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Le Texas retrouve peu à peu le courant, mais fait face à une crise de l'eau

Une femme transporte des bouteilles d'eau qu'elle a reçues d'un refuge.

Une citoyenne de Galveston transporte des bouteilles d'eau qu'elle a reçues d'un refuge.

Photo : Reuters / ADREES LATIF

Même si la situation s'améliore, des centaines de milliers de Texans sont toujours privés d'électricité et de chauffage après le passage d'une tempête qui s'est abattue sur une partie des États-Unis, mais qui n'a pas empêché le sénateur de cet État, Ted Cruz, de s'envoler pour le Mexique.

Les équipes sont encore à l'œuvre pour tenter de rétablir le courant avant qu'une nouvelle tempête ne vienne s'abattre sur des régions comme le Texas, l'Arkansas et la vallée du Mississippi, qui ne sont tout simplement pas équipées pour faire face à de telles intempéries.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a demandé au président Joe Biden une déclaration de catastrophe majeure pour son État, qui permettrait aux résidents de réclamer une aide individuelle à l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA).

Dimanche soir, le président Biden a approuvé la déclaration d'urgence du Texas, ce qui a ouvert la voie à une assistance fédérale à l'État, qui a de loin été le plus touché par les pannes de courant causées par le gel et le verglas.

Au cours d'une conférence de presse en après-midi, le gouverneur Abbott a affirmé que près de 2 millions de Texans avaient retrouvé l'électricité depuis la veille.

Vers 21 h 30, jeudi, près de 300 000 clients restaient sans chauffage et dans le noir, selon le site PowerOutage.us qui inclut les entreprises dans son bilan. Au plus fort de la crise, lundi, 4,3 millions de foyers et d'entreprises se sont retrouvés sans électricité, selon le site.

Un résident du Texas, dans sa cour, se prépare à manger sur son barbecue.

Près de 300 000 clients du réseau électrique du Texas attendent toujours de recouvrer le courant.

Photo : Reuters / MIKALA COMPTON

Une situation inacceptable, a accusé le gouverneur, qui a blâmé l'exploitant du réseau électrique de l'État, l'Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), et promis des réformes.

Cinq jours avant la tempête hivernale, le PDG d'ERCOT a affirmé, je cite : "Nous sommes prêts à affronter les températures froides qui s'annoncent", a-t-il dit.

L'exploitant a assuré au public qu'il y aurait suffisamment d'électricité pour répondre à la demande de pointe cet hiver, a-t-il insisté. ERCOT a échoué sur chacune des mesures qu'il a dit avoir prises. Greg Abbott a spécifié avoir demandé à l'Assemblée législative de l'État d'enquêter pour comprendre les ratés avant et pendant la tempête.

Les Texans méritent des réponses sur les raisons de ces défaillances et sur la manière dont elles vont être corrigées, et les Texans obtiendront ces réponses.

Greg Abbott, gouverneur du Texas

La situation au Texas aurait pu être encore bien pire qu'elle ne l'est, a de son côté soutenu jeudi le PDG d'ERCOT, Bill Magness.

Défendant sa décision de déclencher des pannes tournantes, il a affirmé que le système électrique avait été à quelques secondes ou minutes d'un effondrement qui aurait plongé les Texans dans le noir pendant des mois.

Une crise de l'eau

Si le rétablissement du courant s'annonce encourageant, les habitants du Texas font cependant face à une autre difficulté : des centaines de milliers de foyers et d'entreprises doivent composer avec les effets des bris de canalisations, après plusieurs journées d'un froid sans précédent.

Le gouverneur Abbott a demandé aux résidents de couper l'alimentation en eau de leur maison, quand c'est possible, pour empêcher l'éclatement d'autres conduites et protéger la pression dans les réseaux municipaux.

Les responsables de l'État ont en outre ordonné à sept millions de personnes – soit le quart de la population du deuxième État américain le plus peuplé – de faire bouillir l'eau avant de la boire.

File de voitures sur une route enneigée.

Des gens font la queue pour ramasser du bois de chauffage dans un centre ouvert au public, le mercredi 17 février 2021, à Dallas.

Photo : Associated Press / LM Otero

La situation est également préoccupante en Louisiane. Le gouverneur John Bel Edwards a annoncé sur Twitter que Joe Biden avait acquiescé à sa demande de déclarer l'état d'urgence.

Quelque 125 000 Louisianais sont toujours sans électricité, a-t-il indiqué au cours d'une conférence de presse. Un million de personnes sont en outre privées d'eau potable.

Plus de 100 millions d'Américains sont actuellement sous le coup d'avertissements, de veilles ou d'alertes de temps hivernal.

Les intempéries des derniers jours ont fait au moins une trentaine de morts, de façon directe ou indirecte, selon le bilan du Washington Post.

