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Français au travail : Québec réagit avec prudence aux projets du fédéral

Simon Jolin-Barrette, debout, à l'Assemblée nationale.

Le ministre responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette rappelle que les Québécois ont le droit fondamental de travailler en français.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec a réagi avec prudence mercredi aux informations d'après lesquelles qu’Ottawa s’apprêterait à garantir le droit de travailler en français au sein des grandes entreprises de compétence fédérale au Québec et dans les régions à forte densité francophone ailleurs au Canada.

Radio-Canada a en effet appris que le gouvernement Trudeau travaille sur une série de mesures destinées à protéger le droit de travailler en français au sein des entreprises sous autorité fédérale de plus de 50 employés.

Ottawa voudrait aussi obliger ces entreprises à communiquer avec leurs employés en français et y interdire la discrimination professionnelle des employés unilingues francophones.

Ces mesures s’appliqueraient aux entreprises comme les compagnies de télécommunications, de transport interprovincial ou du secteur bancaire. Elles seraient mises de l’avant non seulement au Québec, mais aussi dans les régions où se trouvent les plus importantes communautés francophones au pays.

À Québec, le gouvernement de François Legault n’a pas réagi officiellement à ces informations.

Pour le moment, aucune mesure n’a officiellement été annoncée par le gouvernement fédéral. Nous n’émettrons donc pas de commentaire pour l’instant, a déclaré le bureau du ministre québécois responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette.

Les Québécoises et les Québécois doivent pouvoir travailler dans leur langue, le français, et le fait de travailler dans une entreprise à charte fédérale ne devrait rien y changer. Il s’agit d’un droit fondamental.

Une citation de :Bureau du ministre Simon Jolin-Barrette

Le gouvernement fédéral doit, de son côté, reconnaître les spécificités de la situation linguistique du Québec et agir concrètement pour protéger la langue française, conclut le bureau du ministre sans toutefois aborder la question de la préséance qu’accorde Québec à loi 101 en matière de protection du français sur son territoire.

Pas assez pour l'opposition

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice craint une application inégale des mesures.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Sur les bancs de l'opposition, à Ottawa, on estime que le gouvernement Trudeau ne va pas assez loin pour protéger les droits des francophones, tout en soulignant une certaine confusion dans l'application des futures mesures qui seraient appelées à varier selon la région où on se trouve au pays.

Il semble y avoir une volonté d’étendre le droit des francophones d’être capables de travailler et d’avoir des services en français. Par contre, on est assez perplexe et on se demande comment ça va être appliqué.

Une citation de :Alexandre Boulerice, député néo-démocrate de Rosemont–La Petite-Patrie

On a l’impression que les droits linguistiques vont dépendre un peu d'où on habite, a souligné M. Boulerice, membre du comité permanent des Langues officielles. Par exemple, est-ce qu’un employé francophone de la Banque Royale va avoir certains droits de travailler en français à Moncton? Mais un autre employé de la même Banque Royale n’aurait pas les mêmes droits à Calgary. On serait un peu inquiet de ça.

Dans les rangs conservateurs, on se demande dans quelle mesure le gouvernement Trudeau réussira à faire cohabiter sa politique linguistique avec celles du Québec, notamment la loi 101.

S’ils veulent déposer un projet de loi fédéral, parfait! Mais est-ce qu’ils peuvent confirmer qu’ils sont en accord avec le gouvernement du Québec qui veut appliquer la loi 101 sur son territoire?

Une citation de :Alain Rayes, député conservateur de Richmond—Arthabaska

Au Bloc québécois, on se dit prêt à travailler avec le gouvernement sur la protection du français au pays, dans la mesure où Ottawa reconnaît que c'est Québec qui a le dernier mot pour tout ce qui concerne la protection du français sur son territoire.

On n’est pas contre, qu’il y ait un renforcement de la loi pour les communautés francophones et acadiennes, qui en ont bien besoin, reconnaît Mario Beaulieu, député bloquiste de la Pointe-de-l’Île et vice-président du Comité permanent des langues officielles.

Toutefois, souligne M. Beaulieu, le Québec est le seul État francophone en Amérique du Nord. [...] On considère que le Québec doit être le seul maître d’œuvre de l’aménagement linguistique sur son territoire.

Les propositions fédérales en matière de protection du droit de travailler en français seront rendues publiques au cours des prochains jours par Mélanie Joly, ministre responsable des langues officielles au sein du gouvernement Trudeau.

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