis Labeaume en marge d'une conférence de presse.

C'est ridicule de penser de même. Je comprends qu’on veuille apaiser l’Ouest avec cette suggestion-là, mais on sait que c’est totalement inapplicable.

Une citation de :Régis Labeaume, maire de Québec

Le maire de Québec a profité de sa tribune pour de nouveau remettre en question l'utilité même des armes de poing, qui peuvent actuellement être achetées et possédées légalement au Canada. Rappelons qu'à Québec la tuerie de la grande mosquée ayant fait six morts, le 29 janvier 2017, a été perpétrée avec un pistolet.

Je ne connais personne qui va à la chasse avec une arme de poing, a lancé M. Labeaume. À la limite, les gens peuvent chasser avec une arme semi-automatique, mais je ne pense pas qu'ils y aillent avec une arme automatique ou une mitraillette.

Une mitraillette et plusieurs revolvers sont posés sur une table.

Régis Labeaume juge préoccupante la facilité avec laquelle on peut acquérir une arme de contrebande (archives).

Photo : iStock

Pendant ce temps, dans l'Ouest canadien, des voix s'élèvent pour décrier le projet de loi C-21, qui prévoit encore plus de contrôle. On résiste également à l'interdiction potentielle des armes de poing dans certaines juridictions.

Le ministre de la Justice de l'Alberta, Kaycee Madu, figure parmi les opposants. Il estime notamment qu'Ottawa se trompe de cible en voulant limiter l'accès aux armes à des Canadiens respectueux des lois.

Marché illégal

Régis Labeaume a par ailleurs martelé l'importance d'établir des frontières pour contrôler les armes à feu. On ne donne pas de visas pour entrer en ville, a-t-il lancé au sujet des pouvoirs limités des municipalités pour contrôler la circulation des armes à feu.

Il s'est particulièrement inquiété du marché de contrebande, un phénomène très grave et en augmentation, à son avis. C’est impressionnant la capacité des individus, dans toutes les villes du Québec, de se procurer une arme de contrebande. C’est incroyable, a-t-il affirmé. Il y a des réseaux, il y a le dark web, ça existe, ça.

Valérie Plante assise derrière un micro et devant des drapeaux durant une conférence de presse.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Insensé »

Comme le maire de Québec, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'oppose aux mesures proposées par Ottawa sur les armes de poing. Participant à la même conférence de presse que M. Labeaume, vendredi, Mme Plante a affirmé que le plan du gouvernement Trudeau était insensé.

Je suis contre l’idée de créer différentes classes de citoyens, a-t-elle dit. Avec des villes qui auraient la capacité de légiférer et où on se sentirait en sécurité et d’autres villes qui n’auraient pas cette possibilité.

Je veux que tout le monde se sente en sécurité, partout.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

Plus tôt cette semaine, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) avait tenu le même discours. Il faut des règles uniformes définies par Ottawa, a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

Le gouvernement québécois a aussi émis des réserves sur la stratégie présentée par le fédéral. La première chose qui nous achale, c’est qu’on délègue des pouvoirs aux 1100 municipalités du Québec. Techniquement, il y aurait 1100 règlements différents; ça, je ne le comprends pas, avait déclaré le premier ministre, François Legault, en réaction au dépôt du projet de loi.

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