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Mort de Cindy Gladue : la question du consentement au centre des plaidoiries finales

Avertissement : ce texte pourrait choquer certains lecteurs.

Cindy Gladue.

Cindy Gladue, une femme métisse mère de trois enfants, a été trouvée morte dans une chambre du Yellowhead Inn en 2011. (archives)

Photo : Facebook: Cindy Gladue

La défense a tenté une dernière fois de convaincre le jury que Bradley Barton croyait avoir une relation sexuelle consensuelle avec Cindy Gladue, qu'il n'avait pas l’intention de la blesser et encore moins de la tuer.

Bradley Barton a offert de l’argent à Cindy Gladue pour avoir des relations sexuelles avec elle pendant deux nuits en 2011. Lors de la deuxième nuit, la jeune mère métisse a été grièvement blessée.

Les autorités l’ont trouvée morte au bout de son sang le lendemain. Bradley Barton est accusé d’homicide involontaire dans cette affaire.

La Couronne n’a pas beaucoup de faits, elle a des théories, soutient l’avocat de Bradley Barton.

Dans sa plaidoirie finale, Me Dino Buttos a rappelé aux jurés que pour condamner son client, ils ne doivent pas seulement estimer que sa version des faits est improbable, mais qu’elle est impossible hors de tout doute raisonnable.

Des doutes raisonnables existent, soutient la défense

Même si Cindy Gladue avait une alcoolémie d’environ 0,34 g/l, la défense soutient qu’il est possible qu’elle ait une grande tolérance à l’alcool et qu’elle ait donc été en état de consentir à une relation sexuelle.

La limite qu’impose la loi est celle de l’incapacité. Un consentement en état d’ébriété est quand même un consentement, plaide Me Buttos.

Bradley Barton et Cindy Gladue marchant dans un corridor.

Une capture d'écran d'une caméra de sécurité à l'intérieur de l'hôtel. On y voit Bradley Barton et Cindy Gladue le soir du 20 juin 2011, la veille de la mort de la femme de 36 ans.

Photo : Cour du Banc de la Reine

L’avocat a aussi demandé aux jurés de ne pas être fermés d’esprit à propos du type de sexualité que d’autres peuvent apprécier et de ne pas assumer que la relation n’était pas consensuelle parce qu’elle était brutale.

M. Barton a témoigné qu’il avait enfoncé cinq doigts dans le vagin de Mme Gladue, au-delà des jointures, pendant plusieurs minutes. Quand il les a retirés, il a vu du sang.

Il dit qu’il a cru que cette dernière avait ses menstruations et que, lorsqu'elle est allée à la salle de bains, il s’est endormi. Il affirme qu’il a trouvé son corps inanimé à son réveil.

L’autopsie a révélé qu’il y avait une déchirure de 11 centimètres dans la paroi vaginale de Cindy Gladue, qui a causé une hémorragie mortelle.

L'accusé connaissait les risques, dit la Couronne

La Couronne affirme que M. Barton avait l’intention de causer des lésions corporelles graves à Cindy Gladue, ou du moins qu’il savait que cela risquait d’arriver.

Le procureur rappelle que l’historique de recherche de M. Barton a révélé qu’il avait cherché des images pornographiques pour vagins déchirés.

Il affirme que le récit de M. Barton concernant le déroulement de la relation sexuelle n’est pas plausible.

D’abord, parce que les actes de Mme Gladue, qui, selon l’accusé, témoignait de son consentement enthousiaste, ont été qualifiés de physiologiquement impossibles par un expert de la Couronne.

La blessure subie par la jeune femme était par ailleurs si grave que, selon la Couronne, il est extrêmement difficile de croire M. Barton quand il dit qu’elle n’a jamais montré de signes de détresse ou de douleur.

Enfin, la Couronne rappelle qu’il y avait beaucoup de sang dans le lit et énormément dans la baignoire, mais pas sur le plancher. Cela indiquerait que Cindy Gladue n’a certainement pas marché d’un endroit à l’autre.

La seule conclusion raisonnable, dit le procureur, est que M. Barton a immédiatement vu que Cindy Gladue était grièvement blessée, qu’il l’a transportée jusqu’à la baignoire et qu’il l’a laissée se vider de son sang avant de, finalement, appeler les autorités le lendemain.

Il n’a pas manqué de rappeler que M. Barton a menti à plusieurs reprises à propos de cette soirée. Il a d’abord prétendu qu’il ne connaissait pas Cindy Gladue et que celle-ci avait demandé à utiliser sa douche et que c’est pourquoi elle était dans sa baignoire.

Et il vous demande maintenant de le croire sur parole que Mme Gladue participait avec plaisir à cette activité sexuelle qui lui a déchiré le vagin, a ajouté la Couronne à l’intention du jury.

Selon elle, même si Cindy Gladue avait consenti à une relation sexuelle, elle n’a pas certainement pas consenti à un traitement aussi brutal.

La défense soutient que Mme Gladue avait peut-être des antécédents médicaux qui auraient contribué à sa blessure.

Me Buttos a rappelé qu’elle fumait et qu’elle présentait des signes de mauvaise nutrition, deux facteurs qui peuvent fragiliser les parois vaginales, d’après certains experts.

Il assure par ailleurs que M. Barton n’a pas un vocabulaire très étendu et qu’il a confondu les mots étiré et déchiré en faisant des recherches sur Internet.

Le juge Stephen Hillier donnera ses instructions au jury jeudi.

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