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Paradoxe pandémique : quand chômage et pénurie de main-d’œuvre cohabitent

Des candidats attendent pour une entrevue assis en rangée.

La proportion de chômeurs de longue durée a plus que doublé en une année au Québec. Ces gens représentent maintenant le quart de tous les chômeurs de la province.

Photo : iStock

La pandémie a révélé une foule de curiosités. Parmi les plus préoccupantes pour l’économie, l’Institut du Québec compte celle de la cohabitation d’un nombre de chômeurs élevé, malgré un retour à la pénurie de main-d'œuvre.

Dans un rapport à être dévoilé jeudi sur l’emploi au Québec en 2020, le groupe de réflexion s’inquiète du nombre important de travailleurs qui sont passés d’un chômage ponctuel à une situation plus permanente. Il s’agit de chômeurs de longue durée, qui sont sans emploi depuis plus de 27 semaines, et dont la proportion a doublé en une année pour représenter le quart des 304 300 chômeurs.

Ce n’est pas négligeable, souligne sa présidente-directrice générale, Mia Homsy, en entrevue. Son rapport rappelle que l’érosion des compétences et la perception négative du chômage de longue durée par les employeurs sont des facteurs qui contribuent à aggraver le chômage de longue durée.

S’il est impossible de savoir très exactement dans quels secteurs œuvraient autrefois ces personnes, tout indique que nombre d’entre eux étaient issus des secteurs durement touchés par les confinements dont le plus grand perdant de cette crise, l’hébergement et la restauration.

« Beaucoup de monde attend que l’activité reprenne, mais je suis de celles qui pensent qu’on peut faire beaucoup mieux et qu’il est dangereux de croire que tout peut redevenir comme avant. »

— Une citation de  Mia Homsy, pdg, Institut du Québec

La Prestation canadienne d’urgence, devenue la Prestation canadienne de relance économique, a certes pu décourager des chômeurs d’intégrer le marché du travail. Ce qui fait dire à Mia Homsy que les aides devraient être plus axées sur la formation des compétences et qu’elles devraient intégrer des incitatifs pour ce que soit plus tentant d’entreprendre une formation, notamment en lien avec les compétences numériques.

Elle insiste sur le fait que le danger de la pandémie est qu’on échappe des gens.

D’ailleurs, le Québec comptait en décembre 56 300 personnes de moins dans la population active par rapport à 2019. Ces disparus du marché du travail, qui ne sont plus à la recherche d’emploi, sont majoritairement des jeunes hommes de 15 à 24 ans et des travailleuses de 55 ans et plus.

En décembre 2020, le Québec avait retrouvé 97,1 % de ses emplois par rapport à une année plus tôt. Après avoir connu un sommet historique de 17,2 % en avril, le taux de chômage se situait quant à lui à 6,8 %, soit 3,1 points de pourcentage de plus qu’à pareille date en 2019.

Des risques pour la relance économique

Ensemble, les chômeurs pandémiques et les découragés pourraient se voir de plus en plus marginalisés.

L’Institut du Québec estime qu’ils devraient constituer la priorité pour une relance juste et inclusive, d’autant plus que le manque de main-d'œuvre dans certaines industries [comme la santé et les technologies de l’information] et régions pourrait s’avérer un frein à la reprise et aux investissements. Ajoutons que le vieillissement de la population demeure toujours un problème d’actualité.

Le ratio de chômeurs par poste vacant se rapprochait de 2 à la fin de l’année, tandis qu’il était de 1,7 à la fin de 2019, signe que le marché du travail demeure malgré tout vigoureux. Par comparaison, ce ratio avait atteint une pointe de 6,8 il y a 5 ans.

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