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Les cancers du cerveau à Gros-Mécatina relèvent du hasard, selon la santé publique

Une animation d'un cerveau avec un cancer

Quatre résidents de Gros-Mécatina ont reçu un diagnostic de cancer du cerveau en moins de 10 ans (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Vivre à Gros-Mécatina n’entraîne pas plus de risques de développer un cancer du cerveau qu’ailleurs au Québec. C’est ce que conclut la Direction de la santé publique (DSP) de la Côte-Nord au terme d'une deuxième phase de l'enquête sur l’existence d’un excès significatif de cas de cancer du cerveau dans la population de ce village de la Basse-Côte-Nord.

Entre 2006 et 2015, quatre cas de cancer du cerveau ont été diagnostiqués dans la petite municipalité d’environ 360 habitants, soit huit fois plus que la normale.

La santé publique attribue ce grand nombre de cancers au hasard, ce qui est une hypothèse fréquente dans ce type d’enquête, précise la DSP. Le fait qu'aucun nouveau cas ne s’est déclaré avant 2006 ni depuis 2015 est l'un des facteurs permettant d'en arriver à cette conclusion.

Une première phase de l'enquête arrivait à la même conclusion. Cette première étape avait pour but d'identifier rapidement les risques pour la santé des résidents, affirme le spécialiste en santé publique et médecine préventive au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, Stéphane Trépanier.

« On voulait s'assurer qu'il n'y avait pas de danger dans l'immédiat. »

— Une citation de  Stéphane Trépanier, spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord

Dans un deuxième temps, la santé publique a tenté de déterminer si certains facteurs pouvaient expliquer la présence de plusieurs cas de cancer du cerveau dans une courte période de temps à Gros-Mécatina.

Pendant cette deuxième phase, les résidents de la municipalité atteints d’un cancer du cerveau ainsi que leurs proches ont répondu à un questionnaire sur leurs habitudes de vie ainsi que sur leurs antécédents en matière de santé. Divers prélèvements ont aussi été analysés.

On est allé plus loin, affirme Stéphane Trépanier. On a analysé les sédiments du lac. On a essayé de comprendre le passé. Aller chercher des documents du ministère de l'Environnement pour voir s'il y avait eu de la pollution dans les dernières années.

Le directeur de la santé publique de la Côte-Nord, Dr Stéphane Trépanier

Le spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord, Stéphane Trépanier.

Photo : Radio-Canada

Pendant son enquête, la santé publique a identifié des sources potentielles d’exposition à certains contaminants, sans pouvoir prouver que ceux-ci ont causé des cancers.

L’enquête a permis d’analyser des sources d’exposition potentielles actuelles ou passées en lien entre autres avec l’alimentation traditionnelle (mollusques et produits marins), les puits d’eau potable et les appareils de radiologie, peut-on lire dans un communiqué du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord.

Même si la santé publique estime qu’il n’est pas risqué de vivre à Gros-Mécatina, elle recommande à la population, par précaution, d’éviter de boire de l’eau du lac de l’Aqueduc et d’éviter de consommer des œufs, des viscères ou le gras d’animaux sauvages.

La santé publique dit notamment avoir identifié un contaminant dans le lac, qui ne cause pas directement le cancer, mais qui peut diminuer l'immunité de ceux qui le consomment. Stéphane Trépanier juge toutefois peu probable que les cancers du cerveau à l'étude soient liés à ce contaminant.

« Ça aurait aussi contribué à d'autres types de cancer, pas seulement au cerveau. C'est trop faible comme lien pour dire que ça ait pu jouer un rôle.  »

— Une citation de  Stéphane Trépanier, spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord

Soulagement en Basse-Côte-Nord

Le préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, Randy Jones, se réjouit des conclusions de l'enquête.

C’est un poids énorme qui vient d’être enlevé de nos épaules, dit-il. Ça fait 5 ans qu’on attend ça, qu’on ne sait pas ce qui se passe, qu’on est sur nos gardes.

Randy Jones, préfet de la MRC du Golfe du Saint-Laurent

Randy Jones, préfet de la MRC du Golfe du Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi

Concernant les recommandations de la santé publique, il affirme que les résidents de Gros-Mécatina étaient déjà au fait des risques associés à la consommation de l'eau du lac de l'Aqueduc et d'animaux sauvages.

On le savait déjà. Ça fait longtemps qu’on nous dit que ces choses-là ne sont pas bonnes pour nous.

La santé publique dit aussi continuer de surveiller l’apparition de nouveaux cas de cancer du cerveau dans la région.

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