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Gatineau expropriera six résidences sur le boulevard des Allumettières

Une rue avec des voitures qui circulent.

La Ville souhaite exproprier six propriétés sur le boulevard des Allumettières afin d'élargir un tronçon de l'artère afin d'y ajouter une voie réservée au transport en commun et d'aménager une portion de piste cyclable.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Ville de Gatineau procédera à l’expropriation de six résidences situées sur le boulevard des Allumettières, dans le secteur de Hull. La Municipalité entend se servir de ces terrains pour favoriser le transport actif.

Les six terrains convoités par la Ville se situent près du Gîte ami, sur le boulevard des Allumettières en direction ouest jusqu’à l’entrée de l'autoroute 50.

La Ville souhaite élargir un tronçon de l'artère pour y ajouter une voie réservée pour le transport en commun et aménager une portion de piste cyclable, jusqu’ici manquante dans le secteur.

Une carte qui montre les terrains qui font l'objet d'un projet d'expropriation.

La Ville de Gatineau veut exproprier six propriétés situées sur le boulevard des Allumettières en direction ouest entre la rue Morin et l'entrée de l'autoroute 50, dans le secteur de Hull.

Photo : courtoisie

La Ville indique que les propriétaires des demeures visées veulent vendre depuis longtemps.

Les six [propriétaires résidents] à chaque fois que je les ai rencontrés, sans aucune hésitation, me disaient tous qu’ils voulaient vendre à la Ville, a indiqué le conseiller municipal Cédric Tessier.

Selon le conseiller, les propriétaires déplorent les conditions de vie qui se détériorent dans le secteur, notamment en raison de la proximité avec le Gîte ami, un refuge pour sans-abri.

Pas de terrain d’entente

Mais les négociations entre la Ville et les différents propriétaires coincent, ce qui force la Municipalité à prendre des mesures d’expropriation.

Je pense que la problématique, la raison pour laquelle on va en expropriation, ce n’est pas parce que les gens ne veulent pas vendre. Ce n’est pas parce qu'ils ne sont pas d'accord avec le prix qui est offert par la Ville. En même temps, du point de vue de la gestion de biens publics, je pense que c’est normal, comme conseil, qu’on ne veuille pas payer plus que la valeur de ces propriétés-là, a expliqué le conseiller Cédric Tessier.

La Ville indique que les montants d’indemnisations offerts aux propriétaires ont été déterminés par une firme d’évaluateurs agréés externes.

Radio-Canada a tenté, mardi, de s’entretenir avec les propriétaires concernés, mais ceux-ci ont préféré ne pas commenter pour le moment.

Apparence de conflit

Mardi, lors du caucus préparatoire, on apprenait qu’un des membres du cabinet du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a communiqué avec un promoteur immobilier, le groupe Groupe Aboutanos, pour l'informer que les propriétaires des immeubles sur le boulevard des Allumettières voulaient vendre.

Le propriétaire de l'entreprise, Wassim Aboutanos, est un ancien candidat municipal d'Action Gatineau dans le district de Limbour, en 2013.

Le Groupe Aboutanos a fait l'acquisition d’un de ses six immeubles visés par les démarches d’expropriation et fait des offres d’achat sur quatre autres pour y construire des logements abordables.

À ce sujet, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a tenu à dissiper tout soupçon de conflit d’intérêts mardi.

Un homme accorde une entrevue par visioconférence.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Photo : Radio-Canada

Ce dernier a assuré avoir vérifié la conformité du processus auprès de la Commission municipale du Québec.

L’objectif, ce n’est pas d’enrichir personne. C’est vraiment de régler un problème d’intérêt collectif. Il y a de l’information privée qui a été transmise qui aurait pu être accessible à d'autres s’ils avaient posé la question. Mais tout ça, c’était dans l’intérêt général, a assuré le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Le maire s'est appuyé sur un avis légal qui conclut que : nous n'avons aucune raison de croire [...] que le maire a agi de manière abusive, frauduleuse ou de mauvaise foi [...] alors qu'en tout temps, celui-ci nous indique avoir œuvré dans l'espoir de régler la problématique légitime des six immeubles.

Le conseil est divisé

La question de l'expropriation a divisé le conseil lors de la séance de mardi soir. Des élus ont tenté de faire retirer ce point de l'ordre du jour, en vain. La résolution a ensuite été adoptée avec une majorité de 11 contre 7 élus.

On n'a pas eu assez de temps pour discuter de ce dossier-là, a lancé le conseiller Jean-François LeBlanc.

Une opinion partagée par l'ensemble des élus qui se sont prononcés en défaveur de l'expropriation.

Le nom Mitigomijokan est adopté

Par ailleurs, un autre dossier a mobilisé le conseil de Gatineau mardi. Il s'agit de la question du nom que portera le nouveau district électoral. Après discussions, le conseil a officiellement adopté le nom de Mitigomijokan, tel que proposé la semaine dernière, pour désigner le nouveau quartier électoral numéro 5.

Mitigomijokan signifie en langue algonquine-anichinabée le lieu du chêne.

Certains élus estiment toutefois que la population et les résidents du quartier n’ont pas suffisamment été consultés.

J’ai toujours pensé que le processus a été un rendez-vous manqué. Par contre, je suis prêt à me rallier à la décision de ce soir, mais toujours avec un petit goût amer du processus qu’on a suivi, a indiqué le conseiller Marc Carrière.

Les élus qui ont exprimé leur réticence ont précisé que ce n’était pas le nom, mais bien le processus qu’il fallait remettre en cause.

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