•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À quand une loi pour réduire les frais des services de livraison de repas au Québec?

Shawn Pascal, chef cuisinier et propriétaire du restaurant Baba Thai à Montréal, et Jessica Greenberg, sa conjointe et gérante.

Les longues heures travaillées par Shawn Pascal, chef cuisinier et propriétaire du restaurant Baba Thai à Montréal, et Jessica Greenberg, sa conjointe et gérante, leur rapportent bien peu dans le contexte actuel.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Pour aider les restaurateurs, le député libéral Monsef Derraji presse le gouvernement Legault de limiter les frais imposés par les services de livraison en ligne. Il a déposé jeudi matin un projet de loi en ce sens, mais Québec envisage plutôt le dépôt de sa propre pièce législative, sans s’avancer sur un échéancier.

De nombreux restaurateurs s’impatientent devant l’absence de règles. Les frais exigés par Uber Eats mettent à rude épreuve les nerfs du restaurateur Shawn Pascal, propriétaire du Baba Thai à Montréal. Je travaille 100 heures par semaine, soutient-il, et on n'a rien dans nos poches. On a juste besoin d'aide.

Il apprécie la visibilité que lui donne le service et la possibilité de continuer à générer des revenus après le couvre-feu. Cependant, les frais, qui peuvent atteindre 30 % sur le montant total de la vente, ne lui laissent plus de marge de manœuvre.

Le député de la circonscription de Nelligan, dans l'ouest de Montréal, a ainsi voulu forcer la main au gouvernement pour imposer un plafond de 20 % à l'ensemble des frais de commande en ligne et de livraison de repas, le temps de la crise sanitaire. L’Ontario a imposé une telle limite en décembre.

Pourquoi c'est bon en Ontario, mais pas bon au Québec? se demande-t-il. Le temps est venu d'envoyer un message positif aux restaurateurs.

C’est un fardeau pour ces entrepreneurs qui peinent à payer leurs frais fixes avec toutes les restrictions.

Une citation de :Monsef Derraji, député de Nelligan, Parti libéral du Québec

Une telle initiative pourrait sauver le restaurant de Shawn Pascal. Sinon, nous sommes finis dans deux mois, déplore-t-il.

Nous y travaillons, dit Québec

Le cabinet du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne, dit travailler sur le dossier depuis le refus d'Uber Eats et de DoorDash de collaborer, mais ne précise pas le moment où il déposera son propre projet de loi.

Nous sommes en action, indique sa porte-parole Laurence Voyzelle. Le Parti libéral défonce une porte déjà ouverte.

Parmi les grands joueurs, seule l'entreprise SkipTheDishes a consenti jusqu'ici à réduire son taux à 18,75 %. Le gestionnaire des affaires publiques pour le Québec d’Uber, Jonathan Hamel, réplique que la multinationale offre des options flexibles telles que la prise de commande à emporter à 0 %, 7,5 % pour effectuer les livraisons pour des commandes prises directement sur le site web du restaurant et 15 % pour la prise de commande pour les restaurants qui ont des livreurs.

Dans une lettre acheminée au ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, le 12 janvier, l’Association des restaurateurs du Québec rappelait que, dans une industrie où les entreprises financièrement bien gérées peinent à dégager 4 % de marge de profit au cours d’une année normale, la situation est intenable.

En plus de l’Ontario, la Colombie-Britannique et de nombreuses villes américaines, dont New York et Los Angeles, ont encadré les services de livraison en ligne et plafonné les commissions facturées aux commerçants.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !