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Services en français : Winnipeg ne respecte pas les obligations de sa propre Charte

L'hôtel de ville de Winnipeg.

Selon le rapport de la gestionnaire des services en français, la Ville de Winnipeg ne répond pas aux critères de sa charte dans de nombreux domaines concernant les services en français.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

La Ville de Winnipeg respecte moins de la moitié des obligations imposées par sa Charte en matière de services en français, selon un rapport présenté mercredi au Comité exécutif.

Le rapport, préparé par Nicole Young, la gestionnaire des services en français de la capitale manitobaine, permet d’avoir une vue globale des obligations de la Ville en matière de services en français. Or, selon son analyse, Winnipeg ne répond aux critères imposés par sa Charte (Nouvelle fenêtre) (qui régit son fonctionnement et ses obligations) que dans 39 % des services qu’elle offre à sa population.

On ne répond pas à la moitié de nos obligations, dit Nicole Young.

Le rapport, sur lequel Nicole Young a travaillé pendant un an, passe au crible chaque article de la Charte ayant trait aux services en français et évalue si la Ville respecte cette dernière dans diverses catégories de services.

Ce qui nous a surpris, c’est le nombre de choses qu’on fait sans que ce soit une obligation et le nombre de choses qu’on ne fait pas alors que ça devrait être une obligation, reconnaît Nicole Young.

Pas de services d’urgence bilingues

Le rapport mentionne ainsi le fait que la Ville n’offre pas de services d’urgence (police, pompiers, ambulance) dans les deux langues. Pourtant, elle a normalement l’obligation de le faire, notamment dans certains quartiers, selon l’article 460 (2) de sa Charte.

De même, d’autres services moins urgents ne sont pas fournis en français, alors qu’ils devraient l’être, toujours selon la Charte. C’est le cas, par exemple, du droit à toute personne d'obtenir, dans la langue officielle de son choix et dans un délai raisonnable après en avoir fait la demande, les services municipaux qui sont offerts dans n'importe quel bureau de la ville situé à l'hôtel de ville (art. 454 (1)).

Un portrait de Nicole Young.

Nicole Young, a travaillé près d'un an sur ce rapport.

Photo : Radio-Canada

Si certains services ne sont pas offerts, c’est pas forcément à cause d’un manque de volonté ou de ressources, mais parce qu’on ne fonctionne plus comme c’était le cas avant, précise Nicole Young.

Il est vrai que la Charte de Winnipeg se base sur le fonctionnement de l’administration municipale en 1971 et que certains types de communication ne sont pas couverts par la Charte. De même, les limites des quartiers mentionnés dans celle-ci n’ont pas non plus été actualisées. Ainsi, Nicole Young explique que, selon la Charte, Waverley devrait faire partie du District Riel car, à l’époque, Waverley faisait partie de Saint-Norbert.

Une des choses qu’on a remarquées, c’est qu’il y a beaucoup de choses qui ont changé dans le processus des services et on ne les donne plus de la même façon.

Une citation de :Nicole Young, gestionnaire des services en français à la Ville de Winnipeg

Un portrait clair pour la suite

Ce document doit être utilisé dans l’élaboration d’une stratégie sur les services en français à plus long terme. Je pense que c'est un portrait clair et que cela va nous permettre de mieux saisir comment on offre le service à la communauté francophone, dit Nicole Young, qui estime que cela pourrait passer par des réaffectations d’employés bilingues au sein de l’administration municipale.

Elle espère aussi recevoir plus de réponses de la part des services afin qu’ils lui disent s’il y a besoin de changer le règlement, ou peut-être même la Charte.

Au moins, les élus sont maintenant au courant de ce qu’on est censé faire et j’espère qu’ils pourront être mieux informés lorsqu’ils devront prendre des décisions, et que personne ne sera surpris.

Écoutez l’entrevue de Guy Jourdain, directeur général de l'Association des juristes d'expression française du Manitoba, au sujet des obligations linguistiques de la Ville de Winnipeg.

Pas une surprise

Les conclusions du rapport ne sont pas une grande surprise pour le directeur général de la Société de la francophonie Manitobaine, Daniel Boucher.

Il déplore aussi le fait que la Ville n’offre pas de services d’urgence dans les deux langues. C’est très problématique et ça fait plusieurs années qu’on le dit, mais des progrès ont été accomplis, souligne-t-il.

Il estime aussi que la modernisation de la Charte de la Ville est essentielle pour y inclure les nouvelles technologies de communication et prendre en compte les changements démographiques de la population francophone, qui ne réside plus uniquement dans le District Riel.

Ce dernier point est important pour Stéphanie Rouet, une francophone qui habite à Wolseley, notamment en ce qui concerne les services de police, d’incendie et d’ambulance.

Si on appelle la police et qu'ils ne parlent pas ta langue, ça veut juste dire que les gens sont laissés tout seuls, à eux-mêmes, dit-elle.

De son côté, le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard, estime que certaines obligations énoncées dans la Charte sont compliquées et manquent de clarté.

Dans un courriel, il souligne qu'elles ont été imposées il y a des décennies et relève qu'elles ne reflètent plus les priorités des francophones. Il estime cependant que ce rapport aidera la Ville  à développer un plan sur les services en français d'ici la fin de l’année.

Avec des informations de Chloé Dioré de Périgny

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