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Résurgence de l'Ebola en Afrique de l’Ouest

Entrée d'un hôpital gouvernemental de Guinée en août 2014.

Devant un hôpital gouvernemental de Guinée, au plus fort de l'épidémie de 2014, une bannière plaidait que l'Ebola était une menace réelle.

Photo : afp via getty images / CARL DE SOUZA

Agence France-Presse

Quatre personnes sont décédées de la fièvre hémorragique Ebola en Guinée, première résurgence signalée de la maladie en Afrique de l'Ouest, d'où était partie la pire épidémie de l'histoire du virus entre 2013 et 2016.

On est vraiment préoccupés, il y a déjà quatre décès de la fièvre hémorragique à virus Ebola dans la région de Nzérékoré, dans le sud-est, dont deux à Nzérékoré et deux dans la sous-préfecture de Gouéké, en Guinée forestière, a déclaré samedi le ministre de la Santé, Rémy Lamah.

Il y a une infirmière de Gouéké qui est tombée malade vers la fin du mois de janvier. Elle est décédée entre le 27 et le 28 janvier et a été inhumée le 1er février à Gouéké, a pour sa part évoqué le patron de l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), le Dr Sakoba Keïta, cité par le site GuinéeMatin.

Parmi ceux qui ont participé à l'enterrement, huit personnes ont présenté des signes : diarrhées, vomissements et saignements. Trois d'entre eux sont décédés et quatre autres sont hospitalisés à Nzérékoré.

Une citation de :Dr Sakoba Keïta, patron de l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS)

Selon lui, un patient s'était échappé, mais a été retrouvé. Il a ensuite été hospitalisé à Conakry.

Le patron de l'ANSS et le ministre de la Santé ont tous les deux indiqué que les prélèvements analysés par un laboratoire mis sur pied par l'Union européenne à Guéckédou, dans la région, avaient détecté la présence du virus Ebola. Les résultats d'analyses complémentaires étaient attendus très prochainement.

Nous avons pris toutes les dispositions, une équipe d'alerte est sur place pour identifier les cas contact, a déclaré le ministre Rémy Lamah en soulignant qu'il n'y avait pas eu de résurgence depuis 2016.

Je suis inquiet en tant qu'humain, mais je reste serein, car on a géré la première épidémie et la vaccination est possible. Il y aura une réunion de crise dimanche, a-t-il ajouté.

Des vaccins expérimentaux

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été informée de deux cas possibles d'Ebola en Guinée-Conakry. Un dépistage de confirmation est en cours, a ajouté sur Twitter le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Provoquant une fièvre brutale, des maux de tête, des vomissements et diarrhées, le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre, l'actuelle République démocratique du Congo (RDC).

Depuis, ce virus, pour lequel il existe deux vaccins expérimentaux, mais aucun traitement curatif, a semé plusieurs fois la terreur en Afrique.

Partie en décembre 2013 de Guinée forestière, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisins, l'épidémie en Afrique de l'Ouest s'était achevée en 2016 après avoir atteint 10 pays, dont l'Espagne et les États-Unis, provoquant plus de 11 300 morts pour quelque 28 600 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée (2500 morts), au Liberia et en Sierra Leone.

Ce bilan, sous-évalué de l'aveu même de l'OMS, est sept fois supérieur en nombre de morts à celui cumulé de toutes les précédentes épidémies d'Ebola depuis 1976.

La deuxième plus grave épidémie d'Ebola, la dixième enregistrée en RDC, s'était déclarée en août 2018 dans l'est du pays. Elle s'est officiellement achevée en juin 2020, avec un bilan de 3481 cas et 2299 décès, selon l'OMS.

Résurgence

La onzième épidémie en RDC, qui a causé la mort de 55 personnes sur 130 cas recensés dans la province de l'Équateur, dans le nord-ouest, a été déclarée terminée le 18 novembre dernier.

Mais Kinshasa a annoncé le 7 février une nouvelle résurgence de la maladie dans l'est du pays, où l'OMS a dépêché une équipe d'épidémiologistes et se prépare à une campagne de vaccination dans la zone touchée.

Au 10 février, les autorités congolaises avaient enregistré le décès dû à cette nouvelle vague d'Ebola de deux agricultrices dans la province du Nord-Kivu.

Sur son site internet, l'OMS explique que l'être humain s'infecte par contact, soit avec des animaux infectés en général – en les dépeçant, en les cuisant ou en les mangeant – , soit avec des liquides biologiques de personnes infectées.

La plupart des cas surviennent à la suite de la transmission interhumaine qui se produit lorsque du sang, des liquides biologiques ou des sécrétions – selles, urine, salive, sperme – de sujets infectés pénètrent dans l'organisme d'une personne saine par l'intermédiaire d'une lésion cutanée ou des muqueuses, est-il ajouté.

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