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Le centre-ville de Montréal continue de se vider

Des immeubles de bureaux du centre-ville de Montréal.

Le nombre de bureaux et de locaux commerciaux vacants ne cesse d'augmenter au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De nouvelles données publiées jeudi montrent que le nombre de bureaux et de locaux commerciaux vacants au centre-ville continue d’augmenter. Les divers représentants des secteurs installés au cœur de la métropole comptent énormément sur le retour des employés dans les bureaux.

Ce rapport trimestriel (Nouvelle fenêtre) sur l’activité socioéconomique au centre-ville de Montréal est publié par l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) et par la Société de développement commercial (SDC) Montréal Centre-Ville.

On peut y lire que le taux d’inoccupation dans les tours de bureaux est maintenant de 12,4 %. Cela représente une hausse de 2,6 points en six mois.

Cette désertion concerne surtout les tours dites de classe B ou C situées dans des rues moins passantes et qui proposent des loyers plus bas.

Un homme marche devant des commerces vandalisés et abandonnés.

Le nombre de locaux commerciaux vacants a d’ailleurs grimpé de 5 % entre le printemps et l’automne dernier sur la rue Sainte-Catherine.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Cela signifie que les entreprises qui sont dans les immeubles les plus prestigieux résistent mieux à la crise que celles qui sont des immeubles meilleur marché, et qui sont généralement de petites entreprises ou des entreprises en démarrage, analyse Jean-Marc Fournier, président-directeur général de l’IDU.

Il estime que le taux d’inoccupation est préoccupant pour les gestionnaires immobiliers, puisqu’il affecte la rentabilité des immeubles, mais il est aussi un indicateur de l’impact de la crise sur l’économie.

Ce n’est pas non plus le meilleur moment pour vendre un condo au centre-ville. Les ventes de copropriétés neuves ont chuté de 53 % entre les périodes correspondantes de 2019 et 2020.

Le télétravail toujours la norme, mais moins populaire

Par ailleurs, le télétravail continue d’être la norme. Au quatrième trimestre de 2020, environ 70 % des travailleurs du centre-ville réalisaient leurs activités professionnelles à la maison plus de trois jours par semaine.

Une majorité des répondants à un sondage réalisé entre le 6 et le 14 janvier auprès de 1000 résidents de la région métropolitaine de Montréal indique vouloir continuer de télétravailler la majeure partie du temps après la pandémie.

Cela représente 67 % des répondants, une baisse de 9 points par rapport au deuxième trimestre de 2020.

Vue sur le centre-ville de Montréal.

Au quatrième trimestre de 2020, environ 70 % des travailleurs du centre-ville réalisaient leurs activités professionnelles à la maison plus de trois jours par semaine.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

La crise a normalisé le télétravail, analyse Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville.

La moitié des répondants (51 %) estiment que le télétravail rend les relations de travail plus difficiles, alors que 30 % considèrent qu’il complique la résolution de problèmes. Seulement 18 % et 17 % trouvent qu’il nuit à la créativité ou à la productivité.

Cette tendance au télétravail qui devrait perdurer dans une certaine mesure explique que certaines entreprises décident de déménager leurs locaux vers des espaces plus petits. C'est le cas de SAP Labs Canada, une entreprise de conception de logiciels.

Elle laissera derrière elle 100 000 pieds carrés de superficie dans des locaux pour bureaux du Vieux-Montréal pour s'installer Place Ville Marie, dans des locaux deux fois et demie plus petits.

Beaucoup de grandes métropoles du pays sont concernées par cette hausse du taux d'inoccupation. Dans la région de Calgary, ce taux d'élève à 22,9 %. Vancouver est plus épargnée avec un taux d'inoccupation de 9,7 %.

Montréal résiste

Toutefois, M. Castanheira estime que le centre-ville de Montréal ne s’en sort pas si mal, surtout par rapport à d'autres grandes métropoles, comme New York.

Lors d’un webinaire qui s’est tenu jeudi, il a indiqué que le centre-ville passe un mauvais quart d’heure, mais il tient bon. Les atouts qu’on a sont toujours existants. Les travailleurs veulent revenir au centre-ville. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’expérience au centre-ville.

Malgré les pires conditions qui nous affectent en ce moment, on a un avenir prometteur et on est encore très loin de la catastrophe.

Une citation de :Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville
Une femme pose avec un sac devant le magasin Simons au centre-ville de Montréal.

Les commerces souffrent beaucoup de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il faut dire que le fait que les travailleurs aient déserté le centre-ville a un impact sur les commerces. Le nombre de locaux commerciaux vacants a d’ailleurs grimpé de 5 % entre le printemps et l’automne dernier sur la rue Sainte-Catherine. On compte donc désormais 23 % de locaux commerciaux vacants.

Selon la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, 20 % des commerçants du centre-ville risquent de ne pas survivre à la pandémie, faute de clients.

Sans surprise, le tourisme, le secteur de l’hôtellerie et les musées subissent toujours les effets de la pandémie. Jean-François Grenier, directeur principal du Groupe Altus, rapporte que le taux d’occupation des hôtels en novembre 2019 était de 73 %, contre 12 % en novembre 2020. Des chiffres qui ont entraîné une baisse du prix de la nuitée : elle est passée en moyenne de 174 $ à 119 $.

La Ville de Montréal a annoncé en décembre un plan de 10 millions de dollars pour revitaliser le centre-ville, et le gouvernement Legault a aussi annoncé 50 millions sur deux ans pour les centres-villes de la province.

Avec les informations de Jean-Sébastien Cloutier

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