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Les cinémas pourront rouvrir dans tout le Québec, mais pas les théâtres

Un homme, portant un masque noir, est assis dans une salle de cinéma.

Les cinéphiles pourront retourner au cinéma après quatre mois de fermeture des salles québécoises.

Photo : afp via getty images / GABRIEL BOUYS

Fanny Bourel

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi la réouverture des cinémas dans l’ensemble du Québec à partir du vendredi 26 février. Le milieu du cinéma se réjouit globalement de cette décision, mais celui du théâtre la trouve injuste, puisque les salles de spectacle restent fermées en zone rouge. 

Nous sommes très heureux, a réagi Éric Bouchard, président de la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ), en entrevue à l’émission Le 15-18.

Il faut que le milieu culturel respire et qu’il fasse aussi respirer la population.

Une citation de :Louis Dussault, président et directeur général du distributeur K-Films Amérique

Le délai de 10 jours avant la réouverture est un peu serré. Normalement, on demande un peu plus de temps, a précisé Éric Bouchard. Mais devant une bonne nouvelle semblable, tout le monde est prêt à se mobiliser pour être prêt pour [le 26 février].

La réouverture des salles de cinéma en zone orange avait déjà été annoncée pour le 26 février, mais le fait que les régions en zone orange représentent à peine 15 % du marché rendait difficile la sortie de nouveaux longs métrages. 

Ces cinémas auraient rouvert sans films, a indiqué Louis Dussault. [La décision du gouvernement] est donc un geste de cohérence que je salue.

Des conditions

Toutefois, les spectateurs et spectatrices devront porter un masque médical pendant toute la durée de la projection, la distance des deux mètres devra être respectée et la capacité maximale des salles sera de 250 personnes. En outre, le couvre-feu sera maintenu à 20 h pour les régions situées en zone rouge. 

Quand c’est la relâche, c’est parfait, mais pendant la semaine normale, le monde est au travail et les enfants sont à l’école, a expliqué Vincent Guzzo, président et directeur général des Cinémas Guzzo, en entrevue à l’émission Zone économie sur ICI RDI. Il faudrait bouger le couvre-feu à 21 h 30.

Entrevue : Lorraine Pintal, Vincent Guzzo

De plus, la vente de maïs soufflé et autre nourriture, qui représente une source de revenus important pour les cinémas, sera interdite. Mardi soir, Vincent Guzzo a donc indiqué que les portes de ses cinémas resteront closes. Nous ne rouvrirons pas si nous ne pouvons pas vendre de nourriture, a-t-il écrit dans un message envoyé à Radio-Canada.

En conférence de presse mardi, le premier ministre François Legault a laissé entendre que les cinémas allaient rester en activité au-delà de la semaine de relâche. On ne veut pas commencer à jouer au yoyo, a-t-il déclaré, alors que Dr Horacio Arruda s’est montré moins affirmatif.

La dernière chose qu’on veut, c’est d’être rouvert et d’être fermé à nouveau, a souligné Éric Bouchard. 

La déesse des mouches à feu de retour 

Côté programmation, Entract Films a annoncé mardi soir que La déesse des mouches à feu allait reprendre l’affiche le 26 février. 

Initialement lancé le 25 septembre dernier, ce film d’Anaïs Barbeau-Lavalette n’avait pu être projeté que six jours avant que la fermeture des salles de cinéma ne soit décrétée par le gouvernement. Dès le week-end de sa sortie en salle, il avait pris la tête des ventes de billets dans les cinémas québécois.

Je suis profondément heureuse de pouvoir reprendre là où on s’était arrêté : les gens voulaient voir La déesse en salle, où certains se rendaient pour la première fois, a déclaré la réalisatrice dans un communiqué. Le cinéma a un vrai pouvoir. Il peut faire voyager, il peut guérir, il peut ouvrir des valves trop longtemps fermées, il peut faire rire et pleurer. Il peut faire tout ça, ensemble et en sécurité.

Autre film que le public pourra découvrir dès la semaine prochaine : Félix et le trésor de Morgäa. Les personnages de ce film d’animation québécois de Nicola Lemay sont notamment doublés par Karine Vanasse, Marc Labrèche, Gabriel Lessard et Guy Nadon. 

Avec la collaboration des distributeurs québécois, on réussira à bricoler une programmation qui suscitera l’intérêt des gens, et particulièrement des familles pour la semaine de relâche, a assuré Éric Bouchard. Il y a un bassin de films d’animation sur lequel on pourra compter.

Il y a des trésors qui attendent d’être révélés au public depuis des mois, a renchéri Louis Dussault. Tous les distributeurs ont des films à offrir.

K-Films Amérique compte notamment lancer les films français Mise à nu ainsi que Slalom et Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, tous deux nommés aux César, qui seront remis le 12 mars. On s’y est pris à trois fois pour sortir Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait.

À noter également la sortie, déjà annoncée, du long métrage Mon année Salinger (My Salinger Year), réalisé par le Québécois Philippe Falardeau. Elle est prévue pour le 5 mars.

Pour le cinéma québécois, cette reprise d'activité des salles de cinéma représente une occasion.

C’est une excellente période pour faire rayonner le cinéma québécois, car on ne sera pas inondés de films américains.

Une citation de :Éric Bouchard, président de la CSCQ

Pourquoi rouvrir les cinémas et pas les théâtres? 

L’annonce de la réouverture des cinémas a suscité un sentiment d’injustice dans le milieu du théâtre. Je trouve inéquitable la décision de ne pas ouvrir dans la foulée les salles de théâtre, a commenté Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) à Zone économie. Je n’arrive pas à comprendre la cohérence de cette décision.

Même réaction du côté d’Anne Trudel, présidente du Conseil québécois du théâtre (CQT). Il n’y a pas de raison de ne pas ouvrir les salles de théâtre, a-t-elle souligné, souhaitant voir ces lieux culturels être traités sur le même pied d’égalité que les cinémas. 

En conférence de presse, François Legault a reconnu que les théâtres ne posaient pas un risque sanitaire plus important que les cinémas. Il a justifié sa décision par sa volonté de limiter les réouvertures et a choisi de privilégier les cinémas, qui permettraient davantage d’occuper les enfants pendant la semaine de relâche. 

C’est ne pas bien connaître le théâtre jeunesse, a estimé Anne Trudel, qui voit dans les déclarations du premier ministre un manque de considération pour le théâtre. 

C’est un critère complètement subjectif et cette subjectivité-là n’a pas sa place, a-t-elle ajouté. On veut rester sur des critères objectifs.

Des clowns lors d'un spectacle pour enfants.

Une pièce présentée au Théâtre jeunesse Les Gros Becs à Québec

Photo : Radio-Canada

Autre argument de François Legault : le délai de 10 jours avant la réouverture est trop court pour permettre la reprise des théâtres en zone rouge. Depuis plusieurs mois, les salles de spectacle réclament, en effet, de pouvoir bénéficier d’une certaine prévisibilité sur la date de réouverture. 

On souhaite avoir une discussion dès cette semaine avec le ministère de la Culture ou le cabinet du premier ministre pour fixer une date de réouverture avec un préavis de trois semaines, a mis en avant Anne Trudel.

Lorraine Pintal, dont le théâtre peut être prêt à présenter des spectacles dès la mi-mars, compte également revenir à la charge afin que les théâtres puissent à nouveau accueillir le public le plus tôt possible.

On espère que l’annonce concernant les cinémas est une lueur d’espoir pour les théâtres.

Avec les informations de Catherine Richer et de Mélissa François

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