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Une pétition à l'Assemblée nationale pour la liberté universitaire

Le campus de l'université McGill à Montréal.

Selon les signataires de la pétition, les professeurs devraient être totalement libres de parler de ce qui s'est fait et de ce qui s'est dit dans les cours universitaires.

Photo : afp via getty images / DANIEL SLIM

Radio-Canada

Une pétition a été lancée sur le site de l'Assemblée nationale pour défendre la liberté universitaire, qui serait malmenée dans certains établissements.

La pétition demande au gouvernement Legault de déposer un projet de loi qui garantirait la liberté d'enseignement.

C'est une retraitée de Saguenay, France Morin, qui est à l'origine de cette initiative.

En entrevue avec La Presse canadienne lundi matin, Mme Morin a exprimé ses inquiétudes concernant le climat actuel dans les campus universitaires.

Selon elle, les professeurs devraient être totalement libres de parler de ce qui s'est fait, de ce qui s'est dit et de ce qui s'est écrit à notre époque contemporaine comme aux époques antérieures.

Les professeurs ont besoin de cette liberté académique pour bien enseigner l'Histoire, entre autres, selon ce qu'elle a ajouté.

Mme Morin dit comprendre les susceptibilités des gens qui se disent offensés par certains mots ou épisodes historiques, mais, selon elle, il ne faut pas faire comme si cela n'a jamais existé.

Mettre en place un comité-conseil

En entrevue à Radio-Canada, la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a assuré que des travaux sur la question de la liberté académique étaient déjà entamés. Elle a également annoncé qu’au cours des prochaines semaines, un comité-conseil sera formé pour se pencher sur cette problématique et fournir des recommandations aux universités.

Ce qui se passe dans nos universités est un reflet de la société.

Une citation de Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Ces travaux, dit la ministre, seront menés dans le respect total de l’autonomie des universités. C’est sûr qu’il faut être très sensible, mais la censure n’a pas sa place, ajoute-t-elle.

Elle déplore notamment le fait que des enseignants doivent se censurer sous peine d’être victimes d’intimidation. Selon elle, il est nécessaire d’encourager les débats et que les universités se mobilisent entre elles pour trouver des voies de passage afin de favoriser la liberté d’expression.

Le chantier de l’université du futur

En septembre dernier, un groupe de travail présidé par le scientifique en chef du Québec Rémi Quirion concluait que la censure perturbe la fonction capitale d’espace de libre débat des universités.

Les auteurs du rapport avaient notamment réclamé un énoncé du gouvernement du Québec qui reconnaîtrait la liberté académique comme condition nécessaire d'accomplissement [...] de la mission universitaire dans les activités de formation, de recherche et de création [...] et la protection appropriée des membres de la communauté universitaire.

Un plaidoyer contre l’autocensure

Dans un long plaidoyer publié sur sa page Facebook plus tôt cette semaine, le premier ministre François Legault a lui aussi mis en garde contre l’autocensure dans les universités québécoises.

Bien qu’il reconnaisse que l’utilisation de certains mots puisse blesser, il a ajouté qu’il faut se tenir debout et ne pas céder à l’intimidation et à l’autocensure.

Ce qui est vraiment inquiétant, c’est que de plus en plus de gens se sentent intimidés, avait-il écrit.

Lui aussi a déploré les situations complexes dans lesquelles certains professeurs se retrouvent, notamment lorsqu'ils se font demander d’effacer des œuvres de certains grands écrivains, ce qu’il a qualifié d'absurde, puisque ça va à l’encontre de l’idée même de l’université.

Avec les informations de La Presse canadienne

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