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Légaliser les paris sportifs sur un match unique pourrait-il « sauver » la LCF?

Un homme dans un casino de Detroit, au Michigan, est en train de parier sur le sport.

Selon une estimation de la Canadian Gaming Association, environ 14 milliards de dollars seraient perdus chaque année en paris sportifs sur le marché noir ou sur les sites web étrangers. (archives)

Photo : Associated Press / Paul Sancya

Le député conservateur Michael Kram estime que la légalisation des paris sportifs sur un match unique pourrait économiquement « sauver » la Ligue canadienne de football (LCF) dans la mesure où celle-ci pourrait toucher une partie des revenus sur les paris.

Le député de Regina-Wascana a pris la parole à la Chambre des communes le 7 février pour faire valoir son point de vue où il s’est montré en faveur du projet de loi conservateur C-218, qui a depuis été approuvé en première lecture mercredi soir par une majorité de 300 à 15.

Si la LCF encaisse tous les coûts liés à l’organisation des matchs sur lesquels les gens vont parier, il semble raisonnable que la Ligue et ses équipes souhaitent négocier une sorte d’accord de partage des revenus avec leurs gouvernements provinciaux pour générer une partie des revenus des paris sportifs sur un match unique, a dit Michael Kram aux autres élus canadiens.

Michael Kram portant un masque aux couleurs du Parti conservateur.

Malgré la pandémie, le député conservateur Michael Kram souhaite retrouver une vie «normale». Pour lui, cela inclut des matchs de la LCF. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Au cours de son envolée oratoire, il s’est ouvertement affiché comme un grand partisan des Roughriders de la Saskatchewan et comme un parieur occasionnel parfois frustré de devoir parier uniquement sur des ensembles de matchs où la perfection est exigée pour que le parieur puisse encaisser une somme d’argent.

Michael Kram a aussi tenu à rappeler à la Chambre des communes qu'une autre option pour permettre à la LCF de jouer cette saison consiste simplement à lui accorder une subvention massive des contribuables. Il a toutefois précisé qu’il préfère sauver le circuit en légalisant les paris sportifs plutôt que de mettre ce fardeau sur le dos des contribuables.

Les libéraux ont quant à eux déposé en novembre 2020 le projet de loi C-13, qui viendrait modifier les dispositions portant sur les paris spécifiques à un seul événement sportif, soit une partie de hockey, de football ou de tout autre sport, ce qui est illégal. Ce projet s’avère être une relance d'un projet de loi déposé il y a cinq ans qui a par la suite été bloqué par le Sénat.

Quelle est la différence entre les projet de loi C-218 et C-13?

Le projet de loi C-218, présenté par les conservateurs, inclut les courses de chevaux, tandis que le projet de loi C-13 les exclut.

Cette solution pourrait-elle réellement sauver économiquement la LCF?

Le professeur au département des sciences économiques de l'UQAM Philip Merrigan, dit ne pas être contre l’idée et croit qu’il s’agirait d’une bonne façon d’aider le circuit à sortir la tête de l’eau. Cependant, l'économiste apporte plusieurs bémols.

Il faudrait que ce soit un petit pourcentage de la somme totale qui soit remis à la LCF, ou encore sous forme de prêt. Aussi, il y a toujours un débat à savoir pourquoi un gouvernement aiderait une ligue sportive professionnelle au détriment des autres secteurs, comme la santé et l’éducation. Il faut tenir compte de l’opinion publique qui pourrait être très négative.

Au moment de publier ce texte, la Ligue canadienne de football avait accusé réception à la requête médiatique de Radio-Canada, mais elle n’avait pas encore répondu si elle désirait ou non se pencher sur les paris sportifs pour améliorer ses finances.

À cet effet, Philip Merrigan croit que l’opinion publique pourrait mieux accepter que la LCF soit aidée financièrement par un gouvernement, puisqu’il ne s’agit pas d’une Ligue où les joueurs encaissent des millions de dollars.

La LCF est une institution canadienne qui est très bonne pour les communautés. Cette industrie est en difficulté et elle a besoin d’aide. Elle ne génère pas tant de revenus, mais elle en amène beaucoup aux communautés locales.

Une solution à court terme

En revanche, l’économiste avoue ne pas trouver intéressant à long terme qu’une partie des revenus engendrés sur les paris sur le résultat d’un seul match aboutisse dans les poches de la LCF et des neuf équipes du circuit.

L’important est que ce soit à court terme, pour garder la Ligue à flot pour la saison 2021, pour être en mesure de tenir des matchs sans accueillir de partisans, mentionne l’expert, qui serait aussi étonné que l’aide vienne du gouvernement fédéral, les provinces étant peut-être plus enclines à aider l’équipe, ou les équipes, sur leur territoire.

Des partisans colorés des Roughriders de la Saskatchewan.

Privés d'une saison 2020, les amateurs de football canadien pourraient devoir attendre à l'été 2022 avant de pouvoir encourager leurs favoris dans les gradins (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Philip Merrigan est d’ailleurs persuadé que le circuit de Randy Ambrosie dépendra d’une aide gouvernementale s’il veut survivre, puisque le modèle d'affaires de la LCF est grandement basé sur les revenus engendrés aux guichets et que toutes les autres dépenses potentielles d’un spectateur, à savoir le stationnement, la consommation d’alcool et de nourriture, et l'achat dans les boutiques de souvenirs.

Le président des Roughriders de la Saskatchewan, Craig Reynolds, l’avait d’ailleurs dit au mois de juin, quelques mois avant que les espoirs d’une saison 2020 se soient envolés : Il existe des moyens créatifs d’essayer de générer des revenus, mais c’est financièrement difficile de jouer à huis clos.

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