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Au Québec, 246 bibliothèques publiques n'imposent plus de frais de retard

En avant-plan, un livre ouvert devant une bibliothèque bien remplie.

Les amendes pour les retards peuvent constituer une barrière économique pour les personnes défavorisées, selon le mouvement mondial Fine Free Library.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La Presse canadienne

C'est au tour de la Ville de Drummondville d'annoncer cette semaine son adhésion imminente à une politique qui vise l'abolition des frais de retard imposés pour les prêts de documents de la bibliothèque publique qui ne sont pas retournés à temps.

Cette politique est issue d'un mouvement mondial appelé Fine Free Library (bibliothèque sans amendes), qui a pris naissance aux États-Unis dans le but de démocratiser l'accès aux bibliothèques et à leurs collections culturelles, artistiques et éducatives.

L'Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) signale qu'il y a présentement 246 bibliothèques de la province qui n'imposent pas de frais de retard (18 ne le font que partiellement) sur 1068 établissements.

L'Association soutient que les frais de retard peuvent constituer une barrière économique qui entrave l'accès aux bibliothèques pour les personnes financièrement défavorisées, en particulier les personnes mineures. Ces frais peuvent aussi créer des conflits entre le personnel et la clientèle.

De plus, les ressources humaines et financières nécessaires à la gestion des comptes impayés peuvent devenir plus importantes que les frais de retard eux-mêmes.

Des amendes qui mènent en cour

Des causes de frais de retard ont déjà été judiciarisées dans le passé. Par exemple, en 1992, une femme a été condamnée à payer une amende de 438 $ pour trois livres rapportés en retard à la bibliothèque de Lachine, à Montréal.

Sa cause judiciaire s'était étirée sur environ quatre ans, jusqu'à sa défaite en Cour suprême du Canada. Elle avait dû effectuer des travaux communautaires pour éviter une peine d'emprisonnement de 14 jours, car elle se disait incapable de payer l'amende réclamée.

À Drummondville, même si on abolira bientôt les frais de retard, des règles subsisteront pour assurer le bon fonctionnement de la bibliothèque publique. Les retardataires continueront de recevoir des avis de courtoisie leur rappelant la date d'échéance du prêt, et recevront des rappels tant et aussi longtemps que les documents ne seront pas rapportés.

Une personne qui ne rapporterait pas un document à la bibliothèque recevrait, après une période déterminée, une facture pour le coût de remplacement du document.

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