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Variants : le Grand Montréal pourrait voir 2000 cas par jour en mars et avril

Les contacts doivent demeurer limités si on veut éviter cette augmentation exponentielle

Une molécule faite en styromousse.

Un modèle de SRAS-CoV-2.

Photo : Reuters

L’assouplissement des mesures sanitaires contribuerait à une augmentation rapide des cas en mars et en avril reliés au variant britannique, qui est beaucoup plus transmissible, selon de nouveaux modèles présentés mercredi par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Selon l’INSPQ, les mesures imposées au mois de janvier ont possiblement limité la transmission d’un nouveau variant dans le Grand Montréal.

Toutefois, l’émergence de variants pourrait changer la donne pour l’évolution de la COVID-19 aux mois de mars et d'avril. Rappelons que le variant provenant du Royaume-Uni (B.1.1.7) est 1,2 à 1,8 fois plus transmissible que la souche de base.

Le nombre de nouveaux cas par jour pourrait facilement dépasser les 2000 dans le Grand Montréal si les mesures sont légèrement relâchées et si le variant continue de se propager au Québec.

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Évolution de la COVID-19 dans le Grand Montréal, avec une adhésion moyenne aux mesures du 8 février

Photo : INSPQ

Si les mesures strictes restent en place, la situation pourrait ressembler davantage au mois de janvier, avec environ 1000 cas par jour.

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Évolution de la COVID-19 dans le Grand Montréal, avec une adhésion forte aux mesures du 8 février

Photo : INSPQ

L'un des auteurs de l'étude, Marc Brisson, avertit les Québécois : même si les cas diminuent de jour en jour, ça ne veut pas dire que le variant ne commence pas à se transmettre de façon communautaire.

Le directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l'Université Laval est catégorique : la seule façon de réduire la croissance des cas, de limiter la propagation des variants et d'éviter une autre vague est de continuer à respecter les règles et de continuer à avoir un nombre limité de contacts. Selon l’INSPQ, le nombre de cas pourrait notamment augmenter rapidement chez les 6-17 ans en raison de contacts plus élevés dans les milieux scolaires.

Il faut être très vigilant, on pourrait avoir une situation où ça monte très rapidement. [...] Un élément clé est de maintenir une bonne adhésion aux restrictions de visites et rassemblements à domicile.

Marc Brisson, INSPQ et Université de Laval

Le nombre d’hospitalisations et de décès augmenterait également, mais pas aussi rapidement, selon ces modèles de l’INSPQ. Dans notre modèle, la vitesse d’augmentation serait un peu moindre, puisqu'on considère que la vaccination va commencer, explique le Dr Brisson.

Par contre, la Dre Jocelyne Sauvé, vice-présidente associée aux affaires scientifiques à l'INSPQ, précise qu’il y a de plus en plus de données qui démontrent que le variant B.1.1.7 est plus agressif et peut mener à plus d’hospitalisations et de décès. Ces modèles ne prennent pas en compte cette hypothèse.

Ainsi, il est possible que les hospitalisations et les décès augmentent significativement si le nombre de cas explose.

Le variant B.1.1.7 prendra-t-il le dessus?

Il y a présentement plus de 85 cas de variants à l’étude dans le Grand Montréal. Toutefois, Marc Brisson avertit qu’il manque encore des données pour connaître à quel point les variants sont présents au Québec.

Pour l’instant, on semble être entre une importation faible et forte, parce que les cas diminuent, précise Marc Brisson.

En Ontario, on estime que le variant britannique B.1.1.7 pourrait être dominant d’ici le début de mars. Marc Brisson indique que ce variant pourrait être prédominant au Québec en mars.

On a de très bonnes chances, que le variant (B.1.1.7) soit dominant au Québec et ça veut dire qu’on a moins de marge de manœuvre dans les mesures, dit-il en ajoutant que la vitesse à laquelle le variant deviendrait prédominant dépendra du nombre de cas importés et du nombre d’éclosions.

Comment détecter les variants?

  • Criblage : certains tests PCR peuvent détecter certaines mutations présentes dans les trois variants d’intérêt, sans pouvoir déterminer précisément lequel. Le résultat est connu normalement en 24 heures.

  • Séquençage génomique : peut détecter tous les variants, y compris de nouveaux variants. Le résultat peut prendre plus d’une semaine. Environ 5 % des cas détectés au Canada sont actuellement séquencés, comparativement à 10 % au Royaume-Uni et à plus de 50 % au Danemark.

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