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Ottawa annonce la prolongation de programmes d'aide aux travailleurs

Justin Trudeau, assis à une table, parle dans un micro.

Justin Trudeau, en conférence de presse, vendredi, à Ottawa

Photo : Reuters / BLAIR GABLE

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a annoncé vendredi que son gouvernement prolonge la période pendant laquelle des Canadiens qui ont perdu des revenus à cause de la crise de la COVID-19 peuvent recevoir des prestations en vertu de trois programmes distincts.

Concrètement, les personnes qui bénéficient de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) parce qu'ils ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi pourront désormais en profiter pour 38 semaines, soit 12 de plus qu'à l'heure actuelle.

Il en ira de même pour tous ceux et celles qui reçoivent la PCRE pour proches aidants, qui offre une aide aux travailleurs contraints de délaisser leur emploi parce qu'ils doivent s'occuper d'un enfant de moins de 12 ans ou d'un membre de leur famille qui a besoin de soins.

La Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE), destinée aux travailleurs qui sont malades, qui doivent s'isoler en raison de la COVID-19 ou qui ont un problème de santé les mettant plus à risque de contracter la maladie, pourra quant à elle être obtenue pour quatre semaines plutôt que deux.

Le premier ministre Trudeau a aussi annoncé que son gouvernement compte prolonger à 50 semaines la période pendant laquelle les travailleurs admissibles à l’assurance-emploi pourront toucher des prestations. À l'heure actuelle, cette période d'admissibilité varie de 14 à 45 semaines.

Les temps sont durs et on va être là pour vous aider aussi longtemps qu'il le faudra.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Dans un point de presse subséquent, la ministre de l'Emploi et du Développement de la main-d'œuvre, Carla Qualtrough, a précisé que cette dernière proposition nécessitera l'approbation du Parlement, où le gouvernement Trudeau est minoritaire.

Si les élus donnent leur accord, les prestations pourraient être versées pour une période pouvant atteindre jusqu'à 50 semaines, a-t-elle dit, laissant planer le doute sur la possibilité que cette modification, qui serait limitée à une période allant de septembre 2020 à septembre 2021, s'applique à tous les chômeurs.

La prolongation des trois autres prestations, instaurées cet automne pour remplacer le programme de Prestation canadienne d'urgence (PCU), s'effectuera plutôt par voie réglementaire, a indiqué la ministre Qualtrough.

Alors que certains travailleurs pourraient commencer à épuiser leurs prestations à la fin de mars, ces augmentations assureront un soutien continu pendant que l’économie du Canada et son marché du travail continuent de se rétablir.

Une citation de :Carla Qualtrough, ministre de l'Emploi et du Développement de la main-d'œuvre

Ces annonces ont été saluées par le porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, Pierre Céré. C’est une bonne chose. C’était nécessaire, étant donné que la crise sanitaire et économique est encore loin d’être terminée. C’est une réponse adéquate et responsable à la crise, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Trudeau évite de critiquer les provinces

Justin Trudeau a également commenté en conférence de presse les plus récentes modélisations mathématiques de l’Agence de la santé publique du Canada.

Ces projections indiquent que la présence de variants rendant le coronavirus plus transmissible pourrait entraîner une forte résurgence du nombre de cas au pays. Elles soulignent cependant que cette situation peut être maîtrisée si des mesures sanitaires strictes demeurent en vigueur et sont respectées par les citoyens.

N’oubliez pas que, même avec des vaccins, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour protéger les populations les plus vulnérables, comme nos aînés dans des foyers de soins de longue durée. Autrement, nous pourrions assister à une troisième vague encore pire que la deuxième ou la première.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Ces projections semblent entrer en contradiction avec le fait que certaines des provinces les plus touchées par la pandémie, dont le Québec et l’Ontario, relâchent quelque peu les mesures mises en place pour endiguer la progression de la maladie.

Le premier ministre a cependant soigneusement évité de critiquer les provinces. Selon lui, les gouvernements provinciaux ont pris les décisions appropriées depuis le début de la pandémie. Il continue cependant de militer pour qu'ils utilisent plus de tests de dépistage rapide de la COVID-19.

J'ai confiance dans les provinces, dans les réflexions [qu’elles] sont en train de faire, et je suis là en tant que gouvernement fédéral pour les aider, a-t-il dit.

On est à livrer des millions de tests de dépistage rapide parce qu'on sait qu'accroître les tests qui sont faits dans les lieux de travail, dans les écoles, dans les hôpitaux, un peu partout en société, c'est une façon de pouvoir déceler des éclosions rapidement et de ne pas avoir à imposer des mesures plus sévères qui vont toucher toute la société..

Le gouvernement fédéral n'est pas là pour juger les efforts des provinces. Le gouvernement fédéral est là pour aider et pour s'assurer [...] que les gens qui sont mal pris en raison des décisions de fermeture soient capables de mettre de la nourriture sur la table, de payer leur loyer et de passer à travers la crise, a déclaré Justin Trudeau.

Trudeau veut une approche internationale sur le cas des Ouïgours

Le premier ministre canadien a par ailleurs refusé de dévoiler son jeu au sujet d'une motion conservatrice demandant qu'Ottawa reconnaisse que le gouvernement chinois mène un génocide contre les Ouïgours, minorité musulmane de la région du Xinjiang. Le Parlement doit se prononcer à ce sujet lundi.

Interrogé sur la façon dont lui et le caucus libéral allaient voter, M. Trudeau s'est contenté de dire que son gouvernement est très préoccupé par la situation, qu'il a entendu des histoires ahurissantes sur le sort des Ouïgours, dont des allégations très claires de crime contre l'humanité et même de génocide.

Il n'a cependant pas caché que, selon lui, ce problème devrait être abordé par la communauté internationale dans son ensemble.

Nous nous devons d'avancer de façon coordonnée, pas juste en tant que pays, mais en tant que communauté internationale qui déplore les actions [de la Chine au Xinjiang]. C’est un point que j’ai souligné ce matin dans nos conversations avec le G7, a-t-il commenté.

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