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Escalier de la rue Tessier: le propriétaire met en demeure le Comité logement Rimouski

Régis Roussel s'estime victime de la diffusion de fausses informations à son sujet

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski où un escalier d'accès a été démoli

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski où un escalier d'accès a été démoli

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La démolition d’un escalier sur un immeuble à logements de la rue Tessier à Rimouski prend une tournure légale.

Le propriétaire de l’immeuble, Régis Roussel, a fait parvenir une mise en demeure, vendredi, au Comité logement Rimouski et à la locataire des lieux les enjoignant de cesser de diffuser sur les réseaux sociaux ce qu’il estime être de fausses informations à son sujet.

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski où un escalier d'accès a été démoli

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski où un escalier d'accès a été démoli

Photo : Radio-Canada

En entrevue à Radio-Canada, vendredi, l’avocat de monsieur Régis Roussel, Me Pierre Lévesque, a reconnu que l’escalier et une partie de la structure du balcon ont été arrachés sans que la locataire, Marianne Lefèvre-Campbell, en ait été avisée au sens du Code civil.

Dans certains de ses articles, ce Code oblige un propriétaire à donner un avis au locataire pour des travaux majeurs non urgents.

Me Lévesque ajoute toutefois que le propriétaire et la locataire avaient échangé sur le sujet l’automne dernier.

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski avant la démolition de l'escalier et d'une partie de la structure du balcon

L'immeuble de la rue Tessier à Rimouski avant la démolition de l'escalier et d'une partie de la structure du balcon

Photo : Image: Google street view

L'avocat de monsieur Roussel dit aussi que lorsque son client a acheté l’immeuble en août dernier, il a avisé les locataires des trois logements qu’il comptait procéder à d’importants travaux de rénovation et qu’en conséquence, il souhaitait leur départ.

Selon l'avocat, il y a eu entente avec deux locataires, mais pas avec madame Lefèvre-Campbell.

Interrogé à savoir si cette dame est une bonne locataire, l’avocat dit ne pas avoir été informé par son client de manquement au paiement du loyer ou à des plaintes formulées par des voisins ou encore à des bris dans le logement.

Réactions

La députée Manon Massé de Québec solidaire a dit voir dans cette façon de faire une manœuvre d’intimidation pour forcer la locataire à quitter les lieux, elle qui bénéfice d’un loyer avantageux de 385$ par mois pour un 4 et demi, situé non loin du Parc Beauséjour.

La députée affirme que ce cas en est un parmi de nombreux qui ont été portés à son attention.

Manon Massé en point de presse.

La députée de Québec solidaire Manon Massé

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Selon elle, la pénurie de logements dans différentes villes du Québec, dont Rimouski, alimente le phénomène des « rénovictions », soit des rénovations importantes réalisées dans le seul but de forcer le départ des locataires et, par la suite, d'augmenter le prix des loyers.

Le conseiller municipal du district où se trouve la résidence, Jocelyn Pelletier, dit prudemment qu’il peut y avoir deux versions à cette affaire, mais cette histoire l’interpelle suffisamment pour qu’il soulève cette question lors du comité plénier qui réunit les autres élus municipaux et les plus hauts fonctionnaires de la ville.

Jocelyn Pelletier, conseiller municipal, Ville de Rimouski

Jocelyn Pelletier, conseiller municipal, Ville de Rimouski

Photo : Radio-Canada

Le conseiller veut notamment savoir si ce cas est unique ou s’il y en a d’autres, de même nature, ailleurs à Rimouski.

« Procédés intimidants répétitifs »

Radio-Canada a constaté que l’entreprise que possède Régis Roussel a déjà été condamnée en 2019 à une amende de 1 500$ par le Tribunal administratif du logement alors appelé la Régie du logement.

Dans ce jugement, le tribunal justifiait sa décision par ce qu’il qualifiait de procédés intimidants répétitifs employés par le propriétaire à l’encontre d’un locataire occupant un autre logement que celui de la rue Tessier. Régis Roussel possède une centaine de logements à Rimouski.

Réactions des intimés

La locataire, Marianne Lefèvre Campbell, confirme avoir reçu la mise en demeure. Elle y voit une manoeuvre d'intimidation.

Elle dit ne plus se sentir en sécurité dans son logement, mais se dit quand même rassurée par le fait que l'on parle de son cas publiquement.

Elle affirme avoir pris la décision de quitter son logement, mais pas avant la fin de son bail en juin prochain.

Elle a un rendez-vous la semaine prochaine avec l'Aide juridique pour définir la réponse à donner à la mise en demeure de son propriétaire.

Au Comité logement Rimouski, on veut étudier le document et, entre temps, on ne fait aucun commentaire. C'est la première fois que le comité reçoit une telle mise en demeure en plus de 20 ans d'existence.

Radio-Canada n'a pu obtenir une copie du document.

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