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Les fonctionnaires aiment le télétravail, mais pas à leurs frais

Un ordinateur portable, un clavier, une souris et un casque d'écoute ont déposé sur une table.

Près de 75 % des professionnels de l'État qui ont participé au sondage ont dit travailler exclusivement à la maison (archives).

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Les professionnels de la fonction publique qui se sont vu imposer le télétravail ont dépensé en moyenne près de 500 $ depuis le début de la pandémie pour arriver à accomplir leurs tâches à la maison. Leur syndicat estime que le temps est venu pour le gouvernement Legault de les rembourser et de leur offrir un encadrement adapté à leur nouvelle réalité.

Un sondage mené auprès des membres du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) révèle que 97,84 % d’entre eux utilisent du matériel personnel lorsqu’ils sont en télétravail.

Connexion Internet, bureau, chaise ergonomique, téléphone cellulaire, imprimante : les fonctionnaires ont dû en grande partie compter sur leurs propres ressources pour continuer leur prestation de travail.

La grande majorité des 10 553 répondants (88,98 %) ont tout de même accès à un ordinateur fourni par l’employeur.

Le sondage a été mené du 2 au 16 novembre 2020 sur le site SurveyMonkey. Le SPGQ a envoyé à ses membres pour lesquels il détenait une adresse courriel personnelle un hyperlien conduisant au sondage. Sur les 19 473 membres qui ont reçu une invitation, 10 553 ont répondu au questionnaire, ce qui représente un taux de réponse de 54,2 %.

Dépenses importantes

Ordinateur ou pas, travailler à la maison engendre des dépenses importantes, souligne la présidente du SPGQ, Line Lamarre. Elle reproche au gouvernement de refiler la facture à ses employés.

Nos gens ont engagé des dépenses et continuent à le faire, ce n'est pas fini. On continue à utiliser le lien Internet personnel, privé, ce qui est impensable. On continue à refuser de [nous] payer du mobilier de bureau, dénonce Mme Lamarre.

Entre mars et novembre, les répondants du sondage qui ont été en mesure de fournir un montant précis ont engagé en moyenne des frais de 480 $ liés à l’achat ou à l’utilisation de matériel personnel pour le travail.

En appliquant ce montant à la totalité de ses 28 845 cotisants, le SPGQ évalue qu’ils ont déboursé environ 11 millions de dollars.

Quand t'es obligé de fournir ton matériel personnel et que, pour x raisons, tu le brises, tu le casses, tu l'échappes, et que l'employeur refuse de rembourser, bien ça ne te donne pas tellement envie d'utiliser ton matériel personnel.

Une citation de :Line Lamarre, présidente du SPGQ

Travailler sur le coin d'une table

Line Lamarre fait remarquer que les employés de l’État n’ont pas tous la chance d’avoir une pièce supplémentaire où aménager un espace de travail ni de posséder un mobilier de bureau ergonomique. Le risque de développer des problèmes de santé liés au travail s’en trouve augmenté.

Être assis sur le coin d'une table de cuisine pour faire son travail, c'est loin d'être bien pour l'ergonomie, mais c'est loin d'être bien aussi pour la santé mentale [...] Si vous êtes avec un enfant, avec un conjoint qui est peut-être aussi en télétravail, bien là, on double la problématique, affirme la présidente du SPGQ.

Photo de Line Lamarre.

La présidente du SPGQ, Line Lamarre, invite le gouvernement à en faire davantage pour soutenir les professionnels de l'État en télétravail (archives).

Photo : SPGQ

Plus d’un professionnel sur deux (50,33 %) estime que son espace de travail à domicile comporte des risques ergonomiques pour sa santé ou sa sécurité au travail.

On ne travaille pas à la maison sur une chaise de cuisine pendant un an et demi sans qu'il y ait des conséquences.

Une citation de :Line Lamarre, présidente du SPGQ

Travailler à la maison n’a toutefois pas que des inconvénients, reconnaît le SPGQ. La possibilité de travailler selon un horaire flexible, l’absence du stress provoqué par les déplacements entre le domicile et le bureau et l’augmentation du temps passé en famille, par exemple, représentent des avantages indéniables.

À la maison après la pandémie

Ce n’est donc pas un hasard si 94,26 % des répondants au sondage souhaitent pouvoir continuer d’effectuer une partie de leur travail à la maison une fois la pandémie terminée. Plus d’un professionnel sur cinq (22,08 %) aimerait être en télétravail 100 % du temps quand la crise sanitaire sera chose du passé.

Line Lamarre insiste toutefois sur l’importance d’organiser le télétravail de manière à limiter au maximum le niveau de stress psychologique des employés, surtout en période pandémique.

Elle croit également que le gouvernement et les autres employeurs doivent fournir aux travailleurs le matériel nécessaire à l’exercice de leurs fonctions en télétravail.

Cela inclut les ordinateurs et les connexions Internet, mais également un mobilier de bureau ergonomique permettant de réduire les risques liés à la santé et à la sécurité au travail.

Déduction d'impôts

Alors que la période de déclaration d'impôts approche, tous les « télétravailleurs », y compris les fonctionnaires, pourront néanmoins récupérer une partie de ces dépenses en déductions fiscales accordées par les agences de revenu du Canada et du Québec.

Le Conseil du Trésor prévoit par ailleurs déposer au cours des prochains mois une politique-cadre sur le télétravail. Elle s'adressera aux quelque 70 000 employés des ministères et organismes assujettis à la Loi sur la fonction publique.

Avec la collaboration d'Alexandre Duval et de Cathy Senay

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