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Les signes d’une bulle sur les marchés financiers?

Des opérateurs de marché au New York Stock Exchange.

Les marchés boursiers ont enregistré des gains dans les deux dernières semaines.

Photo : La Presse canadienne / AP/Nicole Pereira

Si vous vous retrouviez avec une somme de 10 000 $ aujourd’hui, feriez-vous une bonne affaire en l'investissant maintenant ou feriez-vous mieux d’attendre la prochaine correction boursière? L’avenir des marchés financiers, qui ont atteint de nouveaux sommets mardi, en laisse plus d’un sur le qui-vive.

Une troisième vague de COVID-19 point à l’horizon, en raison des divers variants du virus; seulement une petite minorité de la population est vaccinée; certains pans de l’économie tournent au ralenti; et les taux de chômage demeurent élevés.

Les faibles taux d’intérêt et les programmes d’aide gouvernementaux, dont celui, attendu, de 1900 milliards de dollars américains aux États-Unis, soulèvent en revanche un vent d’optimisme.

Les marchés boursiers, rappelle Stéphane Rochon, directeur général et chef de la recherche aux particuliers chez BMO Nesbitt Burns, sont un indicateur avancé de l’économie réelle. C’est souvent un signe que le momentum économique va s’améliorer dans les prochains trois à six mois.

M. Rochon fait valoir qu’il y a un énorme appétit pour le risque. On le voit avec le bitcoin qui a franchi le cap des 50 000 $ US mardi matin, dit-il. Ça nous inquiète un peu, parce que c’est sûr que des corrections peuvent arriver à n’importe quel moment.

Et plus le prix des actions est élevé, plus brutale peut être la chute.

Les titres dans le secteur technologique paraissent a priori de plus en plus surévalués. Il n’y a qu’à penser à Tesla aux États-Unis ou à Shopify au Canada, dont les titres ont explosé de 1100 % et de 400 % respectivement. M. Rochon se garde néanmoins de comparer la situation actuelle à celle de la bulle technologique du début des années 2000, où une dizaine d’années de rendements se sont évaporées en six mois après son éclatement.

« La grosse différence, cette fois-ci, c’est que des entreprises comme Apple, Amazon et Netflix sont profitables. »

— Une citation de  Stéphane Rochon, directeur général et chef de la recherche aux particuliers chez BMO Nesbitt Burns

Mais les leçons de cette bulle ne devraient pas être oubliées. Il ne faut pas surpayer une action, insiste M. Rochon. Parfois, la croissance des entreprises sous-jacentes et leurs bénéfices ne justifient tout simplement pas leur prix.

Que faire des 10 000 $?

Que ferait-il de vos 10 000 $ dans ce contexte? Stéphane Rochon en investirait la moitié, maintenant, dans des secteurs de la vieille économie, les compagnies industrielles ou la santé par exemple, et garderait des réserves en attendant la prochaine correction.

La clé, en bref : échelonner les placements. Il évoque des actions à dividendes comme celles du Canadien National, d’Enbridge, des industries Toromont, des pharmacies CVS et de Cisco Systems (titre moins couru en technologie).

C’est plate, mais l’investissement devrait être plate, souligne-t-il en riant.

Le gestionnaire de portefeuille chez PWL Capital, Peter Guay, renchérit : L’argent qu’on a à placer, à quoi ça sert? C’est de l’argent qu’on a besoin dans quelques années. Il est aussi raisonnable, selon lui, de voir une surenchère sur les marchés, mais il constate que, globalement, il y a des hausses 72 % du temps, d’année en année.

« Je ne peux pas prédire quand le krach va venir, mais il se peut que vous attendiez plus longtemps que le bénéfice potentiel à soutirer. »

— Une citation de  Peter Guay, gestionnaire de portefeuille, PWL Capital

S’il s’agit d’un placement à long terme, M. Guay investirait donc vos 10 000 $ sans plus tarder dans un fonds négocié en bourse fort diversifié, plutôt que d’essayer d’attendre et de le placer à meilleur prix.

Bulle, pas bulle?

Une grande question demeure, et malheureusement – ou heureusement – personne n’a la réponse : sommes-nous dans une bulle spéculative? La définition à laquelle adhère le professeur en finance de HEC Montréal, Vincent Grégoire, est qu’une telle bulle survient quand les prix sont détachés de leur valeur fondamentale.

La suite fait sourire : Le problème avec la valeur fondamentale, c’est qu’on ne la connaît jamais vraiment.

M. Grégoire note, cela dit, que la présence de nombreux boursicoteurs sur des plateformes de courtage au rabais fait craindre un marché beaucoup plus spéculatif, puisqu’ils ne comprennent pas beaucoup les technologies et les modèles d’affaires.

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie réelle demeure également sous surveillance. La question, affirme-t-il, est d’évaluer si tout est déconnecté, mais c’est difficile, étant donné l’incertitude sur toutes les tendances économiques à court et à moyen terme.

Peter Guay, de PWL Capital, se plaît à rappeler que l'ex-président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan avait déclaré, en 1996, que la bulle technologique d’alors relevait d’une exubérance irrationnelle. Ça a continué pendant quatre autres années.

Hausse des indices depuis mars 2020

  • S&P/TSX : 18 493 points, ↑ de 65 %
  • S&P 500 : 3933 points, ↑ de 76 %
  • Dow Jones : 31 523 points, ↑ de 70 %
  • NASDAQ : 14 048 points, ↑ de 105 %

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