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Un pas vers l'octroi de la résidence permanente à Mamadi Camara

Mamadi Camara portant un masque.

Mamadi Camara a été accusé à tort d'avoir attaqué et désarmé un policier du SPVM le 28 janvier dernier.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau et l'opposition ont appuyé unanimement une motion réclamant l'octroi de la résidence permanente à Mamadi Camara, accusé à tort d'avoir attenté à la vie d'un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

La motion déposée plus tôt par le Bloc québécois demande au ministre de l'Immigration, Marco Mendicino, qu'il octroie dans les plus brefs délais la résidence permanente à Mamadi Fara Camara, selon l'article 25.1(1) de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.

Peu de temps avant, l'Assemblée nationale du Québec avait fait de même en adoptant une motion présentée par la députée indépendante Catherine Fournier demandant au gouvernement du Québec d'intercéder auprès d'Ottawa en vue d'une régularisation du statut de Mamadi Camara.

Mme Fournier invite aussi l'Assemblée nationale à demander à la ministre de l’Immigration provinciale de lui octroyer le certificat de sélection du Québec.

L’appui d’une motion en Chambre ne constitue cependant pas une obligation pour le gouvernement, mais il y a de fortes chances dans ce cas précis pour que le statut de M. Camara soit normalisé ou prolongé sous peu. L'étape du certificat de sélection deviendrait alors une formalité administrative, en vertu de l’entente en immigration entre Québec et le gouvernement fédéral.

J’ai été touché

Avant de commencer à annoncer des changements aux restrictions dans le cadre de la lutte contre la pandémie, le premier ministre François Legault, visiblement ému, a tenu à s’exprimer sur le cas de Mamadi Camara.

J’ai été touché comme beaucoup de Québécois. La façon qu'il a été arrêté, détenu pendant six jours... Je n'ose pas imaginer ce qu’il a ressenti, ce que son épouse, puis sa famille ont ressenti, a-t-il déclaré lors de son point de presse de mardi.

Dès ce matin, j’ai demandé à la ministre de l’Immigration de s’assurer que dès qu’il y aura les papiers pour la résidence permanente du gouvernement fédéral, que le gouvernement du Québec émette un CSQ, a-t-il indiqué.

Je pense que ça peut venir un peu atténuer le préjudice que M. Camara a subi malheureusement, a-t-il souhaité pour conclure sa courte déclaration.

Circonstances atténuantes

Après le vote sur la motion à la Chambre des communes, une première déclaration est venue d’un porte-parole du bureau du ministre de l’Immigration, Marco Mendicino.

Nous sommes profondément troublés par le traitement qu’a subi Mamadi Fara Camara. C’est inacceptable, et nous voulons des réponses claires sur ce qui s’est passé, a déclaré ce porte-parole à Radio-Canada.

Concernant la suite du processus, le bureau de M. Mendicino a précisé que les candidats peuvent inclure des circonstances atténuantes dans le cadre du processus de résidence permanente, et ces facteurs sont sérieusement pris en compte.

Chaque cas fait l'objet d'un examen et d'une analyse approfondie, et les décisions ne sont prises qu'après un examen attentif. Nous allons travailler avec M. Camara et sa famille alors qu’ils naviguent [dans] le processus d’immigration, a-t-il ajouté.

Son permis d'études expire à la mi-mai

Originaire de Guinée, Mamadi III Fara Camara, 31 ans, a été arrêté le 28 janvier dernier et détenu pendant six jours en vertu d’une accusation de tentative de meurtre sur un policier dans le quartier Parc-Extension, à Montréal.

L'agent du SPVM a été agressé et blessé par un individu alors qu'il venait de remettre une contravention à M. Camara. Ce dernier avait été immédiatement arrêté et accusé de l'agression.

M. Camara a été libéré le 3 février après l’abandon, par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), des procédures intentées contre lui. Deux jours plus tard, les accusations dont il faisait l'objet ont été abandonnées.

Selon ce qu’a appris Radio-Canada, le permis d’études délivré à M. Camara, qui est chargé de laboratoire à Polytechnique, expire à la mi-mai. Après cette date, s’il n’a pas terminé sa formation, il devra quitter le Canada.

Or, selon son avocat, Me Guillaume Cliche-Rivard, compte tenu de l’épreuve et de l’injustice qu’il a subies, Mamadi Camara ne sera pas en mesure d’étudier à temps plein pour un moment. Il est donc dans l’impossibilité de finir sa thèse et de respecter les exigences de son permis d’études.

C’est pourquoi les députés de l’Assemblée nationale du Québec et de la Chambre des communes lui ont accordé mardi cet appui unanime afin de faire en sorte que M. Camara ne soit pas obligé de quitter le pays après y avoir vécu une telle mésaventure.

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