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Plus de 130 pays n'ont pas reçu une seule dose de vaccin, souligne l’ONU

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, portant un masque.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a relevé le fait que 75 % des doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées par seulement 10 pays.

Photo : Reuters / EDUARDO MUNOZ

Agence France-Presse

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont lancé mercredi des appels à un effort mondial coordonné pour vacciner contre la COVID-19, avertissant que les inégalités béantes dans les efforts initiaux mettent la planète entière en danger.

Lors d'une rare visioconférence ministérielle consacrée à la santé, un domaine non habituellement du ressort du Conseil de sécurité, plusieurs chefs de la diplomatie ont réclamé davantage d'unité face à un fléau mondial.

Le monde a urgemment besoin d'un plan mondial de vaccination pour rassembler tous ceux qui ont la puissance, l'expertise scientifique et les capacités de production et financières requises, a souligné en introduction le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Le G20 [rassemblant les vingt plus puissantes économies de la planète] est bien placé pour établir un groupe de travail d'urgence chargé de préparer un tel plan mondial de vaccination et de coordonner sa mise en œuvre et son financement, a-t-il ajouté, en estimant aussi que le G7, sous présidence britannique et dont un sommet est prévu vendredi, peut créer l'élan nécessaire pour mobiliser les ressources financières.

Parmi les 15 membres du Conseil de sécurité figurent les plus gros producteurs de vaccins : États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et Inde.

Il ne faut pas qu'il y ait de laissés pour compte

Plusieurs ministres, comme le Chinois Wang Yi ou le Britannique Dominic Raab, ont réclamé plus de solidarité et de coopération.

Nous devons nous considérer comme une équipe travaillant contre une menace mortelle, a souligné Dominic Raab, organisateur de la session au titre de président du Conseil de sécurité en février.

Nous luttons contre une pandémie mondiale et il ne faut pas qu'il y ait de laissés pour compte, a-t-il insisté.

Si on laisse le virus se propager comme une traînée de poudre dans les pays du Sud, il mutera encore et encore avec de nouveaux variants plus transmissibles, plus mortels qui menaceront potentiellement l'efficacité des vaccins, a aussi averti le secrétaire général de l'ONU.

Cela peut prolonger considérablement la pandémie, permettant au virus de revenir pour ravager le Nord, a-t-il dit.

Le chef de l'ONU a dénoncé des progrès en matière de vaccination extrêmement inégaux et injustes.

Dix pays seulement ont administré 75 % de tous les vaccins COVID-19. Pendant ce temps, plus de 130 pays n'ont pas reçu une seule dose.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU

Le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard Casaubon s'en est aussi pris à une injustice et à une fracture de plus en plus profonde entre quelques pays riches qui s'accaparent les vaccins et les autres.

Nous appelons les producteurs de vaccins à travailler de bonne foi, a aussi réclamé Ralph Gonsalves, premier ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, le plus petit État à avoir jamais siégé au Conseil de sécurité.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a annoncé que les États-Unis allaient verser avant la fin du mois plus de 200 millions de dollars à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

C'est un pas en avant essentiel dans le respect de nos obligations financières à l'égard de l'OMS et il reflète notre engagement renouvelé à faire en sorte qu'elle bénéficie du soutien dont elle a besoin pour mener la réponse mondiale à la pandémie, a-t-il déclaré.

Plaidoyer pour la vaccination

Parmi les autres intervenants, Jagan Chapagain, secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a alerté sur le fait que la méfiance tue.

Lorsque la science n'est pas seulement ignorée, mais ridiculisée, lorsque la décision de porter des masques devient controversée et que le web est rempli de rumeurs absurdes, la confiance dans les efforts considérables déployés pour arrêter la pandémie est gravement compromise, a-t-il mis en garde à l'intention de ceux qui refuseraient une vaccination.

Henrietta Fore, directrice de l'agence onusienne UNICEF, a affirmé que dans cet effort historique, nous devons inclure les millions de personnes qui vivent ou fuient les conflits et l'instabilité.

Selon Dominic Raab, il s'agit de plus de 160 millions de personnes. Il a annoncé le dépôt à l'ONU d'un projet de résolution pour réclamer un cessez-le-feu temporaire dans les zones de conflit que Londres espère voir adopter prochainement.

L'an dernier, il avait fallu plus de trois mois au Conseil de sécurité, bloqué par une rivalité sino-américaine, pour adopter sa première et seule résolution à ce jour sur la pandémie, qui appelait déjà à un cessez-le-feu général pour faciliter la lutte contre la pandémie.

Les ministres indien et chinois ont annoncé que leurs pays allaient fournir des vaccins pour les Casques bleus. En dénonçant le nationalisme vaccinal, le chef de la diplomatie indienne, S. Jaishankar, a précisé que son pays allait donner 200 000 doses pour les Casques bleus.

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