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Le 17 février 1986 s’ouvre le premier Sommet de la Francophonie

À côté de l'animateur Bernard Derome, on voit une carte qui indique la position de la ville de Paris en France.

Le 17 février 1986 s'ouvre à Paris le premier Sommet de la Francophonie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 17 février 1986, un premier Sommet de la Francophonie est inauguré à Paris. Retour sur un événement historique qui a permis la création d’une organisation étatique francophone internationale.

La francophonie internationale réunie à Paris

La Garde républicaine a salué ce matin l’arrivée de la quarantaine de chefs d’État et de gouvernement qui représentent 100 millions de francophones à travers les cinq continents.

Une citation de :Jean Bédard, 17 février 1986

Le 17 février 1986, le président de la République française, François Mitterrand, inaugure le premier Sommet de la Francophonie au château de Versailles.

Téléjournal, 17 février 1986

Ce jour-là, le Téléjournal qu’anime Bernard Derome présente des reportages des journalistes Jean Bédard et Daniel L’Heureux qui assistent aux travaux du sommet.

Le journaliste Jean Bédard souligne l’importance historique de l'événement.

Les 41 délégations présentes ont discuté de problèmes cruciaux, comme celui de l’aide aux pays en voie de développement.

Le premier ministre canadien Brian Mulroney a, pour sa part, fait adopter à l’unanimité une résolution qui condamne le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud.

La chaîne de télévision TV5 deviendra par ailleurs accessible au Canada.

Ce premier Sommet de la Francophonie a pu être convoqué car, quelques mois auparavant, le conflit entre les gouvernements du Canada et du Québec sur la présence et le rôle de la province dans les affaires internationales a été réglé.

Au fond, la guerre de drapeaux Ottawa-Québec qu’on croyait mise en veilleuse resurgit sous une nouvelle forme. Ottawa et Québec font semblant de marcher main dans la main. Mais aucun des deux n’a renoncé à tirer le maximum de profits de sa présence sur la scène internationale.

Une citation de :Daniel L’Heureux, 17 février 1986

Or, le journaliste Daniel L’Heureux constate que la guerre de drapeaux entre Ottawa et Québec n’est pas terminée.

Le premier ministre québécois Robert Bourassa, sans prévenir le premier ministre canadien Brian Mulroney, dépose une résolution sur une redistribution des produits alimentaires européens aux pays en voie de développement.

Cette proposition, qui met le Québec à l’avant-plan du sommet, embarrasse le premier ministre Mulroney.

Le ministre des Relations internationales du Québec, Gil Rémillard, en remet en affirmant que le premier ministre Bourassa, en tant que rapporteur officiel, est de fait le numéro deux de la rencontre.

Une vieille querelle

Cette confrontation dure depuis des années.

Télémag, 20 décembre 1977

En décembre 1977, le journaliste René Mailhot assiste à la conférence annuelle de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) des pays francophones qui se tient à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Son reportage, présenté à l’émission Télémag le 20 décembre 1977 animée par Pierre Nadeau, constate que la querelle entre Ottawa et Québec paralyse partiellement la conférence.

L’ACCT se retrouve même incapable d’adopter un projet qui existe depuis les années 1960 : un sommet des chefs d’État francophones.

René Mailhot interroge pour son reportage les ministres canadien et québécois Jean-Pierre Goyer et Claude Morin.

Leurs positions sont diamétralement opposées sur plusieurs questions, notamment sur un sommet des chefs d’État auquel participerait le Québec.

Le reportage donne aussi la parole à des représentants africains.

Certains minimisent les répercussions de la querelle Ottawa-Québec.

Mais d’autres soulignent qu’elle empêche de faire des progrès sur des sujets qui leur tiennent à cœur, dont la coopération économique.

Ce n’est qu’en novembre 1985 que les premiers ministres du Canada et du Québec, Brian Mulroney et Pierre-Marc Johnson, s’entendent sur la place et le rôle du Québec lors d’un prochain sommet de la Francophonie.

Le Québec (et le Nouveau-Brunswick) pourront y être présents comme gouvernements participants.

Un sommet prometteur

Le 19 février 1986, le Sommet de la Francophonie de Paris se conclut.

Ce jour-là, une partie importante de l’émission Le Point, qu’anime Simon Durivage, est consacrée à l'événement.

Le Point, 19 février 1986

Le journaliste Pierre Nadeau s’entretient tout d’abord avec le premier ministre du Canada Brian Mulroney.

Le chef du gouvernement fédéral qualifie sans hésitation de réussite la rencontre et minimise les batailles de protocole qui auraient eu lieu avec le premier ministre du Québec Robert Bourassa.

Par la suite, Pierre Nadeau interviewe André Patry qui s'investit beaucoup dans les dossiers de la francophonie internationale depuis des années.

Le bilan que fait André Patry est nuancé.

D’une part, il est impressionné par le nombre important de participants au sommet.

D’autre part, il louange l’esprit de coopération de Brian Mulroney et la performance de Robert Bourassa lors du sommet.

Par contre, il déplore le fait que le sommet a ouvert la voie à très peu de décisions concrètes.

Un projet de développement de la région désertique du Sahel, qui était dans l’air, n’a finalement pas été retenu.

Mais André Patry rejette l’idée que ce sommet a été inutile.

Il a donné l’impulsion à un mouvement qui pourrait donner ultérieurement lieu à des actions concrètes.

Une prédiction qui se confirmera avec le deuxième Sommet de la Francophonie tenu à Québec en septembre 1987.

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