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L'acteur Omari Newton donne des ateliers scolaires pour favoriser l'inclusion

Des intervenants de la communauté noire en Colombie-Britannique nous font connaître leur réalité durant le Mois de l'histoire des Noirs.

Omari Newton regarde la caméra.

Pour le Mois de l'histoire des Noirs, l'acteur Omari Newton organise des présentations dans les écoles à travers le pays pour parler de la contribution des communautés noires au Canada.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Camille Vernet
Marylène Têtu

Le mois de février, au Canada, est consacré à l'histoire des Noirs. Alors que 2021 une année de soulèvements populaires pour dénoncer le racisme et la brutalité policière envers la communauté noire, le gouvernement fédéral a choisi la thématique « L'avenir c'est maintenant ». L'acteur Omari Newton a accepté de se confier sur sa façon de créer une société plus inclusive.

Comment peut-on améliorer les relations entre les diverses communautés en Colombie-Britannique pour les rendre plus inclusives?

Omari Newton (O.N.) : Je pense qu'il faut travailler ensemble, vivre ensemble, engager des conversations qui sont difficiles. Il y a des moments, comme le Black Lives Matter, dont beaucoup de personnes deviennent très gênées de parler.

Pourtant, ils rappellent l'importance d'ouvrir le dialogue avec les communautés qui sont hors de ta communauté.

Omari Newton avec sa soeur jumelle Akilah.

Omari Newton avec sa soeur jumelle Akilah. Elle a fondé une organisation à but non lucratif qui enseigne aux enfants l'histoire des Noirs.

Photo : Omari Newton

On parle beaucoup de l’importance de l’éducation pour lutter contre le racisme. Qu’est-ce qui devrait être mis de l’avant dans les écoles de la province pour y arriver, selon vous?

O.N. : Je pense que si on peut inclure plus d'histoires qui parlent des autres communautés, comme la communauté noire ou les communautés autochtones, ça aura un très grand impact.

Maintenant, je sais qu'au Québec, à Montréal, il y a deux mentions des Noirs dans les textes d'histoire à l'école secondaire : un Américain, Jack Wilson, un joueur de baseball, puis le propriétaire d'un bar à Marrakech.

Il y a tellement de figures dans l'histoire canadienne qui sont plus importantes que ça! Ce serait une bonne façon de commencer que d’inclure d’autres personnes dans les textes des cours d'histoire à l'école.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Omari Newton regarde la caméra.

Ma réalité: Omari Newton

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Les manifestations un peu partout en Amérique du Nord pour dénoncer le racisme et la brutalité policière envers la communauté noire ont-elles entraîné un changement des mentalités, un éveil?

O.N. : Ces protestations-là ont permis de continuer une conversation qui est très importante.

Il y a beaucoup de personnes qui pensent qu'on avait des problèmes avec le racisme dans les années 1800 et que s'est terminé, maintenant. Ce n'est pas vrai. Je pense que les mouvements comme Black Lives Matter forcent des personnes à se confronter à leurs préjugés.

Montréalais d'origine établi à Vancouver, Omari Newton est à la fois artiste, acteur, metteur en scène, dramaturge et slameur. Depuis 10 ans il donne des ateliers avec sa soeur jumelle, Akilah Newton, dans les écoles secondaires du pays pour aborder la contribution des communautés noires au Canada.

Quel est l’avenir du mouvement Black Lives Matter?

O.N. : Ça va devenir plus mainstream, on voit un exemple comme Colin Kaepernick, qui a commencé à protester dans la Ligue nationale de football (NFL), aux États-Unis. Au début, la ligue ne comprenait pas ce qu'il faisait.

Il y avait beaucoup de personnes qui pensaient que c'était un anti-militaire, alors que c’est un ancien soldat qui lui avait dit que de s'agenouiller pendant l'hymne national était une façon d'honorer les militaires tout en protestant, car ceux-ci s'agenouillent pour honorer les soldats tombés au combat.

Les gens ont d'abord pensé que le mouvement Black Lives Matter était anti-policier, mais je pense que plus le mouvement se généralise, plus les gens comprennent qu'il n'est pas tant anti-policier, mais que son but est de sensibiliser la population aux problèmes systémiques qui existent en Amérique.

Omari Newton regarde au loin.

Omari Newton est un artiste, acteur et metteur en scène, dramaturge vancouvérois.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

La fin du racisme et de la discrimination, c’est envisageable? Quelles sont ces voies qui ne sont pas explorées?

O.N. : La fin du racisme, non, mais c'est sûr qu’il y a beaucoup d'améliorations. Si tu regardes dans les années où on avait des esclaves, c'était complètement légal. On a fait beaucoup de progrès, mais la fondation du Canada est basée sur le racisme.

Il n'y a qu'à demander aux autochtones. Aujourd'hui encore, les traités ne sont pas respectés. Je ne pense pas qu'on va mettre fin au racisme, mais je pense que l’on peut minimiser l'impact du racisme si on continue d'en parler.

Ce texte ayant été tiré d'une entrevue, certaines réponses ont été adaptées pour en faciliter la lecture.

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