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L’anxiété augmente en prison quand la COVID-19 se répand en ville

La prison entourée d'un mur d'enceinte.

La prison provinciale Pénitencier de Sa Majesté à Saint-Jean échappe pour le moment à la flambée de COVID-19 dans la ville. Les autorités ont toutefois commencé à y effectuer des tests de dépistage, jeudi, parce qu’un agent correctionnel est un proche contact d’une personne atteinte.

Photo : CBC

Radio-Canada

Des détenus de la prison provinciale Pénitencier de Sa Majesté à Saint-Jean, à Terre-Neuve, s'inquiètent selon l'un d'eux de la disponibilité de l’équipement de protection personnelle et de produits désinfectants maintenant que la ville est un foyer d’éclosion de la COVID-19.

Le détenu Travis Pottle dit qu’il passe 22 heures par jour confiné dans sa cellule le long d’un couloir où sont détenus plusieurs autres hommes souffrant de problèmes de santé mentale.

Selon Travis Pottle, la contagion à l’extérieur de l’établissement aggrave le stress et l'anxiété de ces détenus. En matière de santé mentale, dit-il, ils n’ont personne à qui s’adresser pour obtenir du réconfort. Il estime qu’environ la moitié d’entre eux n’ont aucun proche à qui téléphoner. Aucune visite n’est permise, ajoute-t-il, et ces détenus ne peuvent que parler entre eux.

La crainte d’une exposition au coronavirus dans la prison fait l’objet de rumeurs depuis plusieurs jours. Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique affirme qu’un agent correctionnel a reçu une confirmation, mercredi soir, qu'il est un proche contact d’une personne atteinte de la COVID-19. L’agent n’a pas travaillé depuis le 7 février.

Par conséquent, la prison est en confinement depuis jeudi matin et la santé publique a proposé à toutes les personnes qui fréquentent l’établissement de subir un test de dépistage.

Malgré ce que disait le ministère jeudi, le service d’information de CBC a pu confirmer qu’un proche contact de deux agents correctionnels a reçu un diagnostic de COVID-19 au début de la semaine dernière. CBC n’a pas obtenu de confirmation du dernier moment où ces agents ont travaillé et a demandé au ministère pourquoi ce cas n’avait pas entraîné des tests de dépistage à grande échelle dans l’établissement.

Un porte-parole du ministère de la Justice et de la Sécurité publique a renvoyé la balle au ministère de la Santé et des Services communautaires, qui se charge de la recherche des contacts et qui dit pour sa part qu’il ne peut faire de commentaires sur des cas particuliers.

Les détenus réclament de l’équipement

Travis Pottle a accordé une entrevue à CBC mercredi, avant que les tests de dépistage ne soient offerts aux détenus.

Il a dit à cette occasion que les détenus sont inquiets chaque fois qu’un agent correctionnel entre dans leur cellule. Selon lui, les détenus se préoccupent de l’absence d’équipement de protection personnel et de produits désinfectants dans leurs cellules. Il dit que les détenus ne reçoivent même plus de lingettes désinfectantes.

Quant au port d’un masque, Travis Pottle affirme qu'il est obligatoire pour les détenus uniquement lorsqu’ils se déplacent dans l’établissement. Selon lui, ils reçoivent un masque à de rares occasions, par exemple pour des consultations médicales, mais il arrive parfois qu’on ne leur donne pas de masque.

Un homme tient les barreaux d'une cellule de prison.

Les détenus sont confinés dans leurs cellules toute la journée. L’un d’eux, Travis Pottle, explique que l’isolement et le manque de soutien atteignent « un point de rupture » (archives).

Photo : Shutterstock

CBC a demandé jeudi matin au ministère de la Justice et de la Sécurité publique de préciser les procédures en vigueur dans la prison en matière de prévention de la COVID-19. Aucune réponse n’a été obtenue avant la publication de ce reportage.

Terre-Neuve-et-Labrador se distingue au pays en matière de mise en liberté provisoire à cause de la COVID-19. Selon Statistique Canada, la province a accordé une liberté provisoire à plus d’un tiers de ses détenus. Leur nombre a diminué de 310 à 205, de février à août 2020. Cette mesure a pour but de réduire la population carcérale et les risques de contagion.

Pas de programme d’aide, selon un détenu

Travis Pottle dit craindre que des détenus ne signalent de possibles symptômes parce qu’ils ne voudraient pas que cela entraîne un resserrement de leur isolement et de l'isolement des autres détenus.

Il affirme qu’aucun programme d’aide et aucun soutien en matière de santé mentale n’est offert aux détenus.

Le Service correctionnel du Canada a signalé pour sa part plus de 5000 cas de COVID-19, majoritairement des détenus, et 4 morts causées par cette maladie.

Terre-Neuve-et-Labrador n’a encore annoncé aucun cas de COVID-19 dans ses prisons.

Le ministère de la Santé et des Services communautaires recensait jeudi après-midi 380 cas actifs, la plupart dans la région de santé de l’Est. La province est en confinement depuis le 12 février, quand un variant du coronavirus a été confirmé comme étant la source de l'éclosion.

D'après un reportage de Ryan Cooke, de CBC

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