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La santé publique du Québec propose des assouplissements après la relâche

François Legault, Horacio Arruda et Christian Dubé assis durant un point de presse.

Le gouvernement Legault n'a accepté que tout récemment de publier les avis écrits que lui remet la santé publique du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement Legault pourrait alléger des mesures de confinement et faire passer certaines régions à des paliers d’alerte inférieurs au retour du congé de la relâche scolaire, si on en croit les avis de la santé publique publiés par le gouvernement vendredi matin.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a rendu publics 14 écrits de la santé publique remis au gouvernement Legault entre le 15 mars 2020 et le 16 février 2021.

On y apprend en effet que, si la situation le permet, certaines régions qui sont actuellement classées zone rouge pourraient passer au niveau orange dès la fin du long congé scolaire.

Dans un avis du 8 février, il était recommandé au gouvernement de faire passer le Nunavik et les Terres-Cries-de-la-Baie-James en zone jaune.

Également, et toujours si la situation demeure stable, certaines activités parascolaires au primaire pourraient être autorisées à compter du 8 mars.

Au secondaire, des ajustements pourraient aussi être consentis après le 7 mars. La pratique des sports en zone orange sera aussi réévaluée après cette date.

D'autres installations de sports et de loisirs intérieurs pourraient également être autorisées à rouvrir leurs portes au retour de la relâche, si la tendance à la baisse se maintient.

Mesures non annoncées

Dans un avis portant sur des recommandations à mettre en avant en zone rouge à compter du 26 février, la santé publique proposait aussi qu'une personne seule, avec ses enfants s'il y a lieu, [puisse] se joindre à une autre adresse et former un groupe stable [afin de réduire l'isolement, les problèmes de santé mentale et de faciliter le gardiennage des enfants pour les familles monoparentales].

On peut lire ensuite que cet assouplissement est en fait permis depuis le 16 février, mais qu’il n’avait pas encore été annoncé publiquement.

Rappelons que, jusqu'à maintenant, une personne seule ne pouvait recevoir la visite que d'une seule autre personne.

Déplacements entre les régions

Dans un avis du 16 février dernier, on apprend aussi que la santé publique avait recommandé au gouvernement une limitation des déplacements interprovinciaux et interrégionaux pendant le congé de la relâche.

On y mentionne aussi que les autorités de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent réclament des contrôles routiers aléatoires pour sensibiliser davantage la population.

Autant de recommandations que n’a pas appliquées le gouvernement, estimant que les mesures de contrôle, les amendes et le couvre-feu déjà en place étaient suffisamment efficaces. Rappelons qu’il est fortement déconseillé par le gouvernement – mais pas interdit – de se déplacer d’une zone à une autre au Québec.

Mercredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a promis une présence policière accrue au Québec pendant la semaine de relâche, mais a précisé qu'il n'y aurait pas de points de contrôle entre les régions et les provinces voisines.

À plusieurs reprises, le gouvernement s'est aussi montré plus sévère que ce que recommandait la santé publique.

Par exemple, à la fin septembre, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, recommandait que les restaurants restent ouverts, mais sous certaines restrictions, tout comme les lieux de culte, les cinémas, les salles de spectacle et les théâtres. Or, tous ces commerces ont été fermés en zone rouge dès le 1er octobre.

Le Dr Arruda a aussi recommandé en vain le 22 octobre la réouverture des musées, des bibliothèques, des gyms et des spas.

La santé publique a également recommandé l'automne dernier à Québec de permettre la pratique de sports organisés pour les enfants et adolescents ainsi que les activités parascolaires et interscolaires sous des conditions strictes.

Il a enfin proposé au début décembre la réouverture des jardins botaniques, zoos, insectariums, planétariums et aquariums, ce que n'a pas fait non plus le gouvernement Legault.

Demande de longue date

La publication de ces 14 avis de la santé publique était demandée depuis des mois par les partis d’opposition, qui exprimaient régulièrement des doutes sur les fondements de certaines décisions gouvernementales dans la gestion de la pandémie.

Le gouvernement Legault, pour sa part, a toujours maintenu qu’il se basait en priorité sur les recommandations de la santé publique, mais il refusait jusqu'à tout récemment de publier ces avis.

Il avait même refusé les demandes d'accès aux documents formulées par Radio-Canada pour obtenir certains avis écrits transmis par Horacio Arruda à François Legault et à son équipe.

Affirmant qu’il n’avait rien à cacher, le premier ministre François Legault a finalement promis de publier ces avis, ce que son gouvernement a fait vendredi matin. On ignore toutefois si tous les avis ont été rendus publics.

Le doute persiste chez l'opposition

Dans les rangs de l’opposition, on se questionne sur le moment qu’a choisi le gouvernement Legault pour publier ces avis, soit un vendredi, le jour où l’Assemblée nationale ne siège pas, tout juste avant une pause de deux semaines des travaux. Le gouvernement n'aura donc pas répondre aux questions de l'opposition jusqu'au retour de la relâche scolaire.

La stratégie de communication du gouvernement est aussi subtile qu'un 18 roues, a fait remarquer Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire.

C’est une stratégie qui témoigne d’une volonté de transparence à géométrie variable au gouvernement.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Au Parti libéral du Québec, on continue d’exiger une enquête publique sur les consignes sanitaires et la gestion de la pandémie au Québec. Ça suscite plein de questions pour lesquelles on devrait avoir des réponses dans le cadre d’une enquête publique indépendante, a pour sa part réclamé la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Pour le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Joël Arsenault, ces documents viennent contredire les déclarations du gouvernement voulant qu'il se base essentiellement sur la science pour gérer cette crise.

En résumé, on ne semble pas [...] avoir des décisions qui reposent avant tout sur la science, et c’est ce qu’on constatait, ce qu’on devinait. Maintenant, on a de plus en plus de preuves pour l’affirmer, a réagi M. Arsenault.

Arruda replace les choses dans leur contexte

Interrogé sur les ondes d'ICI RDI, le Dr Arruda a expliqué qu'il faut tenir compte du contexte et de l'évolution de la situation au fil des mois pour mieux comprendre le contenu de ces documents.

C'est vraiment des recommandations qui sont faites – il ne faut pas se le cacher – dans un contexte où il y avait des gens qui mouraient, où il y avait des décisions rapides qui devaient être prises.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

On essayait de trouver une façon d'échanger avec le gouvernement à partir des informations qu'on avait obtenues sur ce qui se passait dans le monde ou dans d'autres organisations, nos directeurs de santé publique et les scientifiques qui sont avec moi, a-t-il détaillé.

En ce qui a trait au respect de Québec des recommandations qu'il formulait, Horacio Arruda est d'avis que, dans la très grande majorité des situations, le gouvernement a appliqué les recommandations qu'on a faites.

On a eu bien entendu des échanges avec eux [les représentants du gouvernement]. Nous, on fait des recommandations et, à la fin, ce sont eux qui décident, a-t-il souligné.

Au sujet des assouplissements envisagés après le 7 mars prochain, le Dr Arruda demeure prudent. Ça va dépendre de la relâche, qui va être déterminante, notamment avec les nouveaux variants. Si on peut aller plus loin, on l'annoncera en temps et lieu.

Le Québec est pratiquement totalement en zone rouge, a-t-il rappelé.

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