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La 1re dose du vaccin Pfizer-BioNtech efficace à 85 %, selon une étude israélienne

Un jeune homme en santé se fait vacciner par une infirmière.

Un jeune Israélien reçoit un vaccin dans le cadre d'une opération visant à encourager cette clientèle à se faire vacciner, mardi, à Holon, près de Tel-Aviv.

Photo : La Presse canadienne / AP/Sebastian Scheiner

Agence France-Presse

La première dose du vaccin contre la COVID-19 du duo pharmaceutique Pfizer-BioNtech est efficace à 85 % deux à quatre semaines après son injection, conclut une étude israélienne publiée vendredi, tout en invitant à ne pas renoncer à administrer la seconde dose.

L'État hébreu a lancé le 19 décembre une vaste campagne de vaccination contre la COVID-19 à la faveur d'un accord avec Pfizer permettant à Israël d'obtenir rapidement des millions de doses en échange de données biomédicales sur l'effet du vaccin dans ce pays où les fichiers médicaux de la population sont numérisés.

Jusqu'à présent, 4,23 millions d'Israéliens (47 % de la population) ont reçu au moins la première dose du vaccin, dont 2,85 millions ont eu la seconde dose nécessaire, selon le ministère de la Santé.

Si de récentes études israéliennes ont chiffré à 95 % l'efficacité du vaccin une semaine après la seconde dose, cette nouvelle étude menée par l'hôpital israélien Sheba, et publiée vendredi dans la revue scientifique The Lancet, l'estime à 85 % de deux à quatre semaines après la première dose.

L'hôpital a mené des tests sur 9109 travailleurs de la santé du début de la campagne de vaccination jusqu'au 24 janvier; 7214 ont reçu la première dose, et pas les 1895 autres.

Dans cet intervalle, 170 personnes de l'échantillon total ont contracté la maladie, dont 89 faisaient partie du groupe des travailleurs n'ayant pas reçu la première dose.

En comparant les taux de contamination dans ces deux cohortes – les vaccinés et les non-vaccinés – et le moment de leur diagnostic, les équipes de Sheba ont conclu que le vaccin était efficace à 47 % entre le premier et le quatorzième jour après la première dose et à 85 % entre le 15e et le 28e jour.

De deux à quatre semaines après la [première] vaccination, il y a déjà un fort taux d'efficacité, avec une réduction de 85 % des cas symptomatiques, a résumé Gili Regev-Yochay, co-auteure de cette étude, lors d'une discussion via Internet avec des journalistes.

Toutefois, seuls les employés présentant des symptômes ou ayant été en contact avec des personnes qui ont contracté le virus ont été testés dans le cadre de cette étude.

Pour Peter English, ancien directeur du comité de santé publique de l'Association des médecins britanniques, la démarche des chercheurs de l'hôpital Sheba reste rigoureuse, bien que le nombre de cas asymptomatiques, c'est-à-dire de personnes ayant contracté la COVID-19 sans présenter de symptômes, a pu être minimisé.

Cette étude a été menée sur des gens en âge de travailler, il serait donc intéressant de voir une étude similaire sur des personnes plus âgées après une dose du vaccin, a commenté Deborah Dunn-Walters, professeure d'immunologie à l'Université de Surrey, au Royaume-Uni.

Ces nouvelles données devraient conforter le Royaume-Uni dans sa décision d'offrir la seconde dose 12 semaines plus tard.

Une citation de :Deborah Dunn-Walters, professeure d'immunologie à l'Université de Surrey

Face à la disponibilité limitée des doses et aux retards de livraisons, certains pays comme le Royaume-Uni ont décidé de ne pas administrer la seconde dose trois semaines après la première, comme préconisé par le protocole strict. Ils veulent fournir une première dose au plus grand nombre possible, à commencer par les personnes âgées, afin de protéger a minima le plus de gens possible.

Je ne dis pas que nous n'avons pas besoin de la seconde dose, mais simplement que nous voyons déjà des effets avec la première dose, a souligné Mme Regev-Yochay.

La première dose montre déjà une forte efficacité et celle-ci ne sera que plus forte avec la seconde, a-t-elle ajouté, précisant que la grande, grande question demeure de savoir si elle permet aussi de réduire la transmission du virus. Nous travaillons sur ce sujet […] et nous espérons avoir de bonnes nouvelles bientôt.

L'efficacité du vaccin et le fort pourcentage de sa population vaccinée, notamment chez les personnes âgées, ont contribué jusqu'à présent à faire reculer les cas de la COVID-19 en Israël, selon les autorités, qui ont ouvert la voie à un déconfinement sans toutefois permettre la reprise des vols internationaux, une mesure destinée à limiter la propagation de variants.

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