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Entrevues avec des auteures autochtones au SILQ : Denise Bombardier se défend

Elle est assise derrière un micro noir.

Denise Bombarder devait faire une entrevue avec les auteurs Naomi Fontaine et Joséphine Bacon (archives).

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Mathieu Arsenault

Après avoir essuyé des critiques, Denise Bombardier se défend d'avoir pu offenser les Premières Nations dans ses propos dans les médias, quelques heures après s'être retirée des entrevues qu'elle devait faire avec des auteures autochtones pour le Salon international du livre de Québec (SILQ).

Nommée intervieweuse au prochain Salon du livre, Denise Bombardier devait faire une entrevue avec les auteures Naomi Fontaine et Joséphine Bacon.

Mme Bombardier y a finalement renoncé à la suite des réserves exprimées, notamment, par l'auteur autochtone Louis-Karl Picard-Sioui.

M. Picard-Sioui critique certaines prises de position antérieures de Mme Bombardier sur la question autochtone dans ses chroniques pour Le Journal de Montréal, notamment.

L'écrivaine Naomi Fontaine est en entrevue à la radio.

L'écrivaine et professeure Naomi Fontaine (archives)

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

C'est eux qui disent qu'ils ont été blessés. Moi, j'ai été blessée toute ma vie [...] Je ne peux pas entrer dans la tête des gens qui perçoivent une émotion qui n'a pas de justification dans ce que j'ai dit. Au contraire, je n'ai jamais offensé des communautés autochtones, s'est défendue Mme Bombardier.

J'ai interviewé presque tous les grands écrivains [...] de la deuxième partie du siècle dernier. Je n'interviewe personne de force, a ajouté Denise Bombardier.

Alors que deux personnes refusent, pour des raisons qui sont les leurs, mais qui ne sont pas réelles, eh bien qu'est-ce que vous voulez que je fasse? Je ne vais pas les forcer! Elles vont se faire interviewer par d'autres et c'est tout.

Une citation de :Denise Bombardier

Elle ajoute avoir écrit une chronique récemment où elle indiquait que les Autochtones étaient des victimes de racisme systémique. Pensez-vous qu'ils le savent que j'ai dit ça? Pas du tout, croit Mme Bombardier.

Toutefois, elle espère que cette controverse ne nuira pas à l'image du Salon du livre de Québec, un des meilleurs salons au monde.

Le public est extraordinaire. C'est un vrai public de lecteurs. Je ne voudrais pas que ce salon-là soit la cible [d'un] débat qui n'a rien à voir avec la littérature, renchérit Mme Bombardier.

L’auteure Joséphine Bacon a refusé de prendre part à l’exercice. Mais Naomi Fontaine a finalement accepté.

Espace sécurisé

L'auteur Louis-Karl Picard-Sioui affirme que le milieu littéraire à Québec était en ébullition à la suite de l'annonce du Salon du livre, jeudi, d'entrevues entre Mme Bombardier, Naomi Fontaine et Joséphine Bacon.

Il considère que Mme Bombardier fait preuve de condescendance face à la question autochtone et de demi-vérités dans ses prises de position dans Le Journal de Montréal, entre autres, où elle est chroniqueuse.

On voulait s'assurer que les entrevues seraient faites dans une sécurité culturelle. Je pense que c'était ça le point de base.

Une citation de :Louis-Karl Picard-Sioui

C'est sûr que Mme Bombardier, c'est quelqu'un qui ne fait pas l'unanimité et je pense qu'elle en a conscience et c'est correct. [Mais] il y a des limites à parler contre les Autochtones, ou inciter — peut-être sans s'en rendre compte — [à] la haine ou [au] mépris. C'est toujours une ligne mince, croit l'auteur.

Pas au courant

M. Picard-Sioui dit avoir communiqué avec les autres auteures autochtones invitées par le Salon du livre à la suite de l'annonce.

Personne n'était au courant et c'est là que le bât blesse. Les gens étaient surpris. Les réactions étaient quand même nuancées. Il y a des auteurs pour qui ça dérangeait un peu moins et d'autres pour qui c'était très vif, explique M. Sioui.

Le directeur du Salon du livre des Premières Nations, Louis-Karl Picard-Sioui.

L'auteur Louis-Karl Picard-Sioui

Photo : Radio-Canada

Sur le coup, j'ai été fâché parce que je n'étais pas au courant. J'ai vu une maladresse. Une maladresse qui derrière ça, avait [...] peut-être un manque de sensibilité ou un manque de connaissance du milieu de la part du Salon du livre, estime l'auteur.

Le Salon du livre réajustera le tir

On est très sensibles à ce qu'il se passe. On peut avancer le fait qu'on avait déjà prévu cinq auteurs des Premières Nations, sur une trentaine d'auteurs d'invités, fait valoir Johanne Mongeau, directrice des communications du SILQ.

On déplore ce qui se passe actuellement. On va réajuster le tir pour les prochains jours.

Une citation de :Johanne Mongeau, directrice des communications du Salon international du livre de Québec

Johanne Mongeau soutient que le retrait de Mme Bombardier satisfait M. Picard-Sioui. À partir du moment où Denise a décidé de se retirer de ces deux entrevues là, du côté de Louis-Karl, le dossier est clos, indique-t-elle.

Avec les informations de Patricia Tadros, Hadi Hassin et Camille Carpentier

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