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Le présumé néonazi canadien Patrik Mathews, ex-réserviste, est débouté au Maryland

Un homme vu en gros plan. Il est revêtu de l'uniforme de l'armée. La photo a été prise à l'extérieur, en hiver. L'arrière-plan montre d'autres soldats et des véhicules de l'armée.

Patrik Mathews, qu’on voit ici sur une photo datant de 2015, est un réserviste de l’armée canadienne soupçonné d’appartenir à un groupe néonazi appelé The Base (archives).

Photo : Radio-Canada / archives CBC

La Presse canadienne

L'avocat de Patrik Mathews a vainement contesté, mardi, au Maryland, l'admissibilité de certaines preuves déposées contre l'ancien réserviste des Forces canadiennes et présumé néonazi.

Mathews et son coaccusé, Brian Lemley, espéraient convaincre le juge Theodore Chuang, de la Cour de district, de ne pas admettre certaines preuves qu'ils estimaient préjudiciables. Joseph Balter, l'avocat de Mathews, avait demandé mardi que la plupart des preuves d'écoute électronique, de courriels et de géolocalisation ne soient pas admises au procès, parce que les mandats de perquisition auraient violé les droits constitutionnels de son client.

Toutefois, le juge a statué mardi que les mandats utilisés pour obtenir cette preuve répondaient à des normes suffisantes.

Les procureurs américains et les avocats de la défense des deux hommes ont pris part à une audience virtuelle, mardi, pour discuter de requêtes visant à éliminer une montagne de preuves d'écoute électronique, de courriels et de géolocalisation.

Patrik Mathews, un ancien sapeur de combat de la Réserve, avait disparu de Beauséjour, au Manitoba, en août 2019, à la suite d'information dans les médias alléguant qu'il était un recruteur pour The Base, un groupe suprémaciste blanc. Cette organisation vient d'ailleurs d'être ajoutée par le gouvernement canadien à la liste des entités terroristes du Code criminel, en tant que groupe extrémiste violent motivé par des raisons idéologiques, comme les Proud Boys.

Patrik Mathews a été arrêté aux États-Unis cinq mois plus tard, en janvier 2020, avec Brian Lemley et William Bilbrough, dans le cadre d'une enquête plus vaste du FBI sur le groupe suprémaciste. Les procureurs soutiennent que les trois hommes fomentaient un complot élaboré pour provoquer une guerre raciale aux États-Unis.

Création d'un État blanc

Ils accusent Mathews d'avoir préconisé le meurtre de personnes, l'empoisonnement de l'eau potable et le déraillement de trains dans le but d'inciter à une guerre civile au nom de la création d'un État blanc. Ils l'accusent aussi d'avoir planifié des actes violents à commettre pendant un grand rassemblement proarmes en Virginie.

Mathews fait face à quatre chefs d'accusation, dont deux pour être un étranger en possession d'une arme à feu, et deux autres de transport d'une arme à feu à travers les frontières de l'État avec l'intention de commettre un crime.

Son avocat a plaidé mardi que, dans leur zèle à cibler les membres de l'organisation The Base pour un crime à caractère haineux, les enquêteurs américains avaient outrepassé les limites de la loi et violé le droit de son client à la liberté d'expression.

L'avocat de Brian Lemley, Ned Smock, a plaidé dans le même sens, soulignant qu'une caméra et des micros clandestins n'étaient pas nécessaires, compte tenu de la facilité avec laquelle le groupe a été infiltré par un agent double. Même un journaliste du Winnipeg Free Press, qui avait révélé les liens de Mathews avec The Base, a pu pénétrer dans le groupe, a soutenu Me Smock.

Toutes ces informations auraient pu être obtenues en continuant (...) les opérations d'infiltration, a-t-il plaidé pour contester, en vain, l'admissibilité de ces preuves.

Le troisième accusé dans cette affaire, William Bilbrough, a plaidé coupable en décembre de deux chefs d'accusation, dont celui de transport illégal d'un étranger, et il a admis dans sa reconnaissance de culpabilité qu'il était membre de l'organisation suprémaciste The Base. Il a été condamné à cinq ans de prison.

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