Certaines victimes ont perdu la vie en tentant de se réchauffer. Dans la région de Houston, une famille a succombé aux émanations provenant de la voiture qui était en marche dans leur garage. Une autre famille a perdu la vie lors d'un incendie qui aurait été causé par un foyer qu'elle utilisait pour se tenir au chaud.

Les pannes causées par le mauvais temps sont particulièrement longues dans l'Oregon, où certains clients sont privés d'électricité depuis près d'une semaine. Un responsable local a décrit une situation sans précédent et a refusé de prédire à quel moment tous les foyers seraient rebranchés.

Des pannes tournantes ont été mises en place du Minnesota jusqu'au Texas, pour alléger la pression sur le réseau électrique. On a décrit une solution de dernier recours pour préserver l'intégrité du réseau entier.

Le mauvais temps a aussi interféré avec l'approvisionnement en eau de villes du sud des États-Unis, comme La Nouvelle-Orléans et Shreveport, où les pompiers ont été appelés à livrer de l'eau potable à plusieurs hôpitaux, selon la télévision locale.

Les déplacements demeurent compliqués presque partout aux États-Unis, en raison de routes dangereuses et de l'annulation de milliers de vols. Plusieurs établissements scolaires ont annulé ou reporté la rentrée en personne.

Ted Cruz dans l'eau chaude

Ted Cruz porte un bagage à roulettes à l'aéroport de Cancún.

Le sénateur Ted Cruz, photographié à l'aéroport de Cancún.

Photo : Reuters / Reporter local

Un illustre voyageur a cependant réussi à quitter le pays mercredi : le sénateur Ted Cruz, dont le départ pour le Mexique a provoqué un tollé alors que des centaines de milliers de citoyens de son État, où l'état d'urgence a été déclaré, restaient privés d'électricité et de chauffage.

Depuis mercredi soir, des photographies le montrant à l'aéroport de Houston et dans un avion en direction de Cancún ont circulé sur les réseaux sociaux.

L'équipe du sénateur du Texas n'a initialement pas répondu aux questions des médias cherchant à corroborer l'information, mais le sénateur a confirmé jeudi après-midi son déplacement dans un communiqué annonçant son retour au pays.

L'école étant annulée pour la semaine, nos filles ont demandé à faire un voyage avec des amis. Voulant être un bon papa, j'ai pris l'avion avec elles hier soir et je reviens cet après-midi.

Ted Cruz, sénateur du Texas

Comme des millions de Texans, notre famille a aussi été privée de chaleur et d'électricité, a-t-il déclaré, assurant que lui et son équipe avaient été en communication constante avec les dirigeants locaux et de l'État.

Le sénateur, qui portait un masque aux couleurs du drapeau du Texas lorsqu'il a été photographié à l'aéroport de Cancún, jeudi, est maintenant rentré au pays.

Interviewé par les journalistes à son retour, il a reconnu que son voyage était de toute évidence une erreur et a ajouté qu'avec le recul il ne prendrait pas la même décision. J'essayais d'être un [bon] père, a-t-il soutenu, invoquant le fait que ses filles avaient froid depuis deux jours.

Partir alors que tant de Texans souffraient ne m'a pas semblé correct, et j'ai donc changé mon vol de retour et pris le premier vol disponible, a-t-il affirmé, ajoutant toutefois qu'il comptait travailler.

Il a dit avoir passé jeudi matin un test de dépistage du coronavirus, dont le résultat était négatif, puis avoir pris un vol en après-midi.

Son voyage à une période où les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) déconseillent tous les déplacements en raison de la pandémie constitue l'autre élément controversé de son escapade.

Les CDC recommandent en outre d'éviter tout voyage au Mexique, où le risque est évalué au niveau 4, le plus haut niveau d'alerte de l'agence.

Selon les directives du CDC, M. Cruz devrait maintenant se mettre en quarantaine rester chez lui pendant sept jours et se faire tester trois à cinq jours après son arrivée aux États-Unis.

Des textos écrits par son épouse à des amis et à des voisins et obtenus par le New York Times montrent que le voyage a été organisé à la hâte. Quelqu'un peut ou veut partir pour la semaine? C'est possible que nous allions à Cancún, a-t-elle écrit mercredi, en se plaignant de geler dans le domicile familial.

Selon CBS News, la date du vol de retour de l'élu républicain a été changée jeudi matin.

Même avant le départ du sénateur, ses détracteurs sur les réseaux sociaux le prenaient pour cible en raison d'un tweet qu'il avait lui-même publié l'été dernier, quand il avait critiqué le gouverneur démocrate de la Californie pour avoir demandé aux habitants d'économiser l'électricité pendant une vague de feux de forêt meurtriers.

La Californie est incapable de remplir ne serait-ce que les fonctions fondamentales de la civilisation, avait-il écrit, en s'en prenant à la politique énergétique ratée de l'État et des démocrates.

Avec la collaboration de Valérie Boisclair

Avec les informations de New York Times, Associated Press, Dallas Morning News, et Washington Post

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