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Les mines de charbon risquent de produire un « désastre » écologique, affirme un expert

Une centrale à charbon.

Le gouvernement albertain veut faciliter la création de mines de charbon à ciel ouvert afin d'attirer des investissements.

Photo : Getty Images / zhongguo

Radio-Canada

Un spécialiste de la pollution causée par le charbon affirme que la création de mines de charbon causera des dommages dans les Rocheuses.

L’augmentation de l’exploitation minière du charbon dans les montagnes Rocheuses de l’Alberta va engendrer un désastre environnemental pour la santé des poissons et de la faune qui se trouvent dans des bassins hydrographiques de très grande qualité et qui sont actuellement intacts, affirme Dennis Lemly, un scientifique à la retraite du gouvernement américain, dans un courriel envoyé à La Presse canadienne.

Le spécialiste a publié des douzaines d’articles scientifiques sur l’impact de l’exploitation du charbon au cours de sa carrière.

« Avez-vous déjà vu une mine de charbon écologiquement propre?Je n’en ai jamais vu au cours des enquêtes que j’ai faites durant les 45 dernières années au Canada, aux États-Unis et dans d’autres pays dans le monde. »

— Une citation de  Dennis Lemly, scientifique à la retraite

Le gouvernement albertain doit bientôt présenter une nouvelle politique sur le charbon. Il promet également des consultations publiques pour moderniser la politique sur le charbon de 1976, qu'il avait annulée au printemps.

La province ne cache pas ses intentions de faciliter l’exploitation du charbon sur les versants est des Rocheuses. La région, qui est emblématique du paysage albertain, abrite cependant d’importantes sources d’eau potable pour le sud de la province et des espèces en danger.

Pollution difficile à contrôler

Dennis Lemly s’inquiète entre autres de la pollution au sélénium, un élément libéré lors de l’extraction du charbon qui, en grande quantité, est toxique pour la faune et les humains.

En 2019, le spécialiste a publié, dans la revue Environmental Science and Policy, une étude examinée par des pairs du plan d’extraction du charbon de la compagnie Benga, dont le projet de mine de charbon métallurgique dans la région de Crowsnest Pass fait l'objet d'audiences réglementaires.

Selon lui, les entreprises minières comme Benga sont incapables de prévenir la pollution par le sélénium.

Les conséquences biologiques du lessivage du sélénium, engendré par l’exploitation de mines de charbon à ciel ouvert au sommet des montagnes, sont indiscutables, dit-il. Cela va inévitablement arriver. Il n’existe pas de traitements efficaces.

Dennis Lemly ne croit pas non plus à l’efficacité du plan de traitement des eaux contaminées proposé par Benga, qui consiste à les entreposer dans des fosses d’enfouissement afin qu’elles soient transformées par des microbes en un produit chimique sécuritaire.

« Ces bassins sont connus pour se fissurer. »

— Une citation de  Dennis Lemly, scientifique à la retraite

Le spécialiste croit également que les bassins seraient trop peu profonds pour éviter que l’eau de surface et l’eau contaminée ne se mélangent.

Il ajoute que les fosses d’enfouissement relâcheraient probablement des contaminants dans les ruisseaux et les eaux de surface se trouvant à proximité.

Jusqu’à aujourd’hui, aucun traitement n’a démontré la possibilité de traiter efficacement [les] eaux usées émanant des mines de charbon afin qu'elles soient sûres pour la vie aquatique, affirme l'étude.

Les méthodes et les techniques proposées pour protéger la qualité de l’eau sont de vaines promesses qui ne sont soutenues par aucune démonstration de succès antérieurs.

Des eaux usées recyclées

De son côté, l’entreprise Riversdale Resources, qui détient la mine Benga, affirme que le projet a été conçu pour gérer le sélénium de manière sécuritaire.

L’entreprise prévoit notamment d'utiliser des filtres et des centrifuges pour recycler le plus d’eaux usées possible à la mine.

Dans son étude, Dennis Lemly souligne également le fait que les régulateurs provinciaux et fédéraux n’ont pas été capables de prévenir la pollution au sélénium dans le passé.

Selon la banque de données d'Environnement Canada, les mines de l’Alberta n’ont jamais reçu d’amende pour la contamination au sélénium.

Avec les informations de La Presse canadienne

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