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Hausse marquée du chômage parmi les Noirs et les Canadiens d'Asie du Sud-Est

Le taux de chômage des gens originaires d'Asie du Sud-Est est plus du double de celui de la population en général.

Une femme noire à la recherche d'un emploi devant son ordinateur.

Le taux de chômage était de 16,4 % parmi les Canadiens noirs en janvier.

Photo : getty images/istockphoto / Valentin Russanov

Le taux de chômage a fait des bonds spectaculaires dans certaines communautés culturelles en janvier, selon le dernier rapport sur l’emploi de Statistique Canada. Plusieurs craignent maintenant que les inégalités persistent une fois la pandémie terminée.

Le taux de chômage a augmenté de 7,6 points de pourcentage parmi les Canadiens originaires d’Asie du Sud-Est de décembre à janvier. La hausse était de 5,5 points de pourcentage chez les Noirs et de 4,5 points de pourcentage chez les Canadiens d'origine latino-américaine pour la même période.

En comparaison, le taux de chômage n’a grimpé que de 0,6 point de pourcentage dans l’ensemble de la population.

Taux de chômage en janvier 2021 :

  • Canadiens asiatiques du Sud-Est : 20,1 %

  • Canadiens d'origine latino-américaine : 16,6 %

  • Canadiens noirs : 16,4 %

  • Canadiens d'origine chinoise : 10,8 %

  • Ensemble des Canadiens : 9,4 %

Source : Statistique Canada

Un avenir incertain

Tuyet Tram fait partie des Canadiens originaires d’Asie du Sud-Est au chômage.

Elle travaillait comme esthéticienne dans un salon de beauté de Toronto. Son employeur l’a mise à pied au début de la première vague de la pandémie en mars dernier.

Elle n’a plus le droit à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et survit maintenant grâce à l’aide sociale, qui lui remet un chèque de 892 $ toutes les deux semaines.

Je suis inquiète, j’ai besoin de travailler.

Une citation de :Tuyet Tram

Son employeur lui a récemment dit qu’il songeait à fermer définitivement ses portes.

Ça me fait peur, dit-elle. Tuyet Tram ajoute qu’elle vient d’avoir 50 ans, qu’elle vit seule et qu’elle n’a pas d’économies pour assurer son avenir.

Des chaises de pédicure.

Les salons de manucure et de beauté sont durement touchés par les restrictions sanitaires.

Photo : getty images/istockphoto / InkkStudios

Des pertes d’emploi en Ontario et au Québec

Statistique Canada attribue les pertes d’emploi dans ces communautés aux nouvelles restrictions dans ces deux provinces qui ont forcé la fermeture des commerces.

La moitié des Canadiens sud-asiatiques habitent en Ontario, selon l’agence.

Elle ajoute que plus des trois quarts des pertes d’emploi chez les Noirs en janvier sont survenues au Québec et en Ontario.

Frappés de façon disproportionnée

Depuis le début de la pandémie, on voit que ce sont les personnes de couleur qui sont les plus touchées. Il y a eu une hausse du taux de chômage disproportionnée dans ces communautés, note Avvy Go, directrice de la Chinese & Southeast Asian Legal Clinic.

Elle ajoute que plusieurs membres de la communauté d’Asie du Sud-Est occupaient des emplois dans le secteur des services, qui ont été rapidement frappés par les restrictions sanitaires.

La directrice du Centre for Young Black Professionals, Agapi Gessesse, n’est pas surprise des statistiques.

Quand il y avait du travail, les Noirs étaient embauchés en dernier. Maintenant qu’il n’y en a plus, encore une fois, les Noirs sont les derniers, dit-elle.

Portrait d'Agapi Gessesse

Agapi Gessesse, directrice du Centre for Young Black Professionals

Photo : Avec l'autorisation d'Agapi Gessesse

Il est difficile d’estimer quel était le taux de chômage dans différentes communautés immédiatement avant la pandémie puisque Statistique Canada n’a commencé que l’été dernier à collecter des données mensuelles sur l’emploi et les minorités visibles.

L’agence constate toutefois dans une analyse basée sur les données du recensement de 2016 qu’il existait déjà un important écart entre les Noirs et l’ensemble de la population.

Des inégalités qui vont perdurer?

Un récent rapport du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario prévient que la pandémie pourrait entraîner des changements structurels durables et qu’il pourrait y avoir une reprise inégale de l’emploi.

Des colis devant une porte.

Le recours à la livraison plutôt qu’aux achats en personne fait partie des changements qui pourraient entraîner la disparition d'emplois, selon Peter Weltman.

Photo : getty images/istockphoto / Jennifer J Taylor

Son directeur, Peter Weltman, explique que certains emplois pourraient disparaître pour de bon. Il y a des choses qui se passent dans l’économie qui, comme l’automatisation, peuvent peut-être changer la nature des emplois effectués par certains groupes.

Selon le rapport, ce sont les plus vulnérables qui risquent d’écoper, comme les immigrants, les mères de jeunes enfants et les travailleurs à bas salaire.

Agapi Gessesse, elle, est déjà certaine que la reprise sera lente pour la communauté noire. Les conséquences du chômage, de l’insécurité alimentaire, du faible revenu. Toutes ces choses ne vont pas disparaître par magie une fois que la pandémie sera terminée.

Les effets de la pandémie vont rester dans la communauté pour très longtemps, dit-elle, à moins que les gouvernements, les entreprises et le public ne posent vraiment des gestes avec l’intention de soutenir les Noirs lorsque viendra le temps de la reprise.

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