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Cinq ans de détention pour une femme qui a kidnappé sa nièce à Laval

Gros plan d'une autopatrouille de la police de Laval.

Enlevée à Laval, la fillette a été retrouvée à Beloeil.

Photo : Radio-Canada / Simon Marc Charron

Un chiot, une paire de ciseaux, des attaches à câbles, un fil électrique, du ruban adhésif à conduits, des gants en latex et une perruque blonde... C'est l'attirail utilisé par une femme pour kidnapper et ligoter sa nièce de 8 ans alors qu'elle se rendait à l'école, en juin 2019 à Laval, un crime qui vaut cinq ans de pénitencier à la ravisseuse.

La femme, que nous désignerons par le prénom fictif Marie**, a planifié son coup pendant deux ans, afin de se venger de son frère, le père de celle que nous appellerons Camille**.

Le 4 juin 2019, Marie passe la nuit dans son véhicule pour épier la maison de son frère, à Laval.

Vers 7 h, sa nièce de 8 ans, Camille, sort seule de la résidence pour se rendre à son arrêt d'autobus.

Marie, qui porte une perruque et des lunettes de soleil, s'approche de la fillette et lui propose de flatter son chiot. Sans la reconnaître, Camille embarque dans son véhicule et elles se rendent à un boisé pour promener l'animal.

Ligotée avec du fil électrique

De retour dans la voiture, Marie met son plan à exécution : elle applique du ruban à conduits sur les yeux de Camille et lui ligote les poignets avec des attaches à câbles.

Comme [Camille] se plaint que les attaches sont trop serrées, l'accusée les coupe et utilise un fil électrique pour lui ligoter les poignets, peut-on lire dans l'exposé des faits déposé à la Cour.

L'accusée se rend chez elle, à Beloeil. Elle installe l'enfant sur un lit, dans une pièce où se trouvent plusieurs chiens. Les animaux tournent autour de Camille, de sorte qu'une partie du ruban qu'elle avait sur les yeux se décolle. Elle est en mesure d'observer l'intérieur de la pièce où elle se trouve.

Elles reprennent la route et Marie détache sa nièce.

Vers 9 h, la mère de Camille est alertée par l'école que sa fille est absente et n'a pas pris l'autobus. Elle communique avec le 911 pour signaler sa disparition et une importante opération policière est mise en branle.

Vers 11 h 31, Marie communique avec le père de Camille. Il réalise qu'elle détient sa fille et alerte les policiers.

Alors qu'une alerte Amber est sur le point d'être déclenchée, la ravisseuse est géolocalisée à Beloeil et interceptée alors que Camille est assise sur la banquette arrière du véhicule. À la vue des policiers, [Camille] éclate en sanglots, relate le document de cour.

Autre détail troublant : les agents découvrent dans le véhicule des bouts de réglisse avec des comprimés dissimulés à l'intérieur. L'enfant n'en a toutefois pas ingéré.

Conflit au sujet d'un héritage

Lors de son interrogatoire, Marie raconte aux policiers être en conflit avec son frère, le père de Camille. L'accusée a décidé de faire souffrir son frère en lui enlevant ce qu'il avait de plus précieux, soit son enfant, lit-on dans l’exposé des faits. Elle y pensait depuis deux ans, désireuse de faire capoter son frère.

Le conflit entre eux s'était exacerbé à la mort de leur père. Le frère est exécuteur testamentaire. Ils ne s'entendent pas concernant la liquidation de certains biens et la prise en charge de l'urne funèbre, précise le document de cour. La fille de Marie souhaitait conserver l'urne, ce à quoi s'opposait le père de Camille.

Marie, à présent âgée de 56 ans, a plaidé coupable la semaine dernière au palais de justice de Laval d’avoir commis un enlèvement et de s'être déguisée dans l'intention de commettre un crime. Elle a écopé de cinq ans de pénitencier. Elle était détenue depuis son arrestation.

La ravisseuse était représentée par Me Kristina Markovic. Me Brenda Toucado était la procureure aux poursuites criminelles et pénales.

** Une ordonnance du tribunal empêche de révéler tout renseignement permettant d'identifier la victime.

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