Nomination controversée à TFO : le futur vice-président retire sa candidature
La nomination de Barak Queija au conseil d'administration du Groupe Média TFO avait fait sourciller l'opposition à Queen's Park.
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La façade de l'immeuble du Groupe TFO
Photo : Radio-Canada / Mathieu Simard
Le conseiller financier Barak Queija avait été choisi par le gouvernement Ford pour devenir le prochain vice-président du conseil d'administration du Groupe Média TFO. Or, après une audience devant les députés provinciaux pour confirmer sa nomination, le candidat s'est désisté.
Barak Queija a retiré sa candidature mercredi après-midi, a confié une source gouvernementale. Le poste de vice-président demeure donc vacant et le ministère de l'Éducation reprend le processus pour le combler.
Barak Queija, qui se décrit comme francophile, avait été malmené par les députés d'opposition lors de la séance du Comité permanent des organismes gouvernementaux du 16 février. Les députés néo-démocrates lui ont reproché son manque de connaissances des enjeux francophones en Ontario.
À plusieurs reprises lors de l'audience, Barak Queija a répété qu'il ne souhaitait pas parler de politiques francophones. Il préférait plutôt aborder ses expériences passées, notamment son implication au sein de la fraternité Sigma Chi, alors qu'il était étudiant à l'Université McGill.
« Je ne suis pas ici pour parler des droits des minorités et de tout le reste. Je suis ici pour parler de mes qualifications pour la responsabilité du rôle. »
Il a aussi expliqué avoir été approché par le ministère de l'Éducation en raison de ses qualifications et de ses compétences en gestion. M. Queija est aussi impliqué au sein du Réseau des exécuteurs testamentaires certifiés.
La préservation de la langue est à la base de la raison pour laquelle TFO existe et je m'attends à ce que toute personne qui fait partie de ce conseil d'administration partage cette passion. Nous nous efforçons de nommer des personnes qui partagent cette passion
, a laissé savoir le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce.
Une petite amie canadienne-française
Barak Queija est détenteur d'un baccalauréat en informatique avec une mineure en administration. Enfant, il était inscrit dans un programme d'immersion française, de la maternelle à la 12e année.
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Pendant la séance du Comité permanent des organismes gouvernementaux, Barak Queija a raconté avoir pu parfaire sa connaissance de la langue française et de la communauté francophone
lorsqu'il était à Montréal et qu'il entretenait une relation amoureuse avec une Québécoise.
La seule langue que nous parlions à la maison était le français. Son colocataire était aussi francophone, et je parlais tout le temps en français
, a-t-il expliqué.
« Je dirais que mon expérience de vie au Québec m'a aidé à comprendre la culture française. »
La séance du comité a laissé les députés d'opposition sur leur faim. Ils auraient préféré que Barak Queija n'esquive pas leurs questions, et qu'il parle davantage des luttes historiques des Franco-Ontariens, plutôt que d'offrir des détails sur sa vie personnelle au Québec.
Il a carrément refusé de répondre aux questions des députés sur les enjeux de la francophonie ontarienne et il a plutôt marmonné quelque chose sur sa vie personnelle
, a indiqué le porte-parole de l'opposition en matière d'Affaires francophones, Guy Bourgouin.
« Je pense que c'est une insulte à la francophonie, c'est un grand manque de respect de la part du gouvernement. »
Mardi, le NPD demandait déjà au gouvernement Ford de révoquer la nomination de Barak Queija.
Une nomination partisane?
Barak Queija a confirmé avoir contribué financièrement à la campagne de Caroline Mulroney, alors qu'elle était candidate dans la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario. Selon le registre d'Élections Ontario, il a fait un don de 1222$ en 2018.
Barak Queija a aussi contribué à la caisse du parti en 2017, puis a fait des dons à l'association conservatrice dans la circonscription de Spadina—Fort York la même année.
Le bureau de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n'a pas voulu commenter le dossier. Le Groupe Média TFO a redirigé toutes nos questions vers le ministère de l'Éducation.