•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ces lieux qui ont façonné le rappeur D-Track

La série Artiste sous influence met en lumière les gens et événements qui ont façonné le parcours de créatrices et créateurs de la grande région de la capitale nationale.

David Dufour, alias D-Track, qui regarde vers la gauche.

David Dufour, alias D-Track, nous présente les événements qui ont profondément marqué le rappeur, slameur et musicien qu’il est aujourd’hui.

Photo : Yann Joby

Marika Bellavance

Deux lieux, et les soirées qui y sont associées, ont marqué le rappeur et slameur d’origine gatinoise David Dufour, mieux connu sous le nom de D-Track. Ces moments de rassemblement, devenus pour lui des lieux d’expression personnelle et d’exploration de créativité, ont fait de lui l’artiste qu’il est aujourd’hui.

Il y a tellement de gens [qui m’ont influencé] que j’ai de la misère à mettre le nom sur une seule personne, mentionne le rappeur. Mais je trouve que les lieux sont importants, parce que je suis un artiste de spectacle. J’ai commencé avec des micros, sur des scènes.

Le VIBE, là où tout a commencé

Quatre jeunes hommes devant la porte d'entrée d'un club.

D-Track, accompagné de Chris Haddad, Hans Bessett et Simon Grégoire devant l'entrée du VIBE.

Photo : Avec la gracieuseté de David Dufour

Adolescent, David Dufour se rend presque chaque semaine au VIBE, un club pour les jeunes autrefois situé sur le boulevard Saint-Joseph, à Hull, en face du Village Place Cartier. C’est à cet endroit — qui n’existe plus aujourd’hui — que le Gatinois s’initie au breakdance et assiste à ses premiers spectacles de rap et de hip-hop.

Au fil des années, plusieurs rappeurs foulent la scène du VIBE. C’est là que j’ai eu le goût d’écrire, parce que je voyais d’autres gens qui le faisaient. C’est grâce à ces événements-là que j’ai eu la piqûre pour devenir un artiste, fait valoir D-Track.

De spectateur, il devient donc créateur. Car c’est au VIBE qu’il monte sur scène pour la première fois. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était vraiment un coup de foudre, raconte-t-il.

David Dufour avec un micro.

D-Track en performance au club VIBE.

Photo : Avec la gracieuseté de David Dufour

La première fois qu’on m’a donné un micro pour rapper un texte sur une scène, avec un beat, et que j’ai entendu ma voix amplifiée dans un système de son, j’ai eu la chair de poule. À partir de ce moment-là, j’ai voulu continuer.

David Dufour, alias D-Track, rappeur et slameur gatinois

À l’âge de 15 ans, il assure notamment la première partie de Yvon Krevé et de Sans Pression, sur la scène du VIBE. C’est la première fois où j'ai réalisé que tu peux vraiment être très bon en tant que rappeur et représenter le joual québécois, souligne-t-il. C’est une grosse influence pour moi.

À l’époque, je ne connaissais pas beaucoup de rappeurs qui parlaient comme moi, en joual, renchérit-il. Les rappeurs québécois, on prenait un peu l’accent français, parce qu’on n’avait pas beaucoup d’autres références d’artistes qui rappaient avec leur personnalité.

C'est au VIBE que David Dufour rencontre aussi le rappeur et réalisateur montréalais El Verso, qui lui permettra d’enregistrer ses premières chansons en studio à Montréal.

Sans cet endroit, il ne serait pas l’artiste qu’il est aujourd’hui, confie-t-il. Je n’aurais pas pu commencer tout seul dans ma chambre, souligne-t-il. J’avais besoin d’un rassemblement social [pour me pousser à] embarquer moi aussi et montrer mes textes.

Le Troquet, ou l’initiation à l’art du slam

D-Track en performance sur scène.

D-Track en performance lors de l'événement SlamOutaouais en 2014.

Photo : Annie St-Jean

Bien que D-Track se considère davantage aujourd'hui comme un artiste hip-hop qu’un slameur, son parcours artistique n'aurait pas été le même sans le slam. Les rendez-vous du collectif SlamOutaouais, présentés au Troquet, dans le Vieux-Hull, lui donnent l'occasion d'apprendre à maîtriser cet art poétique.

Le rap et le slam, c’est deux univers, deux cultures différentes, explique l’artiste. Le rap, c’est de la musique; le slam, des événements poétiques sur scène où des gens font des textes a cappella.

En participant à ces soirées au Troquet, il a appris à naviguer entre les deux. Une autre facette de mon art s’est développée à travers ces scènes-là, fait-il valoir. C’est une autre manière d’écrire.

C’est en côtoyant des artistes d’autres scènes musicales, d’autres milieux, que j’ai pu découvrir un autre monde de l’écriture. Puis, ça s’est imprégné dans ma manière de créer des textes.

David Dufour, alias D-Track, rappeur et slameur gatinois

D-Track a d’ailleurs remporté le titre de champion québécois de slam, en 2013. Ce lieu-là [le Troquet] m’a amené à me dépasser d’une autre manière. Ça m’a ouvert énormément de portes, soutient le rappeur.

Le VIBE et le Troquet, c’est deux lieux sociaux qui m'ont amené sur différents chemins, conclut celui qui en a fait un tout.

Avec les informations de Mélanye Boissonnault

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !