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L'extinction des dinosaures a pu être causée par une comète et non un astéroïde

Une comète dans un ciel nuageux.

Image d'une comète prise dans le ciel du Myanmar, le 24 juillet 2020.

Photo : afp via getty images / YE AUNG THU

Agence France-Presse

Il y a 66 millions d'années, un immense objet a frappé la Terre et a provoqué l'extinction d'une grande partie des organismes vivants, dont les dinosaures. Vous avez probablement appris à l'école qu'il s'agissait d'un astéroïde, mais selon une nouvelle théorie, il s'agissait en réalité d'un fragment de comète, venu des confins du système solaire.

D'une longueur d'environ sept kilomètres, selon cette étude publiée lundi dans la revue Scientific Reports, ce fragment serait issu de l'explosion d'une comète en provenance du nuage d'Oort, un nuage de débris situé très loin à la limite du système solaire.

Avant de venir en partie s'écraser dans ce qui est aujourd'hui la péninsule mexicaine du Yucatan, à Chicxulub, la comète aurait été poussée vers le Soleil par l'attraction gravitationnelle de Jupiter, la plus grosse des planètes de notre système.

Jupiter agit alors comme un flipper [NDLR : un levier de billard électrique ou pinball] et renvoie ces comètes dites à longue période sur des orbites les rapprochant très près du Soleil, explique à l'AFP Amir Siraj, auteur principal de l'étude et étudiant en astrophysique à Harvard.

Là, face à l'immense force d'attraction du Soleil, les comètes les plus grosses éclatent en plus de 1000 fragments, dit-il.

Chacun des fragments, dont l'un aurait été catapulté vers la Terre, est potentiellement assez grand pour causer un événement comme celui ayant tué les dinosaures, ajoute Amir Siraj.

Simulations gravitationnelles

Pour parvenir à cette conclusion, les deux scientifiques à l'origine de l'étude ont effectué des simulations gravitationnelles à partir des données disponibles sur le nuage d'Oort et le mouvement des planètes.

Les astéroïdes sont des rochers secs dans notre système solaire, plus lents que les comètes qui, elles, sont souvent comparées à des boules de neige sales ou des roches glacées, aux extrémités du système solaire, explique Amir Siraj. C'est d'ailleurs cette glace qui, réchauffée par le Soleil, forme les queues de comètes que l'on peut observer dans le ciel.

Jusqu'alors, la théorie la plus populaire était que l'objet responsable du cataclysme il y a 66 millions d'années provenait de la ceinture principale d'astéroïdes, située entre Mars et Jupiter.

Une comète vue derrière une chaîne de montagnes.

Une comète vue dans le ciel du Nevada le 23 juillet 2020.

Photo : Getty Images / Ethan Miller

Mais la fréquence à laquelle ces astéroïdes peuvent frapper la Terre est au moins 10 fois trop faible pour expliquer l'impact, explique à l'AFP Avi Loeb, coauteur et professeur à Harvard.

Les astéroïdes ont une fréquence d'impact légèrement plus élevée [que les comètes], donc ils sont favorisés par rapport à elles pour expliquer la disparition des dinosaures, note Amir Siraj. Mais c'est sans compter l'explosion des comètes, qui multiplie le nombre d'objets volants.

Notre théorie montre que, potentiellement, des fragments de comètes encore plus massives [...] peuvent expliquer cette fréquence de façon plus satisfaisante.

Pas de menace à court terme

Un autre indice va dans leur sens : on sait que le cratère de Chicxulub a été causé par un objet composé de chondrite carbonée. Or, seuls environ 10 % des astéroïdes en ont, alors que certains indices matériels suggèrent que les comètes en comportent davantage.

Le professeur s'est dit enthousiasmé par la perspective, grâce au nouveau télescope de l'Observatoire Vera Rubin qui doit être opérationnel l'année prochaine au Chili, de pouvoir observer l'attraction gravitationnelle sur les comètes. Cela sera extrêmement important pour faire des prévisions sur les 100 prochaines années, pour savoir si quelque chose de fâcheux pourrait nous arriver, dit-il.

Les auteurs ont calculé qu'un fragment de comète pourrait frapper la Terre à une fréquence de plusieurs centaines de millions d'années. Pas de menace à court terme, notamment comparativement aux astéroïdes.

Toutefois, nuance Avi Loeb, il s'agit d'une statistique, vous ne savez jamais quand la prochaine arrivera.

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