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Opération réussie! Perseverance se pose avec succès sur Mars

Le rover de la NASA est le plus gros et le plus avancé jamais envoyé sur la planète.

La première image de la surface martienne prise par le robot Perseverance.

La première image de la surface martienne prise par le robot Perseverance.

Photo : NASA

Radio-Canada

Après avoir parcouru pas moins de 468 millions de kilomètres dans l'espace depuis son décollage en juillet 2020 du cap Canaveral en Floride, l'astromobile Perseverance de la mission Mars 2020 a été larguée avec succès à la surface de la planète Mars.

À la NASA, les responsables de la délicate opération, à laquelle a participé l’ingénieure québécoise en aérospatiale Farah Alibay, ont confirmé que l'engin spatial était arrivé à destination et en bon état dans le cratère Jezero, un peu au nord de l'équateur martien.

Atterrissage confirmé!, s'est exclamée Swati Mohan, responsable du contrôle des opérations. Dans la salle de contrôle du laboratoire Jet Propulsion, à Pasadena en Californie, les équipes présentes ont explosé de joie.

Les responsables de la mission du rover Perseverance de la NASA réagissent après avoir reçu la confirmation que le vaisseau spatial s'est posé avec succès sur Mars.

Le président américain Joe Biden suivait lui aussi l'événement. Sur Twitter, il a félicité l'équipe de la NASA. Aujourd'hui, nous avons prouvé une fois de plus qu'avec la puissance de la science et l'ingéniosité américaine, rien n'est hors du domaine du possible, a-t-il publié sur le réseau social.

L'une des premières activités de Perseverance a été de prendre des images de son lieu d’atterrissage et de les transmettre à la Terre. Bonjour le monde. Une première vue de la maison qui sera la mienne pour toujours, a tweeté le compte officiel du rover pour accompagner une première image en noir et blanc, sur laquelle on peut voir l'ombre du véhicule projetée au sol.

La NASA a publié une deuxième image quelques instants après la première, accompagnée du message Et un autre regard derrière moi. Bienvenue au cratère Jezero.

La deuxième image envoyée par Perseverance montre quelques détails du cratère Jezero.

La deuxième image envoyée par Perseverance montre quelques détails du cratère Jezero.

Photo : NASA

La descente et l'atterrissage de Perseverance étaient les étapes les plus risquées de la mission du véhicule spatial. Les responsables de la NASA les qualifient de sept minutes de terreur pour illustrer la tension qui leur est associée.

Après l'entrée du vaisseau dans l'atmosphère martienne à 20 000 km/h, les frictions avec l'air ont fait monter sa température jusqu'à 1300 °C. Le rover était protégé par un bouclier thermique qui n'a été largué qu'après l'ouverture d'un immense parachute supersonique.

Huit rétrofusées ont fini de le ralentir avant qu'il ne déploie ses six roues, et il s'est trouvé suspendu le long de câbles jusqu'au contact avec le sol.

Un atterissage réussi pour la NASA

Perseverance est de loin la mission robotique martienne la plus ambitieuse de la NASA à ce jour, qui vise scientifiquement à découvrir s'il y a eu de la vie sur Mars dans le passé.

Une citation de :Thomas Zurbuchen, NASA

Un cratère idéal

Jezero est l’endroit le plus difficile jamais choisi pour poser une sonde martienne. Ce cratère d'impact de 49 kilomètres de diamètre est pourtant idéal, puisqu'il abrite ce qui aurait été un ancien delta de rivière, un endroit parfait pour trouver des traces d’une possible ancienne vie microbienne sur Mars.

Illustration du rover sur Mars.

Illustration artistique montrant le rover Perseverance au fond du cratère Jezero.

Photo : NASA/JPL-Caltech

Dans les jours qui suivront, les responsables de la mission vérifieront l'état de santé du rover et déploieront son mât de télédétection afin qu'il puisse prendre davantage de photos. L'équipe prendra ensuite plus d'un mois pour inspecter minutieusement le rover et charger un nouveau logiciel de vol afin de préparer sa recherche d'une vie ancienne sur Mars.

