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Facebook restreint le partage de contenus journalistiques en Australie

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg

Facebook a mis ses menaces à exécution en Australie en limitant les contenus de médias d'information sur sa plateforme.

Photo : Reuters / Robert Galbraith

Agence France-Presse

Facebook a annoncé mercredi son intention de restreindre en Australie le partage d'articles et de vidéos d'information par les éditeurs et les internautes, en raison d'un projet de loi qui va forcer les grandes plateformes à rémunérer les médias en fonction du trafic que les titres génèrent. Les mesures mises en place touchent aussi les pages des services de secours australien.

Nous faisons face à un choix désagréable : essayer de nous conformer à une loi qui ignore les réalités de la relation (entre le réseau et les éditeurs), ou bien cesser d'autoriser les contenus informatifs sur nos services en Australie, a expliqué dans un communiqué William Easton, directeur de Facebook pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Avec le cœur lourd, nous choisissons la deuxième option, a ajouté le représentant de Facebook pour la publicité numérique mondiale.

Sur un ordinateur posé sur une table, une page facebook est vide.

La page Facebook du média australien 9News n'affiche aucun contenu le 18 février 2021.

Photo : Getty Images / Robert Cianflone

Selon cette annonce, les utilisatrices et utilisateurs australiens ne pourront plus voir ni partager de liens d'informations provenant de médias locaux ou internationaux. Les médias australiens, eux, ne pourront publier leurs contenus sur des pages Facebook.

Un accord avec Google

Google, le leader du secteur, avait aussi menacé de suspendre ses services en Australie, mais il vient de faire part d'un accord passé avec le groupe de médias de Rupert Murdoch, News Corp – Wall Street Journal, New York Post, The Times, The Sun, The Australian.

La firme a accepté de verser des sommes significatives en contrepartie des contenus de ces titres de presse sur sa plateforme. Ce partenariat historique, selon les termes du communiqué joint, va lui permettre d'échapper à l'arbitrage forcé prévu par la future loi en cas d'échecs des négociations avec les médias.
Beaucoup de personnes vont se demander pourquoi nous réagissons différemment [de Google], a admis William Easton, de Facebook.

Le moteur de recherche de Google est inextricablement lié aux infos, et les groupes de presse ne fournissent pas volontairement leur contenu. En revanche, sur Facebook, ils choisissent de publier les nouvelles parce que cela leur permet de vendre plus d'abonnements, de faire croître leur audience et d'augmenter leurs revenus publicitaires, a expliqué M. Easton.

Le géant des réseaux sociaux dit avoir généré plus de 5 milliards de renvois vers les publications australiennes, dont il estime la valeur à 407 millions de dollars américains pour les médias.

Pour Facebook, les gains sont minimes. Les infos représentent moins de 4 % des contenus que les gens voient sur leur fil. Nous expliquons depuis des mois au gouvernement australien que l'échange de valeur entre Facebook et les éditeurs penche largement en leur faveur, a conclu William Easton.

Les services de secours australiens touchés

Plusieurs services de secours en Australie sont affectés par le blocage de Facebook. Les pages servant à alerter la population en cas de feux de brousse, de cyclone ou d'épidémie ont cessé de fonctionner, selon les autorités.

Les services d'incendie, de santé et de météorologie de tout le pays ont vu leurs pages perturbées sur le réseau social, au moment où plusieurs régions faisaient face à des situations d'urgence.

La page du service météorologique gouvernemental a été affectée par les soudaines restrictions de contenus par Facebook, a écrit la ministre de l'Environnement Sussan Ley sur Twitter, en demandant aux internautes de se rendre plutôt sur le site officiel de cet organisme.

Les perturbations se sont produites alors que le ministère avait émis une série d'avertissements concernant des crues soudaines dans certaines parties de l'État du Queensland, après de fortes pluies dans la nuit.

La page Facebook du service des incendies d'Australie occidentale a également été effacée alors que l'État se préparait à des conditions de danger d'incendie catastrophique.

Des pompiers discutent avec les résidents alors qu'un incendie brûle près de Mangrove Mountain, au nord de Sydney, le mardi 10 décembre 2019. Les conditions de chaleur et de sécheresse ont amorcé tôt la saison des incendies.

La page Facebook du service des incendies d'Australie occidentale a été effacée sur le réseau social.

Photo : The Associated Press / Rick Rycroft

Incroyable. Invraisemblable. Inacceptable, s'est indignée la députée d'Australie-Occidentale Madeleine King, tandis que les appels se sont multipliés pour que Facebook corrige rapidement la situation.

Les départements de Santé d'au moins trois États, qui publient régulièrement des mises à jour sur la pandémie de coronavirus à des centaines de milliers d'Australiens et Australiennes, ont également été touchés, ainsi que plusieurs comptes gouvernementaux.

Le service national de lutte contre les agressions sexuelles et la violence domestique, certaines organisations caritatives et même la page de Facebook apparaissaient vierges pour les personnes en Australie.

Le ministre australien des Finances, Josh Frydenberg, a déclaré jeudi qu'il s'était mis d'accord avec le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, pour essayer de trouver un chemin vers l'avenir.

Facebook compte entre 16 et 18 millions de membres qui visitent quotidiennement le réseau social dans ce pays de 25 millions d'âmes, selon les médias locaux.

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