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Nouveau rapt d'élèves au Nigeria : des hommes armés ont pris d'assaut une école

Le gouverneur de l'État du Niger, Abubakar Sani Bello, a ordonné la fermeture immédiate et jusqu'à nouvel ordre des pensionnats de quatre districts.

Des cartables et des objets sur le sol.

Des cartables et des objets appartenant aux élèves de l'école gouvernementale de sciences, attaquée en décembre dernier par des hommes armés à Kankara, dans le nord-ouest du pays.

Photo : Getty Images / KOLA SULAIMON

Agence France-Presse

Des hommes armés ont attaqué mercredi le collège-lycée gouvernemental de Kagara, un pensionnat situé dans l'État du Niger, au Nigeria, et ont enlevé une quarantaine de personnes, selon la porte-parole du gouverneur de l'État mercredi.

Les bandits ont attaqué l'école vers 2 h du matin mercredi. En tout, ils ont enlevé 42 personnes, a déclaré Muhammad Sani Idris, commissaire à l'information du gouvernement local.

Au moment de l'attaque, il y avait 650 élèves dans l'établissement. Ils ont emmené 27 élèves avec trois enseignants. Un élève a été tué. Ils ont également enlevé 12 membres des familles des enseignants, a-t-il ajouté. C'est le dernier bilan que nous avons établi après des vérifications, a-t-il précisé.

Ce nouvel enlèvement survient deux mois après le rapt massif de 344 adolescents dans une région voisine qui avait provoqué un émoi mondial.

Opération sauvetage

Dans la matinée, une source sécuritaire et un officiel avaient affirmé que des centaines d'élèves avaient été enlevés dans cette attaque. Selon un communiqué, le président nigérian Muhammadu Buhari a ordonné aux forces armées et à la police de ramener immédiatement tous les captifs indemnes.

Des militaires, avec un soutien aérien, sont à la recherche des ravisseurs et des otages, avait déclaré une source.

Depuis près de dix ans, le nord-ouest et le centre du Nigeria sont le théâtre de violences de la part de groupes criminels qualifiés localement de bandits, qui multiplient les enlèvements contre rançon et les vols de bétail. Ces bandes criminelles sont motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens avec les groupes djihadistes présents dans le nord-est.

C'est le cas de celles qui avaient kidnappé en décembre dernier 344 élèves dans un pensionnat de la ville de Kankara, dans l'État de Katsina. Ces groupes armés avaient agi pour le compte du groupe djihadiste Boko Haram, mais dont le bastion se trouve à des centaines de kilomètres, dans le nord-est du Nigeria.

Les adolescents de Kankara avaient été libérés après une semaine de captivité, et des négociations entre ces gangs et les gouvernements locaux. Ce rapt avait provoqué un émoi mondial et ravivé le souvenir de l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 jeunes filles à Chibok, dans le nord-est du pays, en 2014.

Le 9 février, le responsable de ce rapt, un chef de groupe armé appelé Awwalun Daudawa, s'est rendu aux autorités en échange d'un accord d'amnistie.

Sécuriser les écoles

Jusqu'ici, les autorités ont cherché à négocier des accords avec ces bandits, leur offrant une amnistie en échange de la remise de leurs armes.

Le Nigeria doit accepter qu'il fait face à d'énormes problèmes de sécurité, a réagi Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement.

Pour ces groupes criminels, le moyen le plus simple d'obtenir de l'argent du gouvernement est maintenant d'enlever des écoliers.

Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement

Le gouvernement doit sécuriser les écoles de toute urgence, sinon les rapts de Chibok [...] et de Kankara encourageront les autres à agir en pire, ajoute-t-elle. Les ravisseurs de Kagara n'ont pas encore essayé d'entrer en contact avec nous, a déclaré M. Sani Idris.

Le président du Sénat Ahmad Lawan a affirmé qu'une nouvelle stratégie devait être adoptée pour assurer la sécurité des écoles, car cette vague d'enlèvement aura certainement un effet négatif sur le désir et la volonté des parents de scolariser leurs enfants.

Le gouverneur de l'État du Niger, Abubakar Sani Bello, a ordonné la fermeture immédiate et jusqu'à nouvel ordre des pensionnats dans quatre districts de cet État.

Les bandes criminelles du nord et du centre se cachent souvent dans la forêt de Rugu, qui s'étend sur quatre États : Katsina, Zamfara, Kaduna, et Niger.

Leurs violences ont fait plus de 8000 morts depuis 2011 et forcé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile.

D'immenses défis sécuritaires

Outre ces groupes armés, le pays le plus peuplé d'Afrique est confronté à d'immenses défis sécuritaires : le nord-est est en proie à une insurrection djihadiste depuis dix ans, qui a provoqué une crise humanitaire majeure.

Le centre connaît une augmentation des conflits fonciers entre éleveurs et agriculteurs. Et le sud-est, riche en pétrole, dont les revenus ne profitent pas aux populations locales, est également miné par l'insécurité et les enlèvements.

Le président Buhari a remplacé fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée, après des critiques grandissantes sur sa gestion des conflits.

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