Pendant la même période, l'équipe s'assurera que l'hélicoptère Ingenuity, qui accompagne le rover, est prêt pour son premier vol.

Vue artistique du rover Perseverance sur la surface accidentée de la planète rouge.

Le rover Perseverance est doté d'une foreuse pour prélever des échantillons à des endroits précis déterminés par des spécialistes. Il cherchera des preuves d'un environnement très différent de celui d'aujourd'hui, notamment des traces d'anciens cours d'eau.

Photo : JPL-Caltech

Repères

  • Perseverance est la troisième sonde humaine à atteindre Mars en quelques jours, après Al-Amal des Émirats arabes unis et Tianwen-1 de Chine.
  • Les sondes américaines Viking 1 et Viking 2 ont été les deux premières à atteindre la surface martienne en 1976.
  • Le robot américain Sojourner a été le premier engin à se déplacer sur le sol martien.
  • Les robots jumeaux américains Spirit et Opportunity se sont posés sur Mars en 2003 et 2004. Le premier a été actif jusqu’en 2009, et le second, jusqu’en 2019.
  • Le robot Curiosity, toujours de la NASA, s’est posé sur la planète en 2012. Il est toujours actif.
  • De nombreuses sondes se sont placées en orbite autour de Mars depuis les années 1960, dont certaines sont toujours en fonction, telles que Mars Reconnaissance (États-Unis), Mars Orbiter (Inde), MAVEN (États-Unis), EXOMARS (Europe et Russie) et Insight (États-Unis).

Une chorégraphie complexe

Réussir à poser sur Mars une astromobile n’était pas une mission de tout repos, en raison des caractéristiques géologiques de la planète. À ce jour, seulement 50 % de toutes les tentatives d'atterrissage précédentes ont réussi.

Les responsables de la mission du rover Perseverance se sont appuyés sur les leçons tirées des précédents atterrissages et ont utilisé de nouvelles technologies qui permettent à l'engin spatial de cibler son site d'atterrissage avec plus de précision et ainsi d'éviter les dangers de manière autonome pour réussir la délicate opération.

À la recherche de traces de vie sur la planète rouge

Profil technique de Perseverance

  • Le rover est de la taille d'une voiture (3 m de long pour 2,70 m de large).
  • Il est doté de six roues qui lui permettent de passer les rochers.
  • Il est équipé d'un miniréacteur nucléaire pour lui fournir son énergie.
  • Il n'est pas bâti pour la vitesse. Il ne doit parcourir que 200 mètres en moyenne par jour martien.
  • Il possède de nombreux capteurs et 23 caméras, pour la plupart haute définition et en couleurs.
  • Il est également équipé de deux capteurs sonores, deux oreilles qui lui permettront d'écouter les vents martiens.
  • Il est équipé de lasers qui permettront d'effectuer des analyses chimiques.
  • Il dispose d'un bras articulé long de 2,20 mètres et d'une foreuse pour pulvériser des échantillons de roche.
  • Il est accompagné d’un hélicoptère ultraléger.
Illustration montrant l'hélicoptère Ingenuity.

L'hélicoptère Ingenuity se déploiera à partir du rover Perseverance et effectuera une série de vols d'essai.

Photo : NASA

Un premier hélicoptère prêt à s'envoler

Ingenuity ressemble à un gros drone. Il ne pèse que 1,8 kg. Il est composé de quatre pieds, d'un corps et de deux hélices superposées. Il mesure 1,2 mètre d'un bout à l'autre d'une pale.

Les hélices tourneront à une vitesse de 2400 tours par minute (tr/min), soit environ cinq fois plus rapidement qu'un hélicoptère standard.

Ingenuity est équipé de panneaux solaires pour recharger ses batteries, une grande partie de l'énergie étant utilisée pour se réchauffer (il fait -90 °C la nuit sur Mars). Il peut également prendre des photos et des vidéos.

L'hélicoptère a été placé sous le rover Perseverance. Une fois arrivé sur Mars, il doit être largué sur le sol, et le rover doit rouler au-dessus de lui pour s'en éloigner.

Jusqu'à cinq vols de difficulté graduelle sont planifiés en l'espace d'un mois, au tout début de la mission. Il peut s'élever jusqu'à 5 m de hauteur et se déplacer jusqu'à 300 m, mais il ira bien moins loin pour le premier test.

Chaque vol peut durer jusqu'à une minute et demie. De plus, il volera de façon autonome : des commandes lui seront envoyées, mais ses nombreux capteurs l'aideront à se diriger.

Cette expérience est une mission de démonstration pour la NASA, puisqu’elle n'a pas d'objectif scientifique. Elle ne vise qu’à prouver qu'il est possible de voler sur Mars et de collecter des données sur le comportement d'un vaisseau sur une autre planète.

Conserver les échantillons

Perseverance collectera des échantillons du sol martien, destinés à un retour sur Terre. Dans un premier temps, les échantillons seront transférés à l'intérieur du rover pour être hermétiquement scellés dans des tubes qui seront laissés sur place en attendant qu'une future mission martienne les récupère.

Lors de cette future mission américano-européenne, ces échantillons de roches seront placés dans une sonde qui sera mise en orbite autour de Mars. Ces échantillons auront alors rendez-vous avec un orbiteur qui les rapportera sur Terre vers 2031.

Trouver des traces de vie passée

Comme cela a été le cas pour les missions passées, le principal objectif de Perseverance est de trouver des traces de vie passée sur Mars. À ce jour, les indices recueillis laissent à penser que, il y a plus de 3 milliards d'années, la planète était plus chaude et couverte de rivières et de lacs, des ingrédients nécessaires à la naissance de la vie.

Le delta du cratère Jezero sur Mars.

Le delta du cratère Jezero sur Mars

Photo : NASA

Nous cherchons vraisemblablement une forme de vie très primitive, pas des formes avancées comme des ossements ou des fossiles de fougères, explique Ken Farley, scientifique au Caltech.

Pas moins de 350 géologues, géochimistes, astrobiologistes, spécialistes de l'atmosphère et autres scientifiques du monde entier participent à la mission, qui durera au moins deux ans et sans doute beaucoup plus longtemps si l'on se fie à l'expérience des précédents robots, très endurants.

Des Canadiens participent à la mission

La Québécoise Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale à la NASA, fait partie de l’équipe composée d’une centaine de personnes qui prendront part au pilotage de l’engin sur la planète.

Dans le fond, ma job, c'est d'être sûre qu'on ne perde pas le robot sur la surface de Mars, a-t-elle résumé mercredi en entrevue avec Patrice Roy au Téléjournal Grand Montréal.

Farah Alibay sourit pendant qu'elle se fait prendre en photo.

Le robot mobile Perseverance sur Mars

Photo : Courtoisie/Farah Alibay / Dan Goods

Mais pour elle, la mission de Perseverance ne se limite pas à ses impératifs techniques et scientifiques.

Est-ce qu'il y a de la vie ailleurs que sur la Terre? C'est une question existentielle qu'on se pose depuis des centaines d'années, rappelle Mme Alibay. Est-ce qu'on est tout seuls? Est-ce qu'il y a de la vie ailleurs dans le système solaire? Est-ce qu'il y a de la vie ailleurs dans l'Univers?

Et si on trouve qu'il y a eu de la vie sur Mars à un certain moment donné, poursuit-elle, les prochaines questions seront : est-ce que c'est la même vie qu'il y a eu sur la Terre? D'où est-ce que ça vient? Comment ça s'est développé? Pourquoi ça a changé?

Ce sont des questions scientifiques très pures, admet-elle. Mais ça répond aussi à une question humanitaire de savoir : d'où est-ce qu'on vient? C'est quoi notre place?

Un autre Canadien travaillera d'ailleurs à trouver des indices de vie ancienne sur Mars. Le professeur Chris Herd, de l’Université de l’Alberta, a été choisi pour être l’un des deux scientifiques responsables des échantillons que Perseverance récoltera dans les prochains mois.

Portrait de Chris Herd.

Chris Herd concentrera toute son attention sur la planète Mars.

Photo : Université de l'Alberta / John Ulan

Avec les informations de Agence France-Presse

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