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Les opioïdes ont tué près de 1000 Albertains dans les 11 premiers mois de 2020

Un comprimé coupé en deux de carfentanil.

Plus de 100 personnes sont mortes d'une surdose d'opioïdes en novembre seulement.

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/CBC

Radio-Canada

Un nouveau rapport gouvernemental indique que l’usage d’opioïdes a causé la mort de 997 personnes en Alberta de janvier à novembre 2020.

En novembre seulement, 106 surdoses d’opioïdes ont emporté des Albertains, principalement à Edmonton et à Calgary.

La première cause du problème est l’accessibilité, croit la fondatrice du groupe Moms Stop The Harm, Petra Schulz.

Elle croit qu’il faudrait d’abord s’assurer que les seuls opioïdes en circulation sont ceux que produisent les compagnies pharmaceutiques, et qu’ils ne soient vendus que sur ordonnance ou distribués dans des centres de consommation supervisée.

Les gens meurent parce qu’ils ont accès à des substances non contrôlées et très toxiques, explique-t-elle.

La seule réponse logique, c’est de fournir aux consommateurs un produit sécuritaire et contrôlé.

Mésentente sur le traitement

Pour Mme Shulz, la lutte contre les surdoses est une affaire personnelle. Son fils, Danny, est mort d’une surdose accidentelle de fentanyl en 2014.

La veille de sa mort, il avait demandé à sa mère de prendre rendez-vous pour lui avec son médecin de famille et un psychologue, mais il ne s’y est jamais rendu.

Je veux bien qu’on investisse dans le traitement, mais comment garder les gens en vie jusqu’au début du traitement? se demande-t-elle.

Au gouvernement, l’attachée de presse du ministre adjoint à la Santé mentale et aux Dépendances de l’Alberta, Kassandra Kitz, soutient que la province continue de mettre sur pied un ensemble complet de soins pour les personnes aux prises avec une dépendance qui s’appuie sur la prévention, l’intervention et le traitement.

Nous n’avons pas l’intention d’inonder les rues d’opioïdes bon marché financés par les contribuables comme ils le font en Colombie-Britannique, puisque nous croyons que c’est ce qui a démarré la crise et que ce genre d’aventure ne s’appuie sur aucune preuve, ajoute-t-elle.

Elle note en outre que l’Alberta préfère s’appuyer sur des méthodes qui ont fait leurs preuves, en recourant notamment à la suboxone et à la méthadone.

Une réaction qui déçoit

L’infirmière et professeure Jennifer Jackson, de la Faculté d’infirmerie de l’Université de Calgary, se dit déçue que la province soit encore aux prises avec une crise des opioïdes.

Je ne peux pas dire que je suis surprise, souligne-t-elle. Malheureusement, les politiques en place ne tiennent pas compte de l’ampleur du problème.

Elle déplore en outre que de nombreuses occasions d’agir aient été ignorées par le gouvernement.

C’est triste à dire, mais je ne vois aucune amélioration potentielle à court terme tant que nous n’aurons pas de politiques fortes et adaptées qui s’appuient sur la science plutôt que sur des préjugés.

Tout comme Mme Schulz, elle déplore la fermeture du Centre d’injection supervisée de Lethbridge, une décision qu’elle considère comme un échec lamentable d’un gouvernement qu’elle dit être guidé par des idéologies plutôt que par la science.

Ils financent essentiellement des centres de traitement dont l’approche s’appuie sur l’abstinence, ce qui n’est pas une approche recommandée pour les personnes aux prises avec une dépendance aux opioïdes.

Avec les informations d’Emily Pasiuk

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