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Rassemblement en hommage à Meriem Boundaoui et pour dénoncer la violence à Montréal

Une pancarte où il est inscrit non à la violence est entourée de fleurs et de peluches.

Un rassemblement en hommage à Meriem Boundaoui s’est tenu dimanche sur les lieux de sa mort.

Photo :  Radio-Canada / Simon Nakonechny

Radio-Canada

Un rassemblement en hommage à Meriem Boundaoui, cette adolescente de 15 ans tuée à Saint-Léonard en fin de semaine dernière, a réuni une centaine de personnes, dimanche, sur les lieux du drame, au coin des rues Valdombre et Jean-Talon.

Organisé en solidarité avec la famille, l’événement était aussi l’occasion de démontrer une résilience par rapport à ce qui s’est passé et de réfléchir ensemble à comment on peut faire face à cette violence qui traverse les quartiers de Montréal, a souligné l’organisateur du rassemblement, Mohamed Mimoun, agent de mobilisation et de développement au Forum jeunesse Saint-Michel.

« Quand il arrive ce genre de tragédie, je reçois beaucoup de messages de jeunes et de parents. Il y a un mélange de peur et de colère. Les jeunes veulent comprendre. »

— Une citation de  Mohamed Mimoun, agent de mobilisation et de développement au Forum jeunesse Saint-Michel

Jeunes, parents et élus de Montréal étaient donc invités à venir se recueillir avec la famille de la victime, et tout particulièrement les citoyens de Saint-Léonard, de Saint-Michel, de Parc-Extension et de Montréal-Nord, a précisé M. Mimoun.

Une foule de gens est réunie.

Des fleurs, des peluches et des lettres ont été déposées sur les lieux du drame.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Sous le choc

La réunion, qui a duré près d’une heure et demie, a été l’occasion pour tous ceux qui le voulaient, dont les élus présents, d’exprimer leur sentiment par rapport à la tragédie et de dénoncer la violence qui en a été la cause.

On n’arrive pas vraiment à trouver les mots pour exprimer notre désarroi et notre dégoût de la situation, a pour sa part déclaré un participant à l’événement qui s’est livré à Radio-Canada.

Meriem Boundaoui a perdu la vie dans une fusillade qui ne la concernait pas dimanche dernier, alors qu'elle se trouvait dans une voiture garée près de l'intersection des rues Valdombre et Jean-Talon. Un homme de 21 ans, qui se trouvait avec elle dans le véhicule, a également été blessé.

On vient commémorer Meriem, mais aussi dénoncer le port d'armes. On veut que Meriem soit la dernière victime et qu'elle devienne un symbole pour faire cesser cette violence. Ce que la famille a vécu, on ne veut pas qu'une autre famille le vive, a commenté un père de famille venu rendre hommage à la défunte.

Un égoportrait de Meriem Boundaoui.

Meriem Boundaoui était originaire de l'Algérie.

Photo : Courtoisie

La jeune fille était venue au Canada il y a deux ans rejoindre ses deux sœurs aînées afin de poursuivre ses études, laissant derrière elle ses parents en Algérie. Sa dépouille a été rapatriée en Algérie pour être inhumée.

Ça aurait pu être ma sœur qui a le même âge que Meriem. Ça aurait pu être n'importe qui, a aussi témoigné Liza Metmer, 22 ans, qui déclare être très choquée par le drame. Montréal est un endroit sûr et sécuritaire, on ne peut pas croire que c'est arrivé et on ne veut plus jamais que ça arrive.

Les deux sœurs sont côte à côte.

Alycia et Liza sont venues rendre hommage à Meriem Boundaoui.

Photo : Radio-Canada / Simon Nakonechny

Prévention et contrôle des armes

À la suite de la tragédie, la mairesse de Montréal, Valérie Plante a appelé le gouvernement fédéral à imposer un meilleur contrôle sur les armes de poing. Elle a aussi annoncé qu’une nouvelle unité spéciale qui doit se consacrer à la lutte contre le trafic d’armes entrera en fonction dès le 22 février.

Mais pour Mohamed Mimoun, le problème ne peut pas être réglé seulement par des interventions de sécurité publique.

Je pense qu’au niveau de l’intervention chez les jeunes quand ils ont entre 14 et 17 ans, il y a un travail qui devrait se faire. Pour ma part, comme intervenant, je pense qu’il y a une approche à changer par rapport aux liens qu’on peut créer avec ces jeunes qui sont égarés, qui sont en dehors de tout soutien, de toute persévérance scolaire, dit-il.

L'agent de mobilisation croit cependant qu'il existe une culture urbaine qui valorise l’accès et l'utilisation des armes. Et je pense qu’il y a un travail à faire pour ne pas que la violence soit quelque chose de banal dans leur quotidien, explique-t-il.

Pour le député libéral Frantz Benjamin, qui a assisté au rassemblement et se dit très préoccupé par la situation, ce sont tous les paliers gouvernementaux qui doivent agir rapidement et avec force afin de se mobiliser contre la menace d'une escalade de la violence dans la métropole.

« La mort de Meriem n'est pas seulement triste, elle est choquante. Ce n'est pas normal qu'une telle chose puisse arriver à Montréal, une des villes les plus sécuritaires au monde. On doit faire notre travail, et vite. »

— Une citation de  Frantz Benjamin, député de Viau

Mary Deros, conseillère de la Ville dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, croit pour sa part que Québec doit certes améliorer le contrôle de la vente des armes de poing , mais aussi augmenter son financement en matière de prévention et de sensibilisation des jeunes issus de quartiers défavorisés.

Une position partagée par Abdelhaq Sari, également conseiller pour la Ville, qui appelle les gouvernements à investir dans les infrastructures et l'accès à des activités mobilisatrices pour cette jeunesse, notamment dans l'est de Montréal, pour enrayer le problème de violence.

Avec des informations de Jacaudrey Charbonneau et Simon Nakonechny

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