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Archives

Depuis 1948, le Myanmar balance entre dictature et démocratie

Un militaire parle à Aung San Suu Kyi.

Le coup d'État du 1er février 2021 est un nouvel épisode de la lutte entre autocrates et démocrates au Myanmar.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 1er février 2021, le gouvernement démocratiquement élu du Myanmar (ex-Birmanie) a été renversé par les militaires. Depuis des décennies, despotes et partisans de la démocratie s’affrontent pour contrôler ce pays, comme le révèlent nos archives.

Une lutte qui dure depuis 1948

Le 1er février 2021, les militaires du Myanmar déclenchent un coup d’État et arrêtent plusieurs responsables du parti du gouvernement qui vient d’être triomphalement réélu en novembre 2020.

Parmi ceux-ci se trouve la figure emblématique de la démocratie du Myanmar, Aung San Suu Kyi.

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5 sur 5, 13 octobre 2007

Le 13 octobre 2007, l’animateur Gilles Gougeon de l’émission 5 sur 5 explore l’histoire politique récente du Myanmar.

On constate en entendant les explications de Gilles Gougeon que depuis son accession à l’indépendance, en 1948, le Myanmar a été le théâtre d’une lutte continuelle entre des régimes militaires et les partisans de la démocratie.

Le pays a initialement connu un régime démocratique de 1948 à 1962. Puis le général Ne Win s’est emparé du pouvoir jusqu’en 1988.

En 1988, le général Ne Win est renversé par d’autres militaires qui proposent des réformes vers la démocratie, dont ils dictent strictement les conditions.

Le pays aspire cependant à une vraie démocratie et c’est Aung San Suu Kyi qui devient le symbole de ce rêve.

Le mouvement démocratique est réprimé dans le sang.

En 1989, les militaires enferment Aung San Suu Kyi dans sa maison en détention préventive. Elle y sera prisonnière par intermittence durant 14 ans.

En 1990, le parti qu’elle a fondé, la Ligue nationale pour la démocratie, gagne haut la main des élections organisées par la nouvelle junte militaire.

Les militaires confisquent la victoire.

En 2010, la junte militaire organise un nouveau scrutin strictement contrôlé.

Le combat de la Dame

La Birmanie, un des pays les plus fermés au monde ira en élection le 7 novembre. Mais la personnalité la plus charismatique, celle qui aurait toutes les chances de gagner cette élection, ne pourra pas y participer.

Jean-François Lépine, 2010
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Une heure sur Terre, 22 octobre 2007

Quelques semaines avant cette élection, le 22 octobre 2010, l’animateur Jean-François Lépine, de l’émission Une heure sur Terre, propose un reportage biographique d'Aung San Suu Kyi, que les Birmans surnomment la Dame.

Jean-François Lépine interroge notamment, pour brosser ce portrait, l’actrice franco-britannique Jane Birkin, qui la connaît depuis 11 ans.

Sein Win, un cousin d’Aung San Suu Kyi, est aussi interviewé.

C’est un chemin semé d’embûches et de larmes qu’a parcouru celle qui est la fille du père de l’indépendance de ce qu’on appelait alors la Birmanie.

Elle a perdu à l'âge de deux ans son père assassiné et a vécu une grande partie de son existence en exil.

En 1997, son conjoint, Michael Aris, souffre d’un cancer mortel. Aung San Suu Kyi ne le reverra jamais parce qu’elle refuse de quitter le Myanmar.

En 2008, les militaires lui interdisent formellement toute participation à la vie politique au Myanmar.

En octobre 2010, le portrait présenté par Jean-François Lépine nous fait comprendre que la junte militaire est bien en selle.

L’appui de la communauté internationale pour rétablir la démocratie au Myanmar, comme le suggère Sein Win, se révèle insuffisant.

Espoirs envolés

Après la libération d’Aung San Suu Kyi en 2010, ces t-shirts étaient en vente à presque chaque coin de rue. Aujourd’hui, seuls quelques vendeurs les proposent.

Catherine Mercier, 2013

Elles risquent d’être violées ou brûlées vives.

Anwar Arkani, parlant de ses sœurs demeurées au Myanmar, 2017

En 2013, la correspondante à Pékin, Catherine Mercier, se rend comme envoyée spéciale au Myanmar.

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Téléjournal, 19 juin 2013

Dans le reportage qu’elle présente au Téléjournal le 19 juin 2013, elle observe, en arpentant les rues de Yangon (Rangoon), que la popularité de la Dame diminue.

On reproche à celle qui est devenue députée en 2012 lors d’élections partielles d’avoir échangé son statut d’emblème de la démocratie pour les habits d’une simple politicienne.

Ces critiques s’intensifient lorsque son parti prend le pouvoir en novembre 2015.

Elle refuse de condamner les violences perpétrées par les militaires, qu’appuient des fanatiques bouddhistes, contre certaines minorités ethniques.

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Téléjournal, 7 juin 2017

Le reportage du journaliste Philippe Leblanc, présenté au Téléjournal le 7 juin 2017, illustre le sort que réservent les militaires à la minorité musulmane des Rohingyas.

En février 2017, un rapport des Nations unies a qualifié de crimes contre l’humanité les persécutions des militaires du Myanmar contre les Rohingyas.

Le journaliste rencontre un réfugié rohingya, Anwar Arkani, de même qu’un militant d’un groupe de défense des droits de la personne au Myanmar, qui accusent Aung San Suu Kyi de complicité avec les militaires.

Certaines analyses expliquent le comportement de la Dame en soulignant qu’elle avait les mains liées. Les militaires continuaient de tirer les ficelles dans cette jeune démocratie.

Les aliéner aurait pu signifier la fin de la transition démocratique.

Cette prudence supposée d’Aung San Suu Kyi n’a cependant pas empêché l’armée birmane de mettre brutalement fin à la démocratie dans le pays le 1er février 2021.

Encore plus de nos archives

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