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Une commission d'enquête sur l'assaut du Capitole inspirée de celle du 11 Septembre

Des manifestants tentent de faire intrusion dans le Capitole, usant de violence pour pénétrer dans l'édifice que tentent de défendre des policiers. À l'avant-plan, un émeutier portant un masque à gaz et armé d'un bâton de baseball et d'un bouclier.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des partisans de celui qui était alors président ont fait intrusion dans le Capitole, usant de violence pour pénétrer dans l'édifice.

Photo : Getty Images / Brent Stirton

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé, lundi, une commission indépendante pour faire toute la lumière sur les événements ayant mené à l'invasion du Capitole, en début d'année, à l'image de celle mise en place pour expliquer les ratés sous-jacents aux attentats du 11 septembre 2001.

Le très bref procès en destitution de Donald Trump est peut-être terminé, mais la recherche des causes de l'assaut, qui a fait 5 morts, dont un policier, et près de 150 blessés parmi les forces de l'ordre, ne fait que commencer.

Dans une lettre envoyée lundi aux représentants démocrates de la Chambre, Nancy Pelosi a exprimé sa volonté de créer une commission extérieure et indépendante du type de celle du 11 Septembre pour enquêter et faire rapport sur les faits et causes liés à l'attaque terroriste intérieure du 6 janvier 2021 contre le complexe du Capitole des États-Unis, et a martelé la nécessité de protéger [la] sécurité des élus.

La commission se penchera aussi sur l'interférence avec le transfert pacifique du pouvoir, notamment en lien avec la préparation et la réponse de la police du Capitole [...] et des autres forces de l'ordre fédérales, étatiques et locales dans la région nationale du Capitole.

Le constat préliminaire dressé par le général à la retraite Russel Honoré, mandaté par Nancy Pelosi pour évaluer les besoins sécuritaires du Congrès après les événements du 6 janvier, et les informations issues du procès intenté contre Donald Trump devant le Sénat pour « incitation à l'insurrection » prouvent la pertinence d'un tel processus, a-t-elle fait valoir.

Il est évident, d'après [les] conclusions [du général Honoré] et le procès en destitution, que nous devons découvrir la vérité sur la façon dont cela s'est passé.

Une citation de :Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

Lorsque Nancy Pelosi avait évoqué le projet, le mois dernier, elle avait précisé que les membres de la commission ne seraient pas des élus fédéraux.

Interviewée sur le réseau ABC, la représentante démocrate Madeleine Dean, qui figurait dans l'équipe de mise en accusation, a appuyé une commission d'enquête impartiale qui ne serait pas guidée par la politique, mais composée de personnes qui auraient le courage de leurs convictions.

Une commission telle que celle mise de l'avant par Nancy Pelosi nécessiterait l'appui de la Chambre et du Sénat, avant d'être entérinée par le président Joe Biden.

La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, connue sous le nom de Commission du 11 Septembre, avait pour but d'enquêter sur les causes de l'attentat qui avait fait près de 3000 victimes et sur ce qui aurait pu l'empêcher, ainsi que de faire des recommandations pour faire en sorte qu'un tel drame ne survienne à nouveau.

Composée de cinq républicains et d'autant de démocrates, elle avait fait l'objet d'une loi, promulguée en 2002 par le président républicain de l'époque, George W. Bush. Son enquête avait duré 20 mois.

L'assaut du Capitole fera aussi l'objet d'un examen commun de deux comités du Sénat, l'un consacré aux règles et à l'administration, l'autre à la sécurité intérieure et aux affaires gouvernementales. Les audiences ont été annoncées deux jours après l'émeute par des responsables des deux partis, soucieux de déterminer les défaillances en matière de sécurité.

Des appuis bipartisans, mais des visions divergentes

Des partisans de Donald Trump crient à l'extérieur du Capitole, où se trouve un immense drapeau américain.

Des partisans de Donald Trump, lors de l'assaut du Capitole du 6 janvier

Photo : Getty Images / Brent Stirton

L'idée d'une commission indépendante a fait son chemin chez des élus des deux camps, mais elle ne revêt pas la même signification pour tous.

Dans les rangs républicains, on souhaite mettre l'accent sur des questions comme les lacunes des services de renseignement ou les failles sécuritaires qui ont permis aux émeutiers de pénétrer dans le Capitole.

Chez les démocrates, on fait valoir que la commission doit également s'attarder au rôle politique joué, entre autres, par Donald Trump.

Selon le New York Times, certains représentants démocrates voudraient que la commission s'étende aussi à la réponse du gouvernement fédéral au terrorisme intérieur et à l'extrémisme violent.

Des élus démocrates et des républicains ont défendu dans les émissions politiques matinales du dimanche leur vision de la forme qu'elle devrait prendre.

Nous avons besoin d'une commission du style de celle sur le 11 Septembre pour découvrir ce qui s'est passé et faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais, et je veux m'assurer que la périphérie du Capitole pourra être mieux défendue la prochaine fois, a soutenu sur les ondes de Fox News le sénateur républicain Lindsey Graham, un des plus farouches alliés de l'ancien président.

Son collègue Bill Cassidy, l'un des sept républicains qui ont jugé Donald Trump coupable, a plaidé pour une enquête complète afin que cela ne se reproduise plus jamais.

[On doit savoir] pourquoi il n'y avait pas plus de membres des forces de l'ordre, pourquoi la Garde nationale n'était pas déjà mobilisée, [savoir] ce qui était connu, qui le savait, et quand ils l'ont su.

Une citation de :Bill Cassidy, sénateur de la Louisiane

Il y a encore d'autres preuves dont le peuple américain a besoin et qu'il mérite d'entendre, a par exemple affirmé le sénateur démocrate Chris Coons en entrevue à ABC News.

Une commission comme celle du 11 Septembre est un moyen de nous assurer de sécuriser le Capitole à l'avenir et de déterminer l'ampleur de la responsabilité de [l'ancien] président Trump et de la violation abjecte de son serment constitutionnel.

Pelosi montrée du doigt

Plus tôt dans la journée, quatre représentants républicains ont par ailleurs transmis une lettre à la présidente de la Chambre, selon laquelle elle a joué un rôle en ce qui concerne le délai entourant le déploiement des troupes de la Garde nationale.

Cinq semaines se sont écoulées depuis l'attaque du 6 janvier sur l'édifice du Capitole, et de nombreuses questions importantes concernant votre responsabilité pour la sécurité du Capitole restent sans réponse, a écrit le petit groupe d'élus, auquel appartiennent entre autres Jim Jordan et Devin Nunes.

La lettre élude le fait que le républicain Mitch McConnell, qui était alors le leader de la majorité au Sénat, avait lui aussi un rôle à jouer dans les décisions liées à la sécurité du Capitole.

Des manifestants tiennent des drapeaux, notamment des États-Unis et à l'effigie de Trump.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des centaines de partisans de celui qui était alors président ont réussi à envahir le Capitole.

Photo : Getty Images / Brent Stirton

Au terme d'un procès d'à peine cinq jours, le Sénat a jugé, samedi, l'ancien président américain coupable à 57 voix contre 43, un seuil insuffisant pour rendre un verdict de culpabilité.

L'ex-président républicain doit largement la clémence du Sénat au fait qu'une majorité de républicains s'est retranchée derrière un argument procédural, selon lequel il est inconstitutionnel d'intenter un procès contre quelqu'un qui n'est plus au pouvoir.

Au premier jour du procès, une majorité d'élus avait pourtant jugé la procédure conforme à la Constitution, une position défendue par une majorité de constitutionnalistes.

Avec les informations de New York Times, Associated Press, et NPR

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