•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sainte-Marie veut tourner la page sur la zone inondable

Photo aérienne au moment des inondations d'avril 2019 à Sainte-Marie.

Photo aérienne au moment des inondations d'avril 2019 à Sainte-Marie.

Photo : Crédits: / Pierre Lahoud

Le centre-ville de Sainte-Marie, qui longe la rivière Chaudière en Beauce, ne sera bientôt qu’un souvenir. Après la démolition de plus de 400 résidences, l’hôtel de ville, la caserne incendie, l’école primaire et le parc industriel ont trouvé refuge loin de la zone inondable.

L’avenir se dessinera loin de la rivière, près du centre Caztel et de l’école secondaire. L’endroit, nommé la Cité Sainte-Marie, comprend déjà des infrastructures sportives et communautaires.

L’ajout de l’hôtel de ville, d’une bibliothèque, de la caserne de pompiers, d’une école primaire et d’un nouveau plateau sportif comprenant des terrains de tennis, une piscine et des jeux d’eau est une décision logique, selon le maire, compte tenu de la proximité des nouveaux ensembles résidentiels.

On est en train de regrouper Sainte-Marie dans le secteur Saint-Martin et près de la Cité, visualise Gaétan Vachon.

Une carte du secteur de la Cité Sainte-Marie.

Le secteur de la Cité Sainte-Marie a été ciblé pour la construction du futur hôtel de ville.

Photo : Radio-Canada

Des demandes d’aide financière sont en préparation. L’hôtel de ville et la bibliothèque seront érigés d’ici deux ou trois ans, avance M. Vachon.

On va déplacer aussi notre poste de pompiers. On est en train de finaliser un dossier d'expropriation. Aussitôt que ce sera terminé, on se penchera sur la Commission scolaire Beauce-Etchemin, qui a annoncé la construction d'une école primaire, précise-t-il.

Pour la sécurité

Des pompiers quittant la caserne sur des embarcations, l’hôtel de ville devenu inaccessible aux citoyens sinistrés et des élèves qui voient leur salle de cours inondée sont des scènes malheureusement trop fréquentes à Sainte-Marie.

Des citoyens sont évacués par des pompiers dans un bateau.

Des citoyens sont évacués par des pompiers dans un bateau, à Sainte-Marie, le 20 avril 2019.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Selon le maire, il n’est plus sain que les institutions de la Ville soient soumises chaque printemps aux crues de plus en plus menaçantes de la rivière Chaudière.

Il y a des contraintes d’assurance. Il faut sortir nos infrastructures du centre-ville pour la sécurité. On était isolé, affirme-t-il.

L’industrie au détriment de l’agriculture

Si la Ville se réjouit de la décision des propriétaires de l’usine Vachon de construire un mur anticrue de 10 millions de dollars pour demeurer au centre-ville, elle ne pouvait plus compter sur les rives pour le développement de futures industries.

Un mur devant l'usine Vachon de Sainte-Marie.

Un mur anticrue de plus de 800 mètres sera construit autour de l'usine Vachon, à Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Après six ans de négociations, Sainte-Marie a obtenu gain de cause devant la Commission de protection du territoire agricole pour le dézonage de 14 hectares afin d’aménager un nouveau parc industriel.

La ferme Gueule fine est parmi les cinq propriétaires qui ont dû se résigner à abandonner une portion de leurs terres.

On n’était pas prêt à vendre. Mais on a compris que si ce n'était pas là, ça serait dans 10 ans. On s'est dit, pourquoi se battre? relate la propriétaire Julie Pouliot.

Carte du futur parc industriel.

Le futur parc industriel sera près de l'autoroute 73.

Photo : Radio-Canada

Pour le moment, la transaction est vue d’un bon oeil : l’argent de la vente sera investi dans l’entreprise agrotouristique. Cependant, la menace de voir un jour la zone industrielle s’agrandir jusque devant la ferme inquiète les jeunes producteurs.

En 2017, quand la Ville nous a approchés pour nous expliquer c'était quoi le projet, je vais vous avouer que mon conjoint et moi, on a pensé tout vendre et s'établir ailleurs.

Une citation de :Julie Pouliot, propriétaire de la ferme Gueule fine
Julie Pouliot tient un agneau dans ses bras.

Julie Pouliot est propriétaire de la ferme Gueule fine, à Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

C'est le genre d'industrie qui m'inquiète en raison de la pollution sonore, des odeurs et de la lumière que ça peut créer. J'offre un service à la clientèle. Est-ce que le fait d'avoir des camions proches va nuire? se questionne Mme Pouliot.

Pour les 10 à 15 prochaines années

La demande initiale de la Ville de Sainte-Marie devant la CPTAQ visait pratiquement le double de la superficie obtenue. L’Union des producteurs agricoles de Chaudière-Appalaches a accepté de ne pas s’opposer à la demande réduite de la Ville, puisque celle-ci promettait un développement par phases qui s’échelonnerait sur les 10 à 15 prochaines années.

Ça fait partie des discussions qu’on a eues. Ils nous ont dit qu'ils allaient être tranquilles pour une dizaine d'années, relate le président de l’UPA de Chaudière-Appalaches, James Allen.

Le maire de Sainte-Marie est pour sa part un peu plus prudent sur les prévisions.

Les cinq dernières années, on a complètement rempli notre parc industriel. Ça peut être entre 5 et 10 ans à partir de là. Il y a une possibilité d'aller chercher près d'une douzaine d'hectares dans le secteur, fait valoir M. Vachon.

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, indique où sera construit l'hôtel de ville.

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, indique où sera construit l'hôtel de ville.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Préserver le passé

Même si Sainte-Marie quitte la zone inondable, le maire assure qu’il n’est pas question de démolir l’ancien hôtel de ville une fois que la transition sera terminée.

Le bâtiment pourrait notamment servir aux organismes communautaires qui avaient autrefois des locaux dans des résidences maintenant démolies.

La Ville a aussi mandaté une firme pour évaluer l’avenir du vieux centre-ville. La volonté est de préserver une portion de cette page d’histoire et de se réapproprier la rivière Chaudière, qui a été trop souvent source d'angoisse au printemps.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !