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Sondage : une majorité en faveur de contrôles routiers entre Ottawa et Gatineau

Des policiers parlent à des automobilistes sur le pont, entourés de cônes orange.

Le gouvernement Legault exclut, pour l'instant, de mettre en place des barrages routiers pour empêcher les déplacements interrégionaux.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Bien que le gouvernement Legault ait écarté l’idée d’imposer des barrages routiers interprovinciaux pour freiner la deuxième vague de la pandémie au Québec, près des deux tiers des résidents de la région de la capitale nationale se disent en faveur d’une telle mesure, selon un sondage SOM - ICI Ottawa-Gatineau.

Pas moins de 64 % des répondants seraient très ou plutôt favorables à restreindre de nouveau la circulation entre l’Ontario et le Québec afin d’endiguer la propagation du coronavirus et de ses variants, révèle une étude menée auprès d’un millier de résidents de la région. Le sondage a été effectué avant l’annonce de Québec mardi.

Parmi les 1072 citoyens sondés, les Ottaviens sont les plus favorables aux contrôles routiers : 66 % des résidents d’Ottawa appuient cette mesure, alors que cette proportion s’élève à 56 % pour les Gatinois.

Chez les résidents francophones, 56 % se disent en faveur de restreindre les déplacements interprovinciaux, un taux qui grimpe à 69 % chez les résidents non-francophones.

Les femmes sont également plus nombreuses (69 %) à être en faveur des barrages routiers, comparativement aux hommes (59 %).

Au printemps dernier, le gouvernement du Québec avait mis en place des contrôles policiers sur les ponts reliant Gatineau et Ottawa empêchant les déplacements non essentiels.

Selon Éric Lacroix, vice-président et chef de la stratégie d’affaires chez SOM, l’opinion exprimée par les répondants détonne avec celle exprimée dans les médias par les commerçants ou les organisations représentant les entreprises des deux régions.

On entendait beaucoup au printemps que les gens d'Ottawa souhaitaient accéder à leurs lieux de villégiature souvent situés au Québec et trouvaient que c'était contraignant de ne pas pouvoir y aller. Là, les gens d'Ottawa sont plus nombreux à être favorables à une restriction de la circulation entre les deux rives, 10 % de plus que les gens de Gatineau, soutient-il.

Les gens seraient favorables à des barrages, de la même façon que 35 % des gens trouvaient [lorsque sondés] que les mesures n'étaient pas assez sévères, poursuit M. Lacroix. Possiblement que, entre le 5 et le 11 février, quand on a fait le sondage, la question des variants commençait à apparaître. On pouvait palper une certaine inquiétude auprès de la population, qu'elle soit justifiée ou non.

Des policiers du Service de police de Gatineau qui font un barrage à la sortie du pont Alexandra.

Les contrôles aléatoires sur les ponts reliant Ottawa et Gatineau ont eu lieu pendant plusieurs semaines au printemps dernier.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Rigidité des restrictions sanitaires

Les résidents ont aussi été interrogés sur la rigidité des restrictions sanitaires actuelles en lien avec la COVID-19. Près de la moitié estiment qu'elles sont juste assez sévères.

Alors que 35 % des répondants de la région jugent que ces mesures ne sont pas assez sévères, 16 % les considèrent trop sévères.

Les résidents non-francophones sont plus nombreux (40 %) que les francophones (27 %) à croire que les restrictions ne sont pas assez sévères, un écart également observable entre Ottaviens (38 %) et Gatinois (24 %).

Par ailleurs, les hommes (20 %) sont plus nombreux que les femmes (13 %) à juger les mesures actuelles trop sévères.

Des résultats qui ont surpris M. Lacroix. On a l'impression, parce qu’on entend beaucoup dans les médias les porte-paroles des associations de gym ou propriétaires de restaurant un peu partout au Québec, dans les zones encore rouges, qui se déclarent toujours insatisfaits, disent que c'est trop sévère. Donc, on avait l'impression que le sondage allait refléter cette réalité-là, soutient-il. 

Donc, c’est très surprenant; 35 % trouvent que les mesures actuelles n'étaient pas assez sévères, conclut M. Lacroix. Cette proportion monte même à 38 % chez les résidents d'Ottawa contre 24 % chez les personnes de Gatineau. 

Deux provinces, deux approches

Le sondage s’est aussi penché sur l’opinion des résidents de la capitale nationale face aux différentes mesures des gouvernements québécois et ontariens mises en place durant la deuxième vague.

Les résultats démontrent des avis partagés quant à la meilleure approche entre celle de l’Ontario (fermeture des écoles, ordre de rester à la maison et aucun couvre-feu) et celle du Québec (couvre-feu de 20 h à 5 h tout en maintenant les écoles ouvertes).

Parmi tous les répondants de la région, plus d’un tiers (36 %) privilégient l’approche ontarienne, alors que 21 % préfèrent celle du Québec. Une majorité des personnes de 18 à 34 ans (52 %) favorisent les mesures ontariennes.

Une faible proportion des répondants ont indiqué appuyer les mesures en vigueur dans la province voisine : 15 % des Ottaviens privilégient l’approche québécoise, alors que 17 % des Gatinois préfèrent celle mise de l’avant en Ontario.

Le sondage a été réalisé avant le passage d’Ottawa en zone orange et avant l’annonce de Québec prévoyant le retour de l’Outaouais en zone orange.

MÉTHODOLOGIE : le sondage a été mené en ligne auprès de 1 072 citoyens de Gatineau et d’Ottawa âgés de 18 ans ou plus, pouvant s'exprimer en français ou en anglais, du 5 au 11 février 2021. La marge d'erreur maximale est de 4,3 %, 19 fois sur 20.